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le 29 février 2012

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Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

Nous avons tous entendu parlé de l’effet de serre et du réchauffement climatique. Malheureusement, ce processus a tendance à s’emballer depuis un siècle, provoquant une hausse générale des températures. Les perspectives tracées par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoient une augmentation entre 31 et 42 % des émissions totales de CO2 dans la prochaine décennie. Vous comprendrez donc bien que la planète est entrain de se dérégler sous nos yeux et que nous devons impérativement passer de l’attentisme et de la réflexion à l’action. Face à ce problème, il existe un certain nombre de solutions : solutions au niveau des transports ; solution au niveau des industries ; solutions au niveau de l’énergie.

Voir aussi la rubrique "Petit Eolien" de ce site et notamment la lettre de Zephirin Phebus aux anti-éoliens primaires

Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

Mon message porte sur le dernier point et plus précisément sur l’énergie éolienne et s’adresse notamment aux personnes refusant ce type d’énergie ou qui sont tout simplement indécises.

Sensible au développement de l’énergie éolienne, je constate avec stupeur la crainte des gens à l’égard des éoliennes. Même si des études statistiques montrent que 95% des gens seraient favorables au développement de cette énergie, on en reste au stade de la statistique. En effet, les personnes interrogées, collégialement, tout comme les politiques sont favorables au développement de ce type d’énergie. Cependant, lorsqu’il s’agit d’installer un parc éolien à proximité de leur lieu d’habitation, le discours, malheureusement, change. Toutes ces personnes ont peur du changement et ont peur d’être bousculées dans leur petit nid douillet.

Y-a-t il une nouvelle vague de communautarisme, comme l’explique si bien Alain Minc dans son livre « Epître à nos nouveaux maîtres », celle des gens qui ont peur du changement ? En effet, le changement, de quelque ordre qu’il soit, déclenche quatre réactions psychologiques chez l’individu.

- La première phase est le refus. La personne refuse catégoriquement, s’oppose par ses attitudes, continue à se comporter « comme elle a toujours fait » ; elle ne donne aucune explication à son refus, c’est un « non » définitif, par principe.

- La deuxième phase est la résistance. La personne résiste au changement, refuse en argumentant des objections ; elle peut même mettre en place des stratégies actives de défense pour éviter le changement ; les échanges avec les instigateurs du changement sont musclés, tendus.

- La troisième phase est l’exploration. La personne accepte le changement mais ne sait pas comment s’y prendre : trop d’idées nouvelles, trop de chose à faire, manque de vision précise, erreurs, frustrations ; l’action manque de cohérence.

- La quatrième et dernière phase, celle de l’implication. La personne se concentre sur les objectifs et planifie ses actions.

Pour vous qui avez peur du changement, il est grand temps d’aller vers des énergies qui peuvent vous libérer des peurs futures. Nous devons le faire pour nos enfant. Sous prétexte de voir son environnement bousculé, dérangé, par des aspects discutables, il faudra finir par accepter de bien vivre des changements ! En effet, les années à venir sont dignes d’un mauvais scénario d’un film de science fiction. Si tous les jours vous souhaitez être submergé de messages d’information recommandant des mesures particulières durant une période plus ou moins longue du type : « éviter toutes les activités physiques et sportives intenses », « différer les déplacements ne présentant pas un caractère de nécessité », « contourner certaines régions, en empruntant les itinéraires prévus à cet effet », « emprunter prioritairement les réseaux de transport en commun », « utiliser tout moyen de déplacement non-polluant », « privilégier le co-voiturage ». Ou encore lors de plus forte pollution, « réduire la vitesse autorisée des véhicules », « mise en œuvre de la mesure de circulation alternée » ...etc.

Vous qui avez peur du changement , vous allez être servis ! Et ce changement sera irrémédiable.

