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Libérez Nicolas Hulot !

le 27 juin

ARTICLES

Libérez Nicolas Hulot !

Voilà déjà plus d’un an que Nicolas Hulot est détenu en captivité au sein du gouvernement.

Si ses conditions de détention au ministère de la Transition écologique semblent acceptables (bureau climatisé, voitures de fonction...), ses convictions subissent une torture inacceptable !

Nucléaire, huile de palme, glyphosate, etc.. La liste est longue, sur le traitement dégradant infligé à ses idées.

Nous craignons qu’il finisse par commettre l’irréparable en avalant un flacon de gel douche.

Nous réclamons donc la libération de Nicolas Hulot et sa réintroduction immédiate dans son milieu naturel.

« Et l’arrêt du glyphosate ! » insiste la carotte.

Plus nous serons nombreux à signer cet appel, plus il sera rapidement libéré de cet insupportable emprise.

Rendez-le nous avant qu’il soit tout abîmé !

Signez la pétition sur change.org

Voir aussi sur twitter :
- #FreeNicolas !


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  • DÉMISSION DE NICOLAS HULOT : LES 4 CHOIX A FAIRE PAR LE GOUVERNEMENT SUR LE CLIMAT

    Le 27 septembre, par d’aprés Simon Coquillaud, Réseau Action Climat

    La démission de Nicolas Hulot a mis en lumière l’absence de cohérence et d’ambition de la politique menée depuis des mois par le Gouvernement sur l’enjeu climatique. Depuis plus d’un an et malgré l’objectif fixé pour la France d’être neutre en carbone à l’horizon 2050, l’essentiel des arbitrages rendus a suivi une simple logique d’ajustement à la marge quand des changements structurels dans l’ensemble des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre étaient requis.

    Le Réseau Action Climat attend du Président de la République et du Gouvernement qu’ils tirent les leçons de cette démission. Partout cet été, les impacts des changements climatiques se sont fait ressentir, avec des conséquences plus ou moins dramatiques selon les endroits de la planète où ils se sont produits. Fin août, c’est la plus ancienne et épaisse couche de glace de l’Arctique, connue comme la « dernière zone de glace », qui se fissurait.Il n’est plus question aujourd’hui de se satisfaire d’une politique des petits pas alors que le réchauffement de la planète apporte chaque jour un peu plus les preuves de sa gravité. Il est au contraire urgent de choisir et c’est la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le Gouvernement.

    1. La loi mobilités, maintes fois repoussée, est actuellement en cours d’examen devant le Conseil d’Etat. Vidée de sa substance, elle est nettement en deçà du minimum requis pour qu’enfin dans notre pays, la mobilité signifie autre chose que la voiture individuelle pour le transport du quotidien et les camions pour le transport de marchandises. Non seulement nos modes de déplacements sont le principal responsable de nos émissions de gaz à effet de serre mais ils sont aussi un fléau en termes de santé publique. Des arbitrages sont en cours pour taxer le transport routier de marchandises, qui demeure, suite à l’abandon de l’écotaxe poids lourds, exonéré de toute contribution quant aux externalités qu’il produit. Non soumis à la hausse de la fiscalité écologique, le lobby de ce secteur continue d’enfermer notre pays dans un modèle polluant et néfaste pour la santé. Le Gouvernement mettra-t-il enfin un terme à cette situation intenable ?

    2. La stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sont toujours en cours de discussion. Ces programmations vont conditionner pour plus d’une décennie les futurs budgets carbone par secteur et le futur modèle énergétique dans lequel la France s’engagera. Le nucléaire demeure un point d’achoppement récurrent sur lequel ne pas décider revient à autoriser sa poursuite. Le Gouvernement actera-t-il enfin noir sur blanc dans la nouvelle PPE le nombre de réacteurs devant fermer sous le quinquennat ? Et permettra-t-il ainsi enfin aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie de déployer pleinement leur potentiel dans nos territoires ? La stratégie nationale bas carbone fixera-t-elle des objectifs ambitieux de réduction des émissions dans le secteur agricole et alimentaire pour remédier à l’échec sur ce point de la loi alimentation et surtout prévoira-t-elle des mesures pour s’attaquer aux causes réelles des émissions de notre système alimentaire (élevage industriel, engrais de synthèse, évolution de la demande alimentaire) plutôt qu’aux fausses solutions (agrocarburants, séquestration du carbone dans les sols à l’aide de glyphosate) ?

