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Bon sens, où es tu ? :

le 23 avril

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Bon sens, où es tu ?

Je constate tellement de choses réalisées en dépit du bon sens que cela m’effraie pour l’avenir de la vie sur notre terre.

Dans ce monde de bruits, d’agitation, de violence, de fuite dans le virtuel et les gadgets, dans les voyages et les confort, les gaspillages et les pollutions, pratiquement tout est dans l’incohérence, la disconstance, irréfléchi. L’être humain semble avoir perdu le sens des réalités. Je me rend compte de la nécessité d’harmoniser ses pensées et ses actes, son comportement avec les lois de la vie dans son ensemble, avec le tout.

Non, l’être humain ne peut pas se situer hors de la nature, hors de son environnement. Il en est dépendant pour toujours et doit apprendre à vivre en bonne intelligence avec.

Nous jetons ce que l’on sera obligé d’acheter demain. Nous construisons ce qu’il faudra démolir sous peu car nous n’avons pas pensé aux conséquences. Nous devenons progressivement conscients de la nécessité de vivre en respectant l’environnement mais toute la journée nous faisons des actes et des choix contraires, nous prenons des décisions ou cédons à des habitudes ou des règlements qui vont nuire ce que nous voulons protéger.

Chacun sait que l’avion est très polluant pour l’air que nous respirons et pour la terre mais de plus en plus de personnes le prennent parfois par nécessité mais le plus souvent pour le plaisir de voyager, de gagner du temps et de l’argent. Les pays les plus riches continuent à construire des avions et des aéroports, à encourager la consommation du kérosène en le libérant des taxes dues pour les produits pétroliers. On prend la voiture pour un rien. On va dix fois dans le même endroit alors qu’en réfléchissant, en regroupant ses démarches, en seul déplacement suffirait. J’en limite l’usage à une moyenne de 300kms par mois alors que d’autres dans la même situation que moi en font 3000. La voiture pollue énormément l’air, l’eau, le sol par ses émanations, sa construction, sa destruction. Tout le monde le sait mais 99% ne touchent pas à leur habitudes et se plaignent que le carburant est devenu trop cher, qu’il leur est de plus en plus difficile de joindre les deux bouts. Il en est de même pour quantité d’engins motorisés qui n’apportent que de la pollution et diverses nuisances pour des loisirs discutables et remplaçables.

À quand le retour à la marche à pied, au vélo, si nécessaire à la santé physique et morale de chacun et de la planète. À quand le retour à un rythme propice à notre corps, à la réflexion, au silence, à notre vie tout simplement.

Nous sommes tous, y compris les écoles, plus ou moins des irresponsables. Nous sommes atteints de schizophrénie, nous sommes perturbés dans nos rapports au monde extérieur, nous avons perdu le sens des réalités. Nous sommes déconnectés des lois universelles. Qui prend la responsabilité de redresser ses comportements, d’aller à l’encontre des habitudes acquises et admises, de s’assumer en pleine cohérence face à ses constats, à ce qu’il déplore, à ce qui le fait souffrir.

De plus en plus de robots, les ordinateurs pensent à notre place et nous imposent leur diktat. Presque tout le monde trouve ça bien, c’est confortable, cela évite des efforts physiques et même intellectuels. Ils mémorisent à notre place. Plus besoin de cartes Michelin pour voyager, le GPS est là. Plus besoin de maîtriser les 4 opérations de base : addition, soustraction, multiplication, division, les calculettes et l’ordi sont là. Sans trop nous en rendre compte, nous développons des handicapés devant l’effort physique : porter, transporter, scier et fendre du bois pour se chauffer, coudre, tricoter, bricoler, jardiner… Nous devenons de moins en moins habiles pour nous débrouiller seul et faisons appel à une pléthore de spécialistes en tous les domaines, même pour déboucher un évier ou changer un fusible.

Nous savons que nous surconsommons et que l’on forme une multitude de commerciaux pour nous inciter à consommer encore plus, à nous créer des besoins. Le bon sens est de se dire puisque je consomme trop et qu’ainsi je contribue au réchauffement climatique, aux pollutions monstrueuses, à l’épuisement des ressources de la planète, je décide de réduire puis de supprimer mes dépenses et mes déplacements qui ne sont pas indispensables. Je pose des actes en ce sens chaque jour et je contrôle mon impact écologique.

L’État pousse aux études intellectuelles alors qu’un grand nombre d’étudiants se retrouvent au chômage ou dans des emplois non qualifiés. Nous savons que des professions artisanales manquent de main-d’œuvre mais l’état n’encourage efficacement l’apprentissage comme en Allemagne. Avoir un grand volet de chômeurs, 10% de population active, sert le capitalisme qui peut ainsi faire pression sur les salaires et les salariés, mieux exploiter ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, d’où l’émergence du ras-le-bol des gilets jaunes.

