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le 17 novembre

Agricultiver

Les méga-bassines, une fausse solution face au changement climatique

Pour une irrigation compatible avec l’agriculture et les écosystèmes !

Les méga-bassines, qu’est ce que c’est ?

Les méga-bassines sont des ouvrages de stockage de l’eau aux allures de cratères plastifiés. Les méga-bassines sont remplies par pompage dans les nappes phréatiques (nappes de surface) ou dans les cours d’eau.

Bien qu’elles illustrent à merveille la fuite en avant d’un modèle agricole qui refuse de se transformer, les promoteurs des méga-bassines emploient l’argument du changement climatique pour les justifier.

Malheureusement, « cette idée des retenues d’eau est un non-sens » affirme Christian Amblard, spécialiste de l’eau et des systèmes hydrobiologiques, et directeur de recherche honoraire au CNRS. Car en effet, les mégabassines sont tout à fait inefficace contre le changement climatique, et ne font au contraire qu’en accentuer les méfaits.

Appelées réserves de substitution par les organisations qui en font la promotion, les méga-bassines sont présentées comme des ouvrages qui permettraient de diminuer la pression sur la ressource en eau en « substituant » des pompages de printemps/été par des pompages d’hiver.

Pomper en hiver n’empêche pas de créer une pression sur la ressource. La « substitution » pour chaque ferme qui irrigue se fait à partir d’un volume historique de référence très élevé qui peut, en réalité, créer des niveaux d’irrigation plus élevés qu’avant. Avec une pluviométrie parfois insuffisante et un rechargement des nappes de plus en plus tardif, la pression exercée par le remplissage des méga-bassines sur la capacité des milieux aquatiques à se renouveler est donc énorme. Or ce sont d’abord les nappes qui doivent se recharger en hiver afin d’alimenter le réseau hydrographique, renouveler les milieux aquatiques et infiltrer les sols.

La confusion entre méga-bassines et retenues collinaires est parfois délibérément entretenue sur le terrain. Les retenues collinaires sont des ouvrages de plus petite taille, perméables avec le milieu naturel, nécessitant des investissements beaucoup plus faibles et se remplissant avec de l’eau par ruissellement sans système de pompage.

Ce que les méga-bassines ne sont pas ?

Les méga-bassines ne sont pas des ouvrages qui se remplissent avec de l’eau de pluie

Contrairement à ce que répètent en boucle leurs promoteurs, les méga-bassines sont remplies principalement par des systèmes de pompage dans les nappes phréatiques et les cours d’eau. Il ne s’agit donc absolument pas de récupérer seulement une eau « qui tombe » mais bien d’aller chercher l’eau dans ses espaces naturels de stockage.

Les méga-bassines ne permettent pas de stocker de l’eau qui "de toute façon serait perdue"

Encore un mensonge : l’eau stockée dans les méga-bassines serait une eau en excédent l’hiver. Cette affirmation est un mensonge éhonté. L’eau stockée dans les méga-bassines est une eau qui se serait infiltrée dans les sols (et jusqu’à la nappe) ou aurait ruisselé dans les cours d’eau.

Souterraine ou courante, cette eau vient alimenter son cycle naturel et vivant et répond à divers besoins vitaux (sols, plantes, animaux) des cycles biologiques naturels, et ce jusqu’au milieu marin très dépendant de la quantité et de la qualité de l’eau douce. En la stockant on la prélève du milieu qui ne reçoit donc plus la quantité nécessaire pour répondre à ses besoins et à ceux de l’agriculture.

Par ailleurs, on la rend stagnante alors qu’elle était courante. Stagnante, l’eau s’évapore et sa qualité se dégrade (eutrophisation).

Les méga-bassines de permettent pas d’assurer la souveraineté alimentaire de la France

Au vu des volumes stockés, les méga-bassines alimentent en eau de grosses exploitations qui servent un modèle principalement exportateur ne participant pas à la souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire est assurée par une production agricole locale qui nourrit la population d’un territoire donné. La souveraineté alimentaire est aussi conditionnée au partage égalitaire de l’accès aux moyens de production pour les paysans et paysannes, ce qui n’est pas le cas des méga-bassines car elles accaparent l’eau pour une minorité. Enfin, la souveraineté alimentaire d’un territoire repose sur un projet démocratique permettant à sa population d’en construire collectivement les orientations. Or la manière dont s’implantent les méga-bassines est le symptôme d’une absence de gouvernance partagée autour des orientations agricoles d’un territoire.

Les méga-bassines ne sont pas rentables économiquement

Les méga-bassines sont énormément subventionnées à leur construction. Mais on sait que le coût de fonctionnement et d’amortissement d’une méga-bassine est difficile à rentabiliser avec un système de grandes cultures. La réalité économique du modèle agricole simplifié et spécialisé avec méga-bassines ne tient pas. Une illusion de plus pour un modèle qui nous envoie collectivement dans une impasse ou dans le mur.

Ce que les méga-bassines font à l’eau et aux paysan·nes

Les méga-bassines accaparent l’argent public

L’irrigation est largement subventionnée par un prix agricole de l’eau faible et par les subventions publiques pour des ouvrages et du matériel d’irrigation. Ces financements entraînent ainsi la privatisation de l’eau au profit d’une minorité de bénéficiaires. La distribution de ces aides n’est pourtant pas en accord avec les attentes de la société qui souhaite une agriculture préservant les ressources naturelles et relevant le défi climatique.

Et les citoyen·ne·s paient l’eau plusieurs fois : par les subventions diverses à l’irrigation et pour le traitement et la distribution de l’eau. Le coût des méga-bassines est démesuré pour une valeur ajoutée extrêmement limitée, il est donc scandaleux de faire payer tout le monde pour une poignée d’agriculteur·rice·s.

Les méga-bassines entraînent une privatisation de l’eau au profit d’une minorité

Plus les méga-bassines sont importantes, plus la ressource en eau est concentrée au même endroit. L’accès à la méga-bassine peut donc être compliqué. Il peut aussi y avoir tout simplement un refus d’autorisation de prélèvement, ces autorisations étant accordées par rapport à des références historiques qui ne sont pas réévaluées, certains bénéficiant de « droits à irriguer » très élevés au détriment des nouveaux installés. Arrivés « en dernier » l’autorisation de réaliser un forage peut leur être refusée.

Or pour éviter le prélèvement excessif d’un bassin tous les prélèvements devraient être revus afin de permettre l’installation de nouveaux paysan