    3. Des arbitrages sont en cours sur le prochain projet de loi de finances pour 2019. Si la fiscalité écologique a été augmentée à juste titre par le Gouvernement, ce dernier a fait fi des impacts sociaux qu’elle peut engendrer pour certaines catégories de ménages et des investissements dans les solutions alternatives que cette hausse requiert. Changer de paradigme dans le secteur des transports implique de développer des moyens pour « faire autrement » qu’avec la voiture individuelle. Pour cela, le Gouvernement décidera-t-il enfin de soutenir les transports en commun à hauteur de 1 milliard d’euros et de mettre en place un fonds vélo de 200 millions d’euros par an ? De la même manière, le plus gros déficit d’investissement observé aujourd’hui de la part de l’Etat dans les chantiers de la transition énergétique concerne la rénovation des logements. Le Gouvernement consacrera-t-il dans sa prochaine loi de finances un budget adapté à ce chantier ? Actera-t-il par ailleurs la hausse demandée du chèque énergie de 200 à 600 euros, seul moyen à court terme d’aider les 12 millions de français en situation de précarité énergétique à agir sur les situations de restriction et de privation de chauffage ?

    4. Les populations les plus vulnérables subissent aujourd’hui de plein fouet les conséquences du réchauffement de la planète. L’élargissement prévu de la taxe sur les transactions financières qui aurait permis de générer plus de ressources pour les aider a été retoqué fin 2017 par Emmanuel Macron. A travers le projet de loi de finances en cours d’arbitrage, le Gouvernement fera-t-il enfin le choix d’être solidaire avec ceux qui, bien que les moins responsables, sont victimes des impacts du dérèglement climatique ? Et décidera-t-il ainsi d’affecter 100% des recettes tirées de la taxe sur les transactions financières à la solidarité internationale et au climat ?

    Pour le Réseau Action Climat, l’électrochoc espéré par beaucoup suite à la démission de Nicolas Hulot devra se matérialiser au plus vite à travers ces 4 choix, lourds de conséquences pour l’avenir de notre climat et des populations et aujourd’hui entre les mains du Président de la République et du Gouvernement.

  • Nicolas Hulot préserve son image

    Le 5 septembre, par Expression de Isabelle Attard ex députée écologiste du Calvados

    L’annonce de Nicolas Hulot n’a pas vraiment surpris notre chroniqueuse, qui voit surtout dans cette démission une opération de « sauvetage d’image ». « Sale temps pour l’écologie », conclut-elle, à l’heure où le gouvernement semble incapable de prendre la mesure de l’effondrement en cours.

    Ce mardi 28 août en écoutant les matinales, j’ai donc entendu comme tout le monde le ministre de l’Écologie annoncer qu’il démissionnait de son poste. De nombreux commentateurs parlent de « surprise », tandis que des femmes et hommes politiques de tous bords saluent son « courage ». Apparemment, d’après les confidences du ministre au journaliste de France Inter Thomas Legrand, la réunion avec le président de la fédération nationale des chasseurs Willy Schraen et le lobbyiste Thierry Coste, lundi à l’Élysée, aurait été la goutte d’eau pour Hulot.

    Énième et dernière couleuvre donc.

    Mais revenons sur les notions de « surprise » et de « courage ». À quel moment Nicolas Hulot a-t-il pu imaginer qu’Emmanuel Macron et son gouvernement allaient suivre ses idées pour sauver la biodiversité, la planète et nous avec ?

    Déjà pendant la campagne électorale de la présidentielle, à cette fameuse audition de tous les candidats par la Fédération nationale des chasseurs, Macron avait raillé publiquement l’écologie et les écologistes, se faisant ovationner par les chasseurs conquis. On pourrait se passer cette scène en boucle tellement elle est révélatrice de l’état d’esprit méprisant de notre président.

    Puis le choix d’Édouard Philippe comme Premier ministre aurait pu être un deuxième indice. VRP favori d’Areva et de l’industrie nucléaire dans son ensemble, Philippe n’allait pas soudainement virer sa cuti en prenant la tête du gouvernement.

