Passerelle eco
Passerelle eco

Pratiques et Contacts pour Vivre Ensemble sur une Même Planète

La revue Passerelle Eco : sommaire des numéros, compléments d'info, bulletin d'abonnement à imprimer ...

Actualité du réseau éco

Réseaux

Quelques écolieux

Des reportages et les annonces du réseau éco et de la dynamique écovillage en France : écolieux de vie, projets d'écovillages, écofermes pédagogiques, personnes ressources ou en recherche, entreprises, centres de formations, etc... Plusieurs rubriques sont consacrées aux écovillages en germe ou en devenir, car ces initiatives font converger l'ensemble des aspects de l'écologie pratique : l'actualité, leurs activités, rencontres, chantiers ou échanges proposés.
Dossiers thématiques : depuis les statuts de la loi de 1901, l'alimentation, la construction saine, l'habitat léger, le carburant tournesol ...
Annonces, photos, comptes rendu des rassemblements, rendez-vous, festivals, colloques, manifestations...
- des fiches pratiques et des recettes - le site Nima'Sadi de partage et d'expérimentation sur autoproduction - les activités associatives de Passerelle Eco.
Vous êtes ici > Accueil > Les Blogs
Lobby des chasseurs contre lobby des agricultureurs.

le 9 novembre 2010

ARTICLES

Lobby des chasseurs contre lobby des agricultureurs.

Dans cet article, Bernard Vaudour-Faguet met en avant les problèmes récurrents entre chasseurs et agriculteurs, principalement dans le Sud-Ouest de la France. Pour les uns, la multiplication du gibier est une aubaine et un divertissement ; pour les autres, une source constante de problèmes, de destructions et de pertes financières...

La ruralité déchirée

Quelle logique de pensée habite un groupe d’hommes dont la finalité dernière consiste à courir (durant l’hiver) terres et bois, ravins et gibiers ? Cette logique, on le devine aisément, passe par le divertissement et le plaisir. Un peu de divertissement et beaucoup de plaisir. Plus les animaux « sauvages » sont nombreux sur un territoire bien défini plus le degré de satisfaction risque d’être conséquent. La possibilité de réussir « un tableau de chasse » augmente avec les statistiques de densité animale. Toujours dans le cadre de cette logique de comportement supposons que les sangliers, les biches, les faisans (la partie noble des cibles) prolifèrent de façon importante : ces bêtes trouveront du côté des tireurs un précieux soutien, voire quelques encouragements puisque, de par leur nombre, la fête risque d’être bien supérieure dans les brumes du petit matin !

Cette démonstration numérique et mathématique n’est pas tout à fait du goût du monde agricole actuel. Éleveurs, forestiers, agriculteurs, ne partagent nullement cette philosophie autour d’un vaste « troupeau » qui vagabonderait à l’aise dans les champs ou dans les pentes. Car derrière la multiplication intempestive des « gros mangeurs », des gros dévoreurs (cf. sangliers) se cache, bien sûr, le spectre des gros saccageurs. Pour les productions et les récoltes la perspective est dramatique. Les dents de ces animaux commencent à être très mal perçues par celles et par ceux qui consacrent leur vie à faire pousser des céréales ou des arbres fruitiers.

On s’en doute : depuis quelques années la colère gronde autour des parcelles de maïs, des truffières, des plantations de rapport. Toutes ces zones sont la proie des animaux à cornes ou à groin, qui, en règle générale, préfèrent les délicates verdures des tiges sucrées plutôt que les broussailles rugueuses de la garrigue ou du « bartas ».

