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le 29 octobre 2007

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Humeur : Joli Grenelle, sacré Grenelle !

La France mythomane ?

« La mythomanie est une tendance au mensonge pouvant aller jusqu’à altérer durablement la vie sociale. Il a été observé que le mythomane ment souvent parce qu’il craint la réaction (de dévalorisation, par exemple) qu’entraînerait l’aveu de la réalité. Cette pathologie entraîne un handicap social important dans les cas où le malade procède à des altérations mineures et crédibles de la réalité. L’aveu étant souvent ou presque toujours accompagné de réactions négatives de l’entourage, la mythomanie tend à s’auto-entretenir. Contrairement au menteur, le mythomane n’est pas totalement conscient de son mensonge (Tartarin « ne ment pas ; il se trompe », écrit Daudet). » (Selon Wikipédia)

Le 25 octobre 2007, l’éléphant qui trompe énormément accouche d’une souris verte. Après quatre mois de réunions et de débats entre syndicats, patronat, collectivités locales, écologistes et représentants des pouvoirs publics, agitation doublée d’une communication hyperbolique, le Landerneau de l’écologie annonce la couleur : rien ! Mais que s’est-il passé pour qu’on en parle autant ? Toujours rien, sinon la sempiternelle poudre aux yeux et aux lucarnes médiatiques lancée à l’écocitoyen par une bourgeoisie néoconservatrice qui n’est pas prête de raccrocher. Mais c’est tout de même un cran au-dessus du négationnisme écologique de certains autres : à force de se draper dans les habits de la vertu environnementale, les imposteurs rendent à leur façon hommage à leurs adversaires idéologiques. À ceux dissidents qu’ils invectivaient hier encore en les traitant d’idéalistes, de demeurés, d’excités, d’intégristes, de gauchistes, de traîne-savates, de nostalgiques, d’ennemis du progrès, de faux-prophètes. Voici ces derniers devenus de respectables interlocuteurs, légitimés, intégrés, honorés, bien assis et admis sous les ors élyséens, avec un fil à la patte et l’innocuité inoculée. On ne pouvait meilleure action antalgique pour faire des gueux, objecteurs de croissance qui encore hier hurlaient au viol de la planète, des sujets écologiquement corrects et fédérés par un néolibéralisme repeint de vert novateur. Et les ONG sont enfin caressées dans le sens du poil, leurs pontifes sont flattés. Ce fut un beau tour de passe-passe pour plaire à une galerie angoissée par l’avenir planétaire, sans renoncer le moins du monde à la règle des intérêts de bout en bout, sans lâcher les fidèles partenaires de l’impérialisme énergétique, semencier, phytosanitaire et agroalimentaire. Les écologistes ont été détroussés à leur insu, le système dominant s’est accaparé le discours sans y croire un instant. Obtenir ce consensus d’une société a priori peu portée au souci écologique est une très bonne chose, mais faire croire à des solutions miracles qui de toute évidence en resteront à leur effet d’annonce, qui plus est désamorcer l’inquiétude en installant dans les esprits citoyens l’option grotesque d’une garantie d’économie désormais positive, est grave parce que mensonger. « Réparer la planète » ? Il faut vraiment vouloir désinformer pour faire un titre de cette assertion hasardeuse. Quand on sait dans quel état elle se trouve, la planète. Bien sûr, c’est porteur, c’est vendeur. Comme il est difficile d’avoir du succès quand on n’est pas démagogue ! Et puis la modeste France n’est pas la planète. Si tant est que de louables actions soient entreprises – et il faut les entreprendre – elles ne seraient qu’à un cauter bleu-blanc-rouge sur une jambe de bois planétaire. Réinvestir nos trois jachères de Lozère en cultures biologiques ne pèsera pas lourd dans la balance face au Brésil qui défriche pour faire de l’agrocarburant (objectif national pour 2010 : 240 millions d’hectolitres), nous ne nourrirons pas ainsi ceux qui fuient le Sahel desséché, et une écopastille bien sympathique n’est pas un défi à une Chine qui s’éveille dans la plus faramineuse et mortifère des pollutions. Des réponses fausses et rassurantes ont été données à des questions vraies. À partir de maintenant, l’écologisme franchouillard, encadré et désinfecté de ses agitateurs, accompagnera la destruction des restes.