Parlons du changement que peut générer un parc éolien à proximité d’un village ou d’une ville. Il faut savoir qu’actuellement, avant de voir s’ériger des éoliennes dans notre paysage, il est nécessaire d’étudier le dossier pendant un minimum de 2 ans. Pendant que nous nous posons des questions plus ou moins légitimes sur le paysage, les oiseaux, le bruit...le réchauffement climatique s’accroît. A quoi bon s’opposer à un projet qui, au contraire, peut contribuer au rééquilibre de notre planète ?

Il ne s’agit pas, bien entendu, d’accepter tous les projets qui se présentent aux communes et aux administrations mais simplement de comprendre l’importance d’une telle action sur l’Humanité.

J’ai lu trop de tracts qui, sans peine, souhaitant anéantir des projets par des affabulations scabreuses et fausses. Les oiseaux que vous souhaitez protéger, Messieurs les opposants, vont payer, en premier, les frais de cette intolérance et disparaître par le réchauffement climatique.

Accepter les énergies renouvelables c’est offrir une chance à l’avenir. Refuser c’est participer au déclin de notre Terre et faire preuve d’irresponsabilité. Certes ces projets, à l’échelle de la planète, ressemblent à une goutte d’eau dans un océan. Sachez simplement que si toutes les ampoules à incandescence étaient remplacées par des ampoules à basse consommation, nous pourrions faire l’impasse sur 4 centrales nucléaires ! Nous sommes tous maître de nos actes et récoltons ce que nous semons.

Alors arrêtons de jouer avec notre vie et celles des générations futures et soyons raisonnables.

Sachez enfin que je ne suis pas contre le nucléaire, mais simplement pour la diversité et l’utilisation rationnelle de l’énergie. Qui sommes-nous pour changer l’équilibre si fragile de notre planète ? Le naturaliste d’exception, Théodore Monod, comparait l’histoire de notre Terre à l’obélisque de la Place de la Concorde. La vie de l’un est égale à la hauteur de l’autre. En haut de l’obélisque, une pièce de monnaie est posée ; son épaisseur correspond à l’Histoire de l’homme depuis son apparition sur Terre. Sur cette pièce, une feuille de papier à cigarettes : ce que nous appelons l’Histoire.

La réflexion ne devrait pas avoir lieu. Cependant, depuis trop longtemps, nous nous focalisons sur les aspects économiques. Or, ne faudrait-il pas se poser systématiquement la question sur les effets de nos actes sur notre milieu ?

Il n’est plus l’heure de croire ou ne pas croire aux études réalisées par les scientifiques. Tous les voyants sont au rouge et personne ne réagit !

Assez !

Pour que nos enfants puissent simplement vivre et profiter de notre planète, il est vital d’accepter le changement, d’être responsable et faire preuve de bon sens !

Un citoyen responsable
Didier SCHLIENGER

Voir aussi la rubrique "Petit Eolien" de ce site et notamment la lettre de Zephirin Phebus aux anti-éoliens primaires


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  • Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

    6 mars 2013Â 14:39 , par antoine

    a monsieur le citoyen responsable,
    au lieu de theoriser sur les gens qui refusent l’eolien il faut vous rappeler que la France ne manque pas d’electricité au point d’en exporter par contre elle depense de plus en plus pour IMPORTER des machines a vent.
    Alors si vous avez envie d’installer une de ces machines dans votre jardin, ne vous privez pas mais faite le avec votre argent, coulez vos 500 tonnes de beton pour en faire le socle (tres ecolo n’est ce pas) et faite un gros chèque à l’Allemagne ou au danmark sinon à la Chine pour des machines qui ne produisent efficacement que 26% du temps et coutent un entretien fabuleux. C’est facile de jouer avec l’argent des autres pour soit disant "sauver notre planete", slogan un peu eculé. Si vous voulez la sauver, notre planete, evitez de la polluer avec plus de machines.
    Vous pouvez couvrir votre toit de panneaux solaires tant que leurs dechets ne viennent pas polluer mon jardin.
    Mais ne venez pas soutenir les theories ecolos qui ont été manipulées par les lobbies des fabriquants de machines a vent. Ce qui vient d’etre installé nous coute deja un minimum d’augmentation de 3% du prix de l’electricité, alors basta
    .. et bon vent

    • Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

      7 mars 2013Â 11:41 , par Max

      Je ne suis ni pour, ni contre l’eolien, mais il faut avoué que tes arguments sont vraiment convaincant...

