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Une autre agriculture est possible

le 6 août 2010

Agricultiver
DOSSIER :
Pour une autre PAC, propositions d’avenir. (5)
Pour une autre PAC, propositions d'avenir.

Une agriculture qui réponde aux défis environnementaux

Vers une autre PAC pour 2013

Les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture européenne dépassent la capacité d’absorption par la végétation et les sols. [3] Outre le dioxyde de carbone, ce résultat s’explique par l’impact de deux autres puissants gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote issu de la dégradation des engrais chimiques sur les sols agricoles et le méthane via la digestion des ruminants et la gestion des déjections. Le secteur de l’élevage étant responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole, il est impératif de se pencher sur les modes de production et d’alimentation des animaux.

Répondre à un défi climatique et énergétique

Le mode d’alimentation actuel des animaux n’est en effet pas soutenable pour plusieurs raisons suivantes :

 bien que mobilisant près des deux tiers des surfaces agricoles de l’UE, il a en plus recours, pour fournir des protéines végétales, aux surfaces agricoles de pays tiers, avec des impacts environnementaux importants (déforestation de forêts et de savanes) ;

 il simplifie à outrance les systèmes de culture (« céréalisation ») et a participé à la régression des prairies en Europe, entraînant une perte de biodiversité ;

 il encourage la régression de la culture des légumineuses en Europe, conduisant à des apports excessifs d’azote minéral avec des impacts négatifs sur le climat et la pollution des eaux ;

 il favorise l’introduction massive d’OGM dans l’alimentation du bétail, malgré leur rejet par les consommateurs européens ;

 enfin il maintient l’Union européenne dans une situation de dépendance vis-à-vis des importations de protéines végétales (l’UE ne produit que 30% de ses besoins).

Les expertises soulignent la nécessité de repenser les systèmes de production agricole en réponse au défi climatique,  [1] ce que la PAC n’a commencé à prendre en compte que très récemment. Le bilan de santé, conclu fin novembre 2008, inclut le changement climatique parmi les nouveaux défis auxquels les agriculteurs doivent dorénavant faire face. Dans les faits, ces nouveaux défis intègrent le second pilier de la PAC, dit du développement rural. Ces mesures sont financées en partie par une modulation additionnelle des aides directes du 1er pilier et sont co- financées à 75% par l’UE.

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Sortir d’un modèle de production énergivore

Il est essentiel d’amplifier l’intégration dans la PAC des défis climatiques et énergétiques tant en termes d’émissions des systèmes agricoles que d’adaptation, en ne laissant pas cette question dans un second pilier de la PAC avec aussi peu de moyens. Il faut en outre remettre en question des modes de production non durables qui monopolisent aujourd’hui les aides directes.

Aussi est-il indispensable de proposer des pistes de sortie d’un modèle de production qui dépend trop des énergies fossiles. La PAC doit donc soutenir les modes de production qui favorisent la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’autonomie énergétique des fermes, et donc une moindre vulnérabilité face à l’augmentation des prix du pétrole, ainsi que les agrosystèmes qui séquestrent le carbone dans les sols en reconstituant l’humus.

Cette conversion agro-écologique doit être accompagnée par la PAC, non pas en isolant les « nouveaux défis environnementaux » les uns des autres, mais en soutenant les systèmes de production qui y répondent simultanément par une meilleure gestion de l’eau, une réduction des intrants chimiques et le maintien de la biodiversité (approche systémique).

Il est urgent que la PAC inverse les tendances, particulièrement dans le secteur clé de l’alimentation des animaux en rétablissant les liens indispensables entre grandes cultures et élevage, ce qui permettrait une forte réduction de l’empreinte écologique de l’agriculture. L’UE devra se montrer particulièrement exemplaire pour viser une meilleure efficience des calories végétales produites et transformées en calories animales. L’agriculture européenne est capable de relever ce défi grâce à des techniques agricoles innovantes peu coûteuses en énergie fossile, rémunératrices pour ses paysans, favorables à la lutte contre le réchauffement climatique, respectueuses des autres agricultures et des équilibres écologiques et territoriaux. Il n’y aura pas de sécurité alimentaire mondiale à terme sans sécurité environnementale.

Leviers au niveau des systèmes de production :

 financer les systèmes de production qui ont une faible dépendance à l’égard des intrants d’origine fossile, valorisent la biodiversité comme facteur de production et assurent une gestion durable de l’eau et des sols ; dans les filières animales et végétales, promouvoir les circuits courts qui font appel à la transformation, au recyclage des déchets et à la commercialisation au niveau local ; promouvoir et aider les techniques agronomiques qui ré-enrichissent les sols en humus ;

 soutenir les cultures de légumineuses afin de réduire le déficit protéique de l’alimentation des animaux et lutter contre les émissions gaz à effet de serre (diversification des rotations et diminution des engrais) ;

 soutenir les systèmes herbagers afin de reconnaître la multifonctionnalité des prairies dans le stockage du carbone, la protection de la biodiversité, des sols et de la ressource en eau ;

 prévenir certains risques climatiques en privilégiant des systèmes de production plus résistants et résilients face à certains aléas naturels et climatiques : diversification des espèces et des variétés, itinéraires culturaux mieux adaptés aux contextes pédo-climatiques en évolution.

Leviers au niveau du conseil, de la recherche et du développement agricole

 mobiliser les savoirs, les connaissances et les techniques pour favoriser la recherche multi- critères sur le changement climatique et la biodiversité, et pour diffuser les modes de production qui répondent aux défis écologiques contemporains (agro-écologie, agriculture biologique, systèmes à bas niveaux d’intrants...) ;

 renforcer la formation des agriculteurs, le transfert de méthodes et de savoir-faire, ainsi que l’échange d’expériences sur l’adaptation des systèmes de production aux défis écologiques. [2]


 Contacter le Groupe PAC 2013
 Visiter le site du groupe PAC 2013
 Agricultiver dans Passerelle Eco
 Lire aussi les articles de Claude et Lydia Bourguignon
 Lire la lettre des CIVAM adressée au président de la FNSEA

Notes

[1Ibid

[2Op. Cit., IAASTD, 2008.

[3L’utilisation des terres pour l’agriculture et l’élevage génère 34 millions de tonnes équivalents carbone par an (INRA/CarboEurope 2009)


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