    De manière générale, le programme ultralibéral de croissance, de diminution des services publics, de cadeaux fiscaux aux privilégiés annoncés bien avant mai 2017 par Emmanuel Macron était connu de tous et de Nicolas Hulot en particulier. Ce dernier avait d’ailleurs écrit dans son livre Osons : « Le libéralisme n’est pas compatible avec l’écologie. »

    Dont acte, quelqu’un de cohérent et lucide n’aurait jamais mis un orteil dans ce gouvernement et aurait plutôt fui le plus loin possible. Pas Hulot. Lui, il y est allé et son fan club de reprendre en cœur des éléments de langage du style : « Il est important d’essayer de l’intérieur » ; « Au moins, Hulot, il est courageux, il essaie ! » ; « Avec Hulot au gouvernement, l’écologie est bien représentée » et j’en passe.

    Mois après mois, renoncement après renoncement, il s’en trouvait toujours pour plaindre ce brave et sympathique Nicolas Hulot « coincé », « sans marge de manœuvre », « perdant ses arbitrages » !

    Cessons ces simagrées hypocrites. La position libérale de ce gouvernement n’est pas une surprise et Nicolas Hulot n’est ni un naïf ni un perdreau de l’année.

    Sa cote de popularité était en chute libre, entraînée par celle de Jupiter. Il lui fallait réagir avant que son image n’en sorte flétrie à jamais. Je ne vois dans cette séquence politique ni « surprise » ni « courage » mais simplement une histoire de « timing » et de « sauvetage d’image », à moins que nous n’ayons connaissance de motifs supplémentaires dans les semaines qui viennent.

    Sale temps pour l’écologie en tout cas, car pourtant il y a urgence. Je ne parle pas comme Brune Poirson (potentielle candidate à la succession de Hulot ?) de l’urgence à réduire ses courriels, supprimer les pailles en plastique et couper l’eau en se lavant les dents. Non, je parle de l’urgence d’être lucide sur l’effondrement en cours.

    Tout comme Vincent Mignerot et Arthur Keller au sein de l’association Adrastia, je pense qu’il est trop tard pour empêcher les dérèglements climatiques et l’extinction massive des espèces, que les sociétés du « capitalocène » ont provoqués.

    Par contre, ce que j’attends de femmes et d’hommes politiques responsables et d’un·e ministre de l’Écologie en particulier, dès aujourd’hui, c’est de « limiter la casse », de tout miser sur la résilience des territoires urbains et ruraux, c’est-à-dire que les communes puissent être autonomes en production d’énergies renouvelables, qu’elles valorisent l’autonomie alimentaire et la prise de décisions en assemblée locale pour l’intérêt général et non celui des lobbies. J’attends également que les responsables politiques ne prennent pas la pollution de l’air et la question des pesticides à la légère. Que l’on réinvente des modes de vie compatibles avec ce que la planète peut endurer. Que nous puissions enfin nous passer de voitures même si l’on habite à la campagne, que nous apprenions à réduire notre consommation d’électricité grâce aux actions gouvernementales.

    Bref vous l’aurez compris, nous devrions urgemment faire un 180 degrés dans nos façons de vivre en supprimant le capitalisme et cette société thermo-industrielle qui nous a menés dans le mur en nous gavant de publicités et de jeux télévisés.

    Alors, si notre Premier ministre, qui cite souvent le livre Effondrement de Jared Diamond, pouvait tirer de ce livre les conclusions qui s’imposent, enfin je dirais que « c’est une belle surprise » et que « c’est extrêmement courageux » !

  • Nicolas Hulot s’est libéré !!

    Le 30 août, par JLuc (Passerelle Eco)

    La démission de Nicolas Hulot a surpris par sa soudaineté. Quinze mois durant, l’ancien ministre a buté sur les résistances institutionnelles et des arbitrages politiques trop souvent perdus. L’orientation politique du chef de l’Etat ne laissait que peu de place à une véritable transition écologique et solidaire. Malgré l’ambition affichée du ministre de l’Ecologie, la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente.