Les collectivités locales se lancent dans de forts crédits pour avoir la plus belle salle polyvalente ou le plus grand centre aquatique, pour attirer le tourisme et contribuent ainsi aux pollutions alors qu’elles pourraient avec cet argent créer des emplois fort nécessaires à la population des communes rurales : services à domicile, entretien des chemins et des paysages, apprentissage dans les écoles primaires, éducation nationale pour ce qui est indispensable de savoir pour parvenir à un maximum d’autonomie comme le jardinage, la cuisine, le bricolage, la couture, se soigner avec les plantes, développer son endurance physique, ses possibilités artistiques et artisanales, sa curiosité créatrice en tous les domaines. Ici et là, il y a des initiatives qui vont dans ce sens mais il en faudrait dix fois plus. Les personnes en retraite pourraient être actives pour assurer ces transmissions, ces savoirs, ces pratiques si les collectivités prenaient les moyens d’organiser ces apprentissages. Il n’est pas possible de tout demander aux associations. Il y a des responsabilités qui relèvent de l’état, des régions, des départements, des cantons, des municipalités.

Je rencontre un bon nombre de personnes en âge de s’activer, jeunes et moins jeunes, qui se traînent et ne font presque rien, errent de-ci de-là, passent leur temps au téléphone portable, aux tablettes, sur internet ou dans de longues conversations stériles. La parole sans les actes n’a guère d’utilité. Ces personnes gaspillent leur vie, leur potentiel de création, nuisent à la santé de leur corps qui a besoin de s’activer sans compter que souvent elle s’adonnent à des addictions : tabac, alcool, drogues, internet, télé, téléphone portable, automutilation. Pendant ce temps, les humains et la terre vont mal. Il y a des guerres, des violences de toutes les sortes, des expulsés, des enfants soldats ou condamner à la prostitution, des déserts qui s’agrandissent, des forêts qui sont détruites, des océans de plus en plus pollués, le sol et l’eau empoisonnés, l’air pollué. Bon sang, il y a beaucoup à faire pour changer tout cela. L’humanité a besoin de tous ses bras et de toutes ses têtes pour arrêter ces diverses destructions et protéger notre environnement.

Si toutes ces personnes à la dérive usaient de leur bon sens, j’espère qu’il leur en reste !) elles ne pourraient plus demeurer inactives, passer leur temps à se détruire dans l’oisiveté. Notre monde a besoin de chacun pour aller mieux, pour changer tout ce qui nos erreurs passées et notre égoïsme ont provoqué de néfaste et de mortifère. Chacun a un rôle spécifique à jouer pour faire progresser l’humanité dans le sens de la vie.

Ceux qui refusent de jouer leur rôle sont pour une bonne part responsables de ce qui nous arrive, de l’état des lieux de notre planète aujourd’hui. Ne rien faire est extrêmement nocif pour soi, pour les autres, pour l’environnement. Clémenceau aurait dit « Lorsque j’ai besoin de retrouver un peu de bon sens, je vais voir un paysan ». Hélas il n’y a presque plus de paysans. Ce sont devenus des exploitants agricoles. En abandonnant ce qui devrait être en leur rôle aujourd’hui, ils ont perdus leur bon sens. Un paysan sait que son rôle est de nourrir sainement ses semblables. S’il leur fournit des aliments empoisonnés ou de mauvaise qualité, il se pervertit et de devient responsable de la mauvaise santé de ses citoyens et de la terre qu’il pollue. Malgré tout ce que l’on sait et ce que démontrent des scientifiques honnêtes et non à la solde des multinationales (Bayer, Monsanto, …) ces exploitants continuent à empoisonner la terre et ce qui y pousse, les animaux domestiques et sauvages, les oiseaux, l’air, l’eau, etc… Ce sont des irresponsables au service de l’argent et du système pourri dans lequel nous pataugeons.

Que chacun se situe en face de ses responsabilités et tout ira mieux, l’humanité pourra espérer un avenir.

Nous sommes presque tous des hypocrites. Nous faisons semblant de nous inquiéter de notre comportement mais nous ne le changeons pas, nous continuons de pratiquer nos mauvaises habitudes, nous refusons de nous remettre en question, de nous activer dans le bon sens, gaspillons, polluons et vogue la galère ! Dans peu de temps, quelques années au plus, l’effondrement va se préciser, des pans entiers de nos consommations vont s’écrouler, des catastrophes vont se succéder. Cela ne dérangera pas ceux qui s’y préparent aujourd’hui mais autres vont paniquer, déprimer, aller au suicide de diverses façons. La surconsommation telle que nous la pratiquons encore à tout au plus dix ans devant elle. C’est du nécessaire que vont manquer ceux qui n’ont rien prévu au niveau de leur autonomie, de leur résilience alimentaire et énergétique.