      L’eolien nous rapporte t’il se qu’il nous coute ??

      • Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

        11 mars 2013Â 15:14 , par JLuc (Passerelle Eco)

        La question du coût de l’éolien est relativement facile. Par contre, en ce qui concerne le coût du nucléaire, ce n’est pas aussi simple, car il n’y a aucune expérience de démantelement d’une centrale : c’est tellement problématique que c’est toujours repoussé à plus tard. En tout cas le rapport de la cour des compte a montré que le nucléaire coûte plus cher (50c/kW) que ce qu’on croit, et que ce que la facture EDF ne le facture : le reste passe par les impôts et ne se voit pas. Il n’est dans ce cas pas étonnant que l’éolien semble coûter un peu plus cher au kilowatt.

        Voyez http://www.novethic.fr/novethic/eco...
        ou http://www.lemonde.fr/planete/artic...
        ou http://www.leparisien.fr/flash-actu...

        Quant au pétrole, on sait bien qu’il n’y en aura bientôt plus, et qu’on en a besoin dans d’autres domaines où il est irremplaçable... et moins polluant !

        • Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

          11 mars 2013Â 15:16 , par JLuc (Passerelle Eco)

          Je recopie ici :

          228 milliards d’euros. C’est le total des investissements réalisés dans la filière nucléaire française, dépenses de démantèlement programmées incluses- depuis les années 50. Le chiffre émane de la Cour des comptes, qui a publié le 31 janvier un rapport de 400 pages sur « les coûts de la filière électronucléaire ».

          Le nucléaire coûte cher.

          Très cher. Mais il va être difficile de se passer d’une prolongation de la vie des centrales nucléaires françaises, estime la Cour des Comptes, après avoir épluché les comptes d’EDF pour son rapport sur les « coûts de la filière élecrotronucléaire » publié le 31 janvier. Commandé en mai dernier par le Premier ministre suite à l’accident de Fukushima, le rapport –dont une partie avait fuité dans La Tribune début janvier- dresse un panorama du coût de la filière bienvenu et salué par les écologistes qui le réclamait depuis longtemps mais encore peuplé d’incertitudes.

          Combien coûte la production nucléaire ?

          En préambule, il faut signaler que la Cour des comptes a calculé le coût de production de la filière, ce qui compte pour 40% du prix de l’électricité seulement. A cela, il faudrait ajouter le coût de transport et de distribution (33%) ainsi que les impôts et redevance (27%), ce qui ne rentrait pas dans la lettre de mission établie par le Premier ministre.

          La Cour des comptes chiffre à 121 Md€ (en euro de 2010*) la construction des installations nucléaires nécessaires à la production d’électricité : il faut compter 96 Md€ pour les 58 réacteurs actuels (62 510 MW), 6 Md€ pour la première génération, et 19 Md€ pour la filière de retraitement exploitée par Areva. A cela, il faut ajouter les dépenses de recherche, publiques et privées, qui représentent 55 Md€ (1 Md€ par an en moyenne), et le coût de Superphénix (12 Md€). Au total, le montant des investissements passés se chiffre donc à 188 Md€. Mais avec la programmation du démantèlement (79,4 milliards, dont 62 milliards pour EDF), le chiffre grimpe à 228 milliards d’euros.
          Le coût moyen du MWh produit s’élève donc à 49,5 € avec les données de 2010, si l’on prend en compte la rémunération du capital selon la méthode dite du « coût courant économique ». Celle-ci reflète l’ensemble des coûts sur toute la durée de fonctionnement du parc et permet des comparaisons entre les modes d’énergie.