Ce 25 octobre restera la date de l’écologie biaisée. Jusqu’à plus ample informé, le capitalisme (même le mot a pris un coup de vieux !), pourfendeur de la Nature, est tenu par des intérêts plus forts que les propos et les envolées des quelques hurluberlus et autres végétariens anti-nucléaires. Les fossoyeurs du Vivant demeurent les gardiens cruels de tous les lobbies de la mort et de la prévarication. Lorsque la société de la frime, des discours trompeurs et des mots trahis, disserte sur la biodiversité et la sauvegarde de la planète, les lucides, les inquiets et les victimes, roulés dans la farine, n’ont plus rien à espérer de concret. Ce grand déballage qui promettait vingt mesures exemplaires a accouché de mesurettes symboliques mais le succès est énorme : l’opinion publique se souviendra que les néoconservateurs parlent écologie. Définitivement. Grenelle n’aura pas été qu’un confetti : il a désamorcé pour toujours en France toute velléité noble, sincère et légitime, cette voix insoumise, insurgée, criée par les sans-culotte et qui, quoi qu’on en pense et dise, faisait l’opinion publique républicaine. L’écologie humaine est muselée. Le roitelet est un tacticien de haut vol, merci à ceux qui l’ont choisi. Forçant de tous ses vœux électoraux à une liquidation de l’héritage de Mai 68 qui, selon lui, mit à bas les valeurs, il puise à la louche dans le dit héritage pour s’en accaparer l’idée d’une verte révolution. Il n’y a pas davantage esprit 68 que les accords sociaux de Grenelle et l’idée d’une planète écologiquement solidaire. Simultanément, un transfuge du socialisme nommé Attali, prince du micro crédit à taux usurier pour perdants du Sud, économiste aux pieds nus cautionnant sans pudeur ses velléités bancaires de la marque de Gandhi que le saint homme aurait voué aux hégémonies, a tenté de dénoncer le principe de précaution en l’accusant de handicap au développement. Se rendant compte qu’il n’y a pas de durable sans précaution, le banquier écrivain au grand cœur fit volte-face. 2007 aura été un bon cru pour l’espoir vaincu.

Six groupes de travail (climat, biodiversité, gouvernance, santé environnement, agriculture, promotion de modes de développement écologiques) ont planché sous la houlette de Jean-Louis Borloo, exalté environnemental comme en atteste son parcours (!) et de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’état à l’écologie, brillante polytechnicienne issue d’une grande famille politique française descendant (avant le Ministère de l’identité nationale) du patriote polonais Tadeusz Kosciusko et mariée à un proche collaborateur du leader de l’aéronautique EADS du groupe Lagardère (second sujet de l’actualité parallèlement au Grenelle…). Un millier de propositions ont été avancées au cours des discussions, lesquelles suggestions, passées au crible, ont débouché sur quelques plans d’action dont l’application sera mesurable dans le temps

Cette OPA des affairistes sur l’écologie et qui prétend avoir lancé un signal était un évident marché de dupes aux ficelles flagrantes. C’est dès les années 1960 que le signal fut lancé, et étouffé par ces mêmes gens. La synthèse du Grenelle ne fut que laconismes en veux-tu, en voilà. La taxe carbone reste à l’étude et en discussions ; la fiscalité environnementale est renvoyée en touche puisqu’il faut l’imposer à l’Europe ; bras de fer sur les produits pesticidaires et un bémol quant à en baisser de moitié l’emploi dans les dix ans à venir ; gel temporaire et bref moratoire sur les OGM, initiative française qui ne mange pas de pain puisque contraire à la décision européenne, avec à la clé un non-renoncement aux « OGM de l’avenir » ; un plan Marshall au double langage pour les transports (énergies et moteurs du futur) et une politique prioritaire des transports en commun avec basculement du routier vers le ferroviaire et le ferroutage des camions (tous d’accord pour des livraisons en 2 semaines au lieu de 24 h chrono, même les hypermarchés ?!) ; une écopastille, taxe sur les véhicules polluants, « est en bonne voie » pour substituer à une réduction de 10 km/h sur routes, écartée par les Français finalement pressés (d’en finir !) ; une rénovation du parc immobilier sur un modèle écologique (le coût est estimé à 600 milliards d’euros dont nous n’avons pas le premier) ; et quid de la biodiversité : trois options gadgets ? Une loi sur les mesures annoncées serait présentée au Parlement dans les mois qui suivent.