L’avenir sera rural. Cependant, nos campagnes se peuvent pas accueillir tous les citadins. Certains mourront de faim et de froid dans leur HLM et les plus riches ne pourront tous fuir sur la lune ou mars. Vous trouvez sans doute que j’exagère, que je suis trop alarmiste mais je crains que non.

Cela fait 50 ans que les militants écologiques nous avertissent de ce qui nous attend si nous ne bougeons pas, si nous ne changeons pas nos habitudes. J’entends encore René Dumont prêcher dans le désert en 1970. Nous étions en pleine euphorie capitaliste.

Excepté quelques hurluberlus comme moi, les nantis dont nous faisons partie n’ont pas bougé, bien au contraire, ils ont accentué leur surconsommation, le superflu est devenu indispensable. L’effondrement ne changera que peu de chose à mon train de vie, j’y suis prêt. Je devrai encore plus secourir les autres, tant que je le peux, mais nous n’éviterons pas l’hécatombe, il est déjà trop tard.

La transition en douceur était encore possible il y a 20 ans mais elle insuffisante aujourd’hui et a si peu d’adeptes. C’est bien connu que les responsables politiques que nous élisons ont toujours 20 ans de retard. Pourquoi leur avons-nous remis notre pouvoir ? Trop facile ! Nous montons en épingles quelques communes par-ci par-là qui ont pris en main leur transition mais elles ne sont que quelques dizaines sur 3600 en France.

Notre monde est foutu et nous n’en avons pas préparé d’autres. Au contraire, chacun s’accorde à ce qu’il a et refuse de changer ses habitudes, d’envisager de vivre autrement. Trop tardivement de bonnes initiatives se font jour ici et là mais elles sont par trop insuffisantes pour éviter les catastrophes. Il aurait fallu commencer il y 30 ans et tous s’y mettre. « La maison brûle et personne ne bouge » disait Jacque Chirac. Qu’a t-il fait lui-même ! Les conséquences arrivent.

Devant ce constat alarmant, faut-il désespérer ? Non, mais que faire ? Se mettre dès aujourd’hui en résilience, c’est à dire organiser nos gestes quotidiens, nos choix comme si l’effondrement nous avait déjà privé d’un bon nombre de choses. revenir dans l’immédiat à l’essentiel de ce que nous avons besoin et le trouver localement ou le produire nous-même : apprendre à entretenir et réparer notre habitat, nos outils nos appareils, notre santé, notre moral. Renoncer à l’avion, réduire considérablement nos kms en voiture, nous remettre au vélo, à la trottinette, à la marche, réfléchir avant son désir de voyager. Est ce vraiment nécessaire ou n’ai-je pas mieux à faire ? Abandonner tous les plats préparés et conditionnés en équilibrant le cru et le cuit, en éliminant le sucre, les graisses animales et l’huile de palme, en devenant végétarien. En apprenant à coudre pour réparer ses vêtements, à tricoter pour ses pulls et ses chaussettes. En utilisant au plus vite des toilettes sèches pour recycler sans polluer nos matières et réduire notre consommation d’eau. Se limiter à une douche par semaine et ne changer ses sous-vêtement qu’après cette souche, limiter son chauffage ) 18° maximum en éliminant le fuel, l’électricité, le gaz. Apprendre à se passer d’internet, du téléphone portable, gros consommateurs d’électricité et polluants très nocifs pour le vivant.

Je pratique presque tout cela (je ne sais pas coudre ni tricoter) depuis des années dans la bonne humeur, l’humour même, l’autonomie qui me rend libre face à tout ce que la société surconsommatrice me propose avec insistance et mille artifices. L’effondrement put arriver, je suis prêt à l’accepter avec sérénité, paix, joie même car le bon sens retrouvera de la vigueur, nous aurons d’autres attentes que l’argent, l’avoir et le pouvoir. Nous retrouverons le goût de l’effort, de l’endurance, de la liberté, de l’entraide, du partage. Demain sera plus beau, plus vrai, plus humain, plus durable. Nous redeviendrons des êtres libres et responsables dans un monde respirable, plus respectueux de la vie, plus solidaire.

Allons, retroussons nos manches, finis l’oisiveté et la fuite dans les gadgets et les addictions. Devenons humains, que chacun est le souci de montrer l’exemple par le témoignage de sa propre façon de vivre.

Alexis, le 23 février 2019 à La Guette en Beauvais

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