          Un coût qui croît avec le temps

          Paradoxalement, le coût de construction initial, ramené à la puissance des réacteurs, progresse dans le temps. Par exemple, pour Fessenheim, il passe de 1,07 M€/MW en 1978 à 2,06 M€/MW en 2000 (Chooz 1 et 2). Pour l’EPR de Flamanville - dont le coût de construction est estimé à 6 Md€ pour une puissance de 1 630 MW- le coût au MW est de 3,7 M€. Un coût qui pourrait toutefois baisser à 3,1 M€ si l’EPR était produit en série. Mais pour FNE (qui avait été auditionnée par la Cour), il s’agit là d’une « aberration économique. L’énergie nucléaire est anachronique car elle est de plus en plus chère quand le coût des énergies renouvelables baisse de plus en plus fortement », estime Alexis Prokopiev, chargé des questions économiques de l’association. « Le verdict de la Cour des comptes est sans appel concernant l’EPR et confirme ce que dit Greenpeace depuis des années : le mégawattheure produit par Flamanville coûtera entre 70 et 90 euros, soit aussi cher que l’éolien terrestre. De quoi sérieusement compromettre l’avenir de ce type de réacteurs », tranche Sophia Majnoni, en charge de la campagne Nucléaire chez Greenpeace France. Du côté des pro-nucléaires en revanche, on se félicite : « la compétitivité confirmée du nucléaire n’est le résultat d’aucun "coût caché" », juge la SFEN (société française d’énergie nucléaire). Une réaction totalement partagée par le ministère de l’Energie, Eric Besson.

          De fortes incertitudes

          Si ces coûts d’exploitation présents, de l’ordre de 8,9 Md€ en 2010 pour une production de 407,9 TWh, « sont connus avec une relative précision », l’ampleur et le calendrier des coûts liés à la production nucléaire post-construction « sont souvent mal connus et leur chiffrage repose sur de nombreuses hypothèses », souligne la Cour des comptes. Ainsi, le coût du démantèlement des 58 réacteurs, estimé par EDF à 18,4 Md€, n’est pas validé par la Cour qui estime qu’elle manque d’ « expérience réelle et comparable ». Mais pour Greenpeace, « rien que pour Superphénix, dont le démantèlement est loin d’être achevé, la facture s’élève déjà à plus de 2 milliards ! » La méthode même employée pour le chiffrage reste « pertinente » mais doit être validée par des « experts extérieurs », selon la Cour des Comptes. La comparaison avec l’étranger, où les coûts estimés du démantèlement sont généralement plus élevés, pose également problème car les techniques et le périmètre (réacteurs seuls ou installations nucléaires au sens large) varient en fonction des pays, voire des sources, précise Michèle Pappalardo, qui a dirigé l’audit financier.
          Par ailleurs, la gestion à long terme des déchets, pour le moment estimée par la Cour à 28,4Md€, est loin d’être « stabilisée » : le dernier chiffrage produit par l’organisme qui en a la charge, l’Andra, a doublé par rapport au coût initial, passant de 16,5 Md€ à 36 Md€. Cette estimation, contestée par les producteurs, devrait faire l’objet d’un chiffrage officiel avant 2015. Il reste aussi à établir un calcul précis du coût de la filière de recyclage du MOX et d’uranium de retraitement enrichi (URE).

          Des coûts difficilement chiffrables et donc non réellement évalués

          Enfin, restent à définir les « coûts difficilement chiffrables » mais au centre de la polémique sur le nucléaire, soit les « externalités positives et négatives » que sont son impact sur l’environnement, la santé, la balance des paiements ou l’économie. Au niveau environnemental par exemple, seul le coût –« faible »- des émissions de CO2 a été évalué : en 2010, il s’élevait, selon les hypothèses, entre 90M€ (à 15€/teq CO2) et 190M€ (32€/teq CO2). Quant au risque nucléaire, la Cour estime que les exploitants ont finalement très peu de responsabilité financière en cas de grave accident. Pour l’instant, ils assurent leur installation pour 91 millions d’euros seulement. Ce montant sera bientôt porté à 700 M€ mais surtout, c’est l’Etat qui endosserait la majeure partie des indemnisations : au-delà des plafonds de garantis actuels définis par les textes, il est prévu que l’État se substitue à l’exploitant dans une limite de 1,5 Md€. Or, « l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire table sur 70 Md€ pour un accident modéré sur un réacteur, et oscille entre 600 et 1 000 Md€ pour des catastrophes comme Tchernobyl ou Fukushima », rappelle Greenpeace.