    La superficialité de l’engagement écologique d’Emmanuel Macron implicitement révélée

    De la non-interdiction du glyphosate aux multiples décisions favorables à la construction de nouvelles autoroutes, du non-choix en matière de transition énergétique à l’importation d’huile de palme, des ultimes cadeaux faits au lobby de la chasse en passant par le Ceta, la longue liste des petits arrangements et grands renoncements a rythmé l’année ministérielle de Nicolas Hulot. Or, ce dernier a toujours justifié sa présence au sein du gouvernement Philippe par sa volonté tenace de mettre enfin la France sur les rails de la transition écologique.

    Nicolas Hulot a constaté, amèrement mais honnêtement, que notre pays a hoqueté, voire régressé, en matière environnementale.

    L’utilisation de pesticides continue à augmenter année après année, la biodiversité s’effondre, la part du rail continue sa chute vertigineuse, nos émissions de gaz à effet de serre ont, quant à elles, poursuivi leur sinistre ascension et la part du nucléaire civil demeure inchangée et celle du nucléaire militaire va augmenter de 50%.

    Implicitement, le départ du désormais ancien ministre de l’Ecologie révèle la superficialité de l’engagement écologique d’Emmanuel Macron, optant pour une écologie des mots, privilégiant les discours aux actes, espérant que la simple présence de Nicolas Hulot justifierait une politique bien loin de la rupture maintes fois annoncée.

    Le symptôme d’une immense incompréhension

    Le départ précipité de Nicolas Hulot est l’occasion de requestionner la place du ministre de l’Ecologie dans le dispositif institutionnel. Placé au sommet de l’ordre protocolaire, le ministre de l’Ecologie est sommé de trouver des compromis entre acteurs aux intérêts profondément divergents. Grenelle et autres conférences environnementales n’y ont rien changé. Face au ministère de l’Agriculture, à ceux de l’Economie, de l’Industrie ou de la Défense, face aux lobbies agricoles, nucléaires, à celui du BTP, face à l’orientation libérale du gouvernement Philippe, la marge de manœuvre du ministre de l’Ecologie était étroite, voire inexistante. La notoriété médiatique est insuffisante face aux petits soldats du productivisme, prêts à tout pour préserver leurs acquis. Cette démission est l’occasion de rappeler que l’homme providentiel n’existe pas et qu’un ministre, fût-il déterminé, est et demeure un homme seul. Au regard des tensions que suscite la transition écologique, il est nécessaire de créer et entretenir une mobilisation citoyenne et populaire.

    L’heure n’est pas à l’amertume. Au regard des crises écologiques et des menaces qui s’amoncellent, l’urgence commande de ne pas verser dans un défaitisme sans lendemain.

    Cette démission est le symptôme d’une immense incompréhension. La transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination. Emmanuel Macron aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise. Faire "comme si" serait la pire des réponses à apporter à Nicolas Hulot. Les crises écologiques qui s’amoncellent n’ont que faire de nos illusions et beaux discours. Ces crises ne disparaîtront pas d’un coup de baguette verte.

    L’action n’est plus une option, mais une nécessité

    Face aux menaces climatiques, militaires et à l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique. Emmanuel Macron ne peut continuellement aspirer à la synthèse là où nous attendons des choix clairs, ambitieux et pleinement assumés.

    En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et "en même temps" le glyphosate, la sobriété énergétique et "en même temps" le nucléaire, une redynamisation des centres-villes et "en même temps" Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et "en même temps" la baisse du prix du permis de chasse, la mise en œuvre de la COP21 et "en même temps" la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et "en même temps" une agriculture paysanne, le libéralisme et "en même temps" l’écologie.

    La démission de Nicolas Hulot est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et "cinquante" gaspilleuses. Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut. Nul doute qu’au lendemain d’une démission qui a tant fait parler, Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France, "gouverner, c’est choisir".

    Les signataires :

    - La Fondation pour la Nature et l’Homme
    - Agir pour l’environnement
    - France nature environnement
    - Générations futures
    - Les Amis de la Terre
    - Réseau sortir du nucléaire
    - Action des citoyens pour le désarmement nucléaire
    - Association pour la protection des animaux sauvages
    - Virage énergies
    - Société nationale de protection de la nature


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