Deux « visions » de la nature

Dans ces conditions le choc des intérêts économiques (politiques) devient inévitable. Le phénomène se ressent surtout dans le sud-ouest là où les deux communautés cohabitent avec une grande proximité d’habitudes. Certes, les assurances ou les associations de chasse assument leurs responsabilités quand les incidents se produisent et que les pertes sont sérieuses. Les remboursements des dommages sont établis selon des critères précis d’expertises et couvrent les frais. Mais le problème –avec la répétition de ces affaires au cours des années-, ne se résume nullement dans une évaluation quantitative des indemnités. Les impacts psychologiques, les ressentiments (voir à Toulouse la dépose de carcasses de sangliers en préfecture) dépassent les aspects monétaires. Ces agressions prennent une signification qui fait presque oublier le calcul du prix… Il s’agit d’un affrontement entre deux « visions » de la nature, deux perceptions idéologiques de l’environnement, et cela mérite d’être étudié avec une attention vigilante.

Considérons en premier lieu qu’on vient d’assister à une transformation très significative de la composition de ces groupes. C’est ce changement de structure qui a fait jaillir, en partie, une autre sensibilité dans les campagnes. Dans les années d’après-guerre ce type de conflit n’existait pas : les chasseurs recrutaient un maximum d’adhérents dans la paysannerie (les ruraux formaient une minorité de poids dans les forces de ce pays). Les actes de vandalisme provoqués par les biches ou les chevreuils finissaient par être « tolérés » avec indulgence. Par ailleurs les contraintes financières des fermes, dans le cadre de la polyculture élevage traditionnelle posaient moins de difficultés qu’avec l’apparition de la monoculture céréalière marchande. De plus dans cette période les introductions volontaires de reproducteurs étaient une technique peu courante…

Une semi-bourgeoisie urbaine

Désormais le monde des chasseurs ne comporte plus qu’une mince fraction de ruraux. C’est la semi- bourgeoisie urbaine qui forme les bataillons de ceux qui tirent la perdrix ou le faisan… Cette modification d’origine a des conséquences profondes sur le milieu. Les mentalités de ceux qui possèdent des fusils sont devenues « étrangères » aux mœurs des campagnes, à leur sens de la propriété, aux valeurs qui s’attachent au patrimoine, à la notion de travail en continu, aux efforts et aux aléas d’une récolte… Un urbain –même investi des meilleures intentions du monde-, va penser qu’une enveloppe d’argent est suffisante pour régler les troubles causés par une meute de fouisseurs qui piétine ou dévore des blés, des maïs, des pommes de terre… Quelques euros et on compense les blessures faites par une troupe en divagation ! C’est un « calcul » comptable ! Rien de plus ! Or les campagnes, y compris celles de ce début de siècle, véhiculent bien davantage de réactions émotives ! La comptabilité stricte est une chose, les perceptions morales, relationnelles, les perceptions de la mémoire, agissent sur les esprits comme des décharges électriques.

En somme, les humeurs actuelles qui remontent des terroirs du sud –ouest évoquent grossièrement des réflexes d’Ancien Régime. Il s’agit bien d’une allergie calquée sur le modèle de 1789 lorsque les oligarchies seigneuriales du XVIIIe siècle traversaient les cultures (pour traquer le gibier) sans trop se soucier des impacts réels de leur arrogante chevauchée… On se moquait des sentiments que pouvaient éprouver les manants courbés sous leur faucille. Les castes assouvissaient leur distraction préférée tandis que les serfs subissaient la mesure. Au XXIe siècle on n’exprime pas sa rancune de cette façon ! Les « classes » sociales ne se répartissent pas selon une pareille caricature, rien n’est donc verbalisé dans ce sens… Cependant quelques signes, quelques menaces, quelques paroles prononcées entre Lot et Garonne suggèrent que les dominations exercées par « ceux de la ville » ne sont plus tellement admises autour des parcellages labourés et ensemencés.

Réinventer la concertation

Il y a des risques objectifs de dérapage à cause d’une multiplication anarchique de ces attaques. C’est une violence incontrôlée : les pouvoirs publics ne devraient pas minimiser le sujet. Notables et responsables en charge de ces dossiers doivent trouver des solutions pour apaiser le climat psychologique qui règne entre les Causses et le Béarn. Il est évident qu’une réponse économique, juridique, est indispensable : ce n’est pas la seule piste d’investigation. Les élus seraient bien inspirés de découvrir des formules de concertation capables de pacifier ces régions.