          Des incertitudes que regrettent de nombreuses associations, notamment celles de défense des consommateurs comme l’UFC-Que Choisir. Elle demande le lancement d’un « débat sur le vrai coût du nucléaire et sur ses impacts sur le prix de l’électricité » ainsi que la réalisation d’un « travail prospectif mettant en concurrence les technologies alternatives » pour choisir l’énergie ayant le « meilleur rapport qualité environnementale/prix ».

          Une augmentation du coût de la maintenance

          « Quels que soient les choix retenus, pour maintenir la production actuelle (en volume, ndlr), des investissements importants sont à prévoir à court et moyen terme, qui auront des conséquences significatives sur le coût de production global », tient à souligner Didier Migaud, le premier président de la Cour des Comptes. « Le ralentissement de ces investissements au cours des années 2000 a montré leur importance, puisqu’il a fait significativement chuter le coefficient de disponibilité du parc et donc sa production », précise le rapport. Alors qu’en 2008-2010, l’investissement annuel en maintenance était de l’ordre de 1,5 Md€, ce montant s’élevait à 1,75 Md€ en 2010. Il devrait presque doubler d’ici 2025, à 3,7 Md€/an (soit 55 Md€ sur la période 2011-2025). Une somme qui tient compte des premières recommandations de l’ASN pour les installations prioritaires suite à l’accident de Fukushima, évaluées à 10 Md€. 5 sont déjà provisionnés par EDF dans son programme 2011-2025. Mais ces premières estimations devraient s’alourdir et au fur et à mesure des études réalisées sur la catastrophe nucléaire.
          Ainsi, c’est l’évolution des investissements de maintenance qui pèserait le plus sur l’augmentation du coût de production de l’électricité : le doublement de leur rythme actuel conduirait à une augmentation de l’ordre de 10% du coût moyen, contre de 1 à 5% pour l’évolution des charges futures liées au démantèlement et à la gestion des déchets, juge la Cour des Comptes.

          Les conséquences du rapport

          Le parc nucléaire français est vieillissant : en 2010, l’âge moyen de nos centrales était de 25 ans. Initialement prévus pour durer 30, les réacteurs devraient certes fonctionner jusqu’à 40 ans selon l’hypothèse retenue par EDF mais cela n’empêche qu’il faudra trouver une solution d’ici 2022. Officiellement, la Cour des Comptes n’avait pas à donner son avis sur le sujet. Mais ses conclusions laissent peu de doute sur ses préférences. Ainsi, pour faire face au vieillissement des centrales, 3 options se discutent si l’on ne sort pas du nucléaire : la prolongation de la durée de vie des centrales, une évolution rapide et significative du mix énergétique vers d’autres sources d’énergie, les économies d’énergie, ou la construction d’ici 2022 de 11 EPR. Or, « la mise en œuvre d’un tel programme d’investissement à court terme paraît très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles », souligne Didier Migaud. Même si la Cour affirme qu’elle préfèrerait « qu’une stratégie énergétique soit formulée, débattue et adoptée en toute transparence et de manière explicite », le fait de « ne pas avoir décidé d’investissement, revient à une décision implicite, renchérit Gilles Pierre Lévy, le président de la 2ème chambre de la Cour des Comptes. Même pour développer les énergies renouvelables à des niveaux significatifs il faut 5/7 ans. Il semble donc difficile que l’on n’ait pas à prolonger la durée de vie des centrales. »
          Suite à la remise du rapport, le Premier ministre François Fillon a lui indiqué dans un communiqué que « les choix sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ou la construction de nouveaux réacteurs (…) seront précisés dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements élaborée à partir de l’été 2012 ».