Ce qui n’a pas été mis au rancard, comme le nucléaire et pour cause puisque nous sommes au lendemain d’avoir refourgué nos centrales à la Libye ennemie et au Maroc ami, n’est que trop insuffisamment contraignant pour oser espérer inverser les tendances. Où est la révolution verte annoncée, où est le nouveau choix de société ? Dans un coup fourré de consensus mous, de leurres, de volte-face, de mille reports aux calendes grecques ? Des flous, des promesses, et après ? Le Grenelle de l’environnement fut surtout le grand couac de l’écologie. Et le capitalisme pur et dur s’évertue à devenir durable, n’en déplaise à la flagrante contradiction des genres

Tout le monde semble avoir salué l’aboutissement du Grenelle de l’environnement, victoire comme l’on clamé les médias à la botte de l’illusoire. Victoire, cela en est une pour les adeptes des compromis mous, des ambiguïtés, des reports, des moratoires flasques. Des débats constructifs, des discussions satisfaisantes, des accords implicites et sans calendrier, un clin d’œil de bio dans les cantines et pas mal de pirouettes, c’est au mieux le vrai bilan. Mais ce n’est pas une victoire pour ceux qui pensent qu’il y a urgence planétaire. « Pour sauver la planète, c’est maintenant ou jamais » a même proclamé le même jour l’ONU, organisme convenu et pourtant ici discordant. C’est officiellement urgent depuis 1987 et le rapport Brundtland (Notre avenir à tous). Mais vingt ans après, maintenant c’est encore demain. Vingt ans déjà, que cela passe vite vingt ans.

Fin du feu de paille. Le lendemain sortait le nouvel Harry Potter. On dit que ce sera le dernier. Oiseau de mauvais augure, je prends date pour dans peu de temps, celui de se réveiller de l’effet cathartique, pour prédire qu’on se souviendra du Grenelle de l’environnement comme d’un pathétique tintamarre.

Me suis-je mal expliqué ?

Je serais satisfait que mon pays, au moins mon pays, change de cap et commence à comprendre la fragilité de la biosphère, ce que savaient et savent depuis la nuit des temps les peuples premiers que nous avons massacrés et que nous massacrons encore. Si je cherche à relativiser l’actuelle euphorie ambiante, c’est que de toute évidence il faudra plus de 50 ans pour changer nos habitudes, notre culture, notre politique, notre économie et que crier victoire est bien facile ; qu’en raison du long chemin parcouru dans la cécité écologique le gros de la planète vis dans l’urgence alimentaire et sanitaire et ne risque pas d’entendre un discours incantatoire promus par les nantis d’une écologie des beaux quartiers ; et qu’enfin – remenber - notre président est tout sauf sincère. Tout le monde fait semblant d’oublier que la mue écologique de Nicolas Sarkozy (Prix Nobel de la duplicité ) fut propulsée par la nécessité électorale, que d’abord sceptique sur les enjeux écologiques et peu spontané à signer le Pacte écologique – juste cause – il en fit rapidement sa bouée verte.

Il était intéressant, hier 29 octobre, en zappant d’une télé à une autre, de passer de l’engouement unanime (même de Greenpeace) pour festoyer l’an 1 de la nouvelle révolution verte et de ses contraintes, à un reportage sur tel hôtel de Chamonix satisfait de recevoir enfin des touristes de… l’Inde. Que les promoteurs du tourisme sachent bien que les Indiens favorisés par une élévation de leur niveau de vie n’auront plus à parcourir des milliers de kilomètres pollueurs pour une semaine de détente entre Mont Blanc et Tour Eiffel. Personne n’ignore qu’encore en 2050, le tourisme souhaité restera celui-là ! Et tout à l’avenant.

Mais forçons-nous à l’optimisme !

Michel Tarrier

Examen de minuit du 25 octobre 2007


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