On sait que ces lobbies sont puissants (et armés !). Ils sont déterminés chacun à leur manière. Ils voudront défendre des prérogatives, des positions acquises, des orgueils corporatistes. Quelques décisions courageuses sont à prendre assez vite pour éviter un glissement douloureux des comportements collectifs ou individuels, pour éviter surtout qu’au milieu de ces paysages de beauté et de caractère les simples coups de feu ne se métamorphosent en vrais coups de sang !


20 votes
Répondre à cet article

Un message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes entièrement vides pour les séparer.

Qui êtes-vous ? (optionnel : cela vous permettra de recevoir les réponses)

1 message

  • Lobby des chasseurs contre lobby des agricultureurs.

    Le 19 novembre 2010, par X

    Le diagnostic est remarquablement posé.
    Le sens de l’intervention des politiques reste à définir ;
    mais la diplomatie n’est-elle pas leur métier ?
    Roger.


SPIP 2.1
ecovillage global et permaculture

www.ecovillageglobal.fr

le site de l'écovillage global des lecteurs et annonceurs de la revue Passerelle Éco

PASSEZ UNE ANNONCE

Fête des Possibles Montluçon (Convergences dans le 03)

Projet : La Fête des Possibles, fête d'envergure nationale, du 6 Sept au 6 Oct 2018 regroupe 120 assos (colibris, les amis de la terre etc...) dont le but est de présenter les possibles rencontrer, (...)

Isolant Ecologique (Construction dans le 49)

Offre : Négoce indépendante de matériaux écologiques située à La ROMAGNE 49740, vous propose des offres promotionnelles régulières sur vos isolants, peintures d’argiles sans pigments, peintures minérales (...)

Il Fait Froid dans le Monde . . . (Rencontres amoureuses dans le 37)

Projet : Homme, athée, 47 ans, émotif, lassé de la pénurie relationnelle, je désire rencontrer une femme de Bretagne ou région Parisienne pour une amitié sensible et dérivante. Découvrons-nous, sans (...)

Chevaux Mécaniques Fringants Attendent Cavalière (Rencontres amoureuses dans le 50)

Projet : Bonjour, je propose un de ces deux camions à une fille de mon âge pour faire ensemble les saisons, parcequ'il n'y aura pas d'autre moyen de faire plus exaltant en attendant de se trouver un (...)

Donne Bouc Rove (Agricultiver dans le 30)

Projet : Nous avons un petit troupeau de chèvres pour notre autonomie. Un bouc rove brun de robe et au corne tordues à rejoins nos bics en forêt et depuis il est la. Pour nous c est un de trop car la (...)

Bienvenue aux Futurs Habitants ! (Elargissement dans le 31)

Projet : Dans ferme calme/art/perma/écoconstru/Aliment bio/2 habitants actuels/ici et maintenant,respect,cnv/partages/échanges Cherche une, un partenaire pour PAM
Offre : Appart loc en meublée pour 2 (...)

Rencontres Normandes de la Permaculture (Convergences dans le 14)

Projet : Osmose & Et Si On Se Marais, 2 associations dont l'activité est vouée à la promotion et au développement de la permaculture organisent la 3ème édition des Rencontres Normandes de la (...)

Vend Parcelle de Terrain dans un Ecolieu (Ventes Immobilier dans le 46)

Projet : eco-hameau d'Andral
Offre : Nous mettons une parcelle de 343m² en vente avec un potentiel constructible de 100m². Cette parcelle se situe sur un terrain de 8Ha dans un éco-hameau de 25 foyers (...)

Famille avec Enfants Souhaite Lieu de Vie Vivant et Collectif (Un Groupe Existe dans le 82)

Projet : Limite Aveyron, Tarn famille avec 2 enfants, 3 et 6 ans + la mamie + amie avec enfants de 3ans, cherchent vie encore plus partagée. Espaces collectifs : Potager,fruitiers Poulailler (...)
twitter

SUR LE WEB