          * l’ensemble des chiffres de la Cour des comptes concernant ce rapport est à lire en euro de 2010.

  • L’éolien (industriel) est-il citoyen ?

    1er juin 2012Â 09:27 , par Remy

    Bonjour M. Schlienger,

    Merci pour votre article.

    Pour ma part, jusqu’à cette année l’éolien en général j’étais pour.
    En me disant qu’il faudra bien sortir du nuclaire et relocaliser la production d’énergie...

    Mais depuis la lecture attentive des arguments développés par les "anti" je trouve certes quelques arguments discutables et une certaine colère lorsque des projets passent en force. Mais au-delà des réactions, il a y plutôt une saine remise en question de notre société de consommation.
    Visitez le site : Avis de tempête cévenol
    http://www.adtc07.com/

    De plus l’actualité de l’éolien offshore montre que le gâteau juteux payé par nos impôts se partage entre industriels de l’énergie : à savoir les tandems EDF-Alstom et Iberdrola-Areva
    Lire à ce sujet :
    http://lexpansion.lexpress.fr/entre...

    Sachez que les industriels grâce à un lobbying au niveau des députés font voter des lois qui ne défendent pas l’intérêt général mais leurs intérêts particuliers. Quand il est trop tard et que le gaspillage est avéré comme dans le photovoltaïque jusqu’à fin 2011, l’état décide d’un moratoire.
    En stratégie des entreprises cela s’appèle "mettre des barrières à l’entrée". Cela empêche les petites et moyennes entreprises de prendre la part des grosses. Résultat en France l’industrie de l’énergie ressemble à un cartel. Alors qu’en Allemagne c’est une constellation de TPE/PME innovante.

    D’où ma question : L’éolien (industriel) est-il citoyen ? A vous de tenter d’y répondre.

    Cordialement,

    Rémy

    • L’éolien (industriel) est-il citoyen ?

      11 février 2013Â 10:24 , par Philippe

      ah le bon gateau ! Ces jolies ailes qui tournent (enfin qui devraient toujours tourner) dans nos paysages a quoi servent elles ? Ah oui ! faire de l’electricité, faire de l’energie propre, certe. Mais avant de produire cette energie, il aura fallu produire 500 tonnes de beton par eolienne a enfouir dans le sol creusé par de grosses machines fonctionnant au gasoil, il aura fallu d’enormes camions fonctionnant au gas oil pour les faire venir en pieces detachées d’Allemagne, du Danemark ou de Chine ( eh non, pas le moindre boulon fabriqué en France, il aura fallu d’enormes grues fonctionnant au gas oil pour les monter, etc...
      Main d’oeuvre française quasi nulle, cout d’importation des appareils enormes, et cerise sur le gateau, prix de revient et cout d’exploitation enorme faisant de l’eolien l’electricité la plus chère au monde : ce n’est pas grave, ce sont les français qui payent, pourquoi croyez vous que le tarif EDF augmente de +3% par an ?
      Les lobbies ecolos teutons ont raison de manipuler l’eolien europeen :
      l’industrie allemande tourne a plein regime. Merci pour eux

    • L’éolien (industriel) est-il citoyen ?

      15 février 2013Â 12:24 , par Antoine

      La France plus qu’autonome en electricité est meme exportatrice en energie SANS ces couteuses eoliennes. EDF qui aime faire des benefices (ce qui est normal) doit donc refacturer ces enormes machines aux cochons de payants que nous sommes.... Moralité : les augmentations du tarif de l’electricité sont d’au moins 3% l’an (ah bien sur il ne faut pas oublier de reverser les 1% du CA au Comité d’Entreprise EDF pour l’entretien des ses somptueux chateaux, mais chut....).

  • Pour plus d’infos

    29 mars 2012Â 16:50 , par Mado

    Un livre intéressant qui fait le point sur ce sujet :

    Le sens du vent, d’Arnaud Michon, aux éditions de l’encyclopédie des nuisances (10€)

  • Lettre aux anti-éoliens ou devrais-je dire aux personnes ayant peur du changement.

    28 mars 2012Â 12:01 , par Carré jean

    Carré Jean. Chercheur autodidacte, études, réalisations, installations et suivi de multiples prototypes.

    Le vent, j’ai vécu avec, mais je n’ai pas vécu du vent. Ouvrir une voie coute très cher.
    Mais, soixante ans de pratique m’ont beaucoup appris.
    Non, je n’ai jamais observé d’oiseaux morts à, proximité de mes machines.
    Le gibier à quatre pattes ignore totalement les bruits venant d’en haut (33 mètres). Que de lapins et autres j’aurai eu l’occasion de tirer si j’avais été chasseur !
    Le bruit ? Certains de mes prototypes en faisaient du fait d’un multiplicateur incorrect. Il y a des impératifs mécaniques à respecter et financièrement je n’ai pu toujours le faire .
    D’autres étaient totalement silencieux.
    Aucune interférence observée ou signalée sur la réception télévision.
    L’esthétique ? Des gouts et des couleurs on ne peut discuter, mais pour tous ces grands pylônes électriques ? Bien peu râlent ! !
    Par contre, ceci personne n’en fait jamais mention ; disparition sur un large périmètre des problèmes liés à la foudre.
    Les éoliennes en mer coûtent très chères, sont d’une esthétique douteuse, gène la navigation, la pêche. Quarante mètres de pylônes de plus à terre donnerait le même résultat. Mais il faut maitriser la dynamique de l’hélice, j’y suis arrivé.
    En France l’on a toujours été « pour tout ce qui est contre », et « contre tout ce qui est pour ». Et de plus, les choses nouvelles dérangent. Ainsi, il y a 170 ans Courson les Carrières et Auxerre ont refusés le passage du chemin de fer P.L.M. (Paris, Lyon, Méditérranée) , aujourd’hui cette dernière commune se bat pour conserver sa ligne secondaire.
    Ceci explique en partie l’opposition de certains à cette nouveauté.
    De plus, les subventions, les avoirs fiscaux, les prix d’achat du courant majorés, le prélèvement sur facture des surcoûts des productions énergies renouvelable, n’aide pas à faire passer la chose.
    Les constructeurs du matériel éolien tiennent très peu compte du vent et des impératifs techniques nécessaires à sa bonne exploitation. Il y a fuite devant la difficulté. Le matériel est là pour être vendu, un point c’est tout !
    Les anti-éoliens ! Je les comprends. Mal informés sur les dangers du nucléaire, tenus dans l’ignorance des incidences des produits pétroliers et autres matières grasses sur le climat, face à un matériel d’exploitation éolien ajoutant ses défauts à ceux du vents, ils peuvent êtres récalcitrants.
    Pour moi, après 28 ans de service sans aucune mise à l’arrêt pour cause de tempête, mon dernier prototype est toujours visible en fonctionnement et production

  • 18% d’électricité éolienne en 2025

    12 mars 2012Â 22:03 , par Maximilien

    En 2011, l’éolien a représente 2,5% de la consommation d’électricité (2,2% de la production) avec une production de 11.900 gigawatts-heures (GWh : millions de kilowatts-heures), plus du double de la production en 2008.
    .
    Lire : http://energeia.voila.net/electri/e...
    .
    En 2025, l’éolien pourrait représenter 18% de la production d’électricité (19,4% de la consommation).
    .
    Lire : http://energeia.voila.net/renouv/el...
    .
    A cette date, le nucléaire pourrait être réduit à 46% alors que les renouvelables seraient à 44% dans la proportion d’électricité.
    .
    Mais cela ne se fera pas tout seul, car si c’est possible à tous points de vues, encore faut-il obliger les politiques à agir en ce sens et à prendre dès maintenant (disons juin 2012) les bonnes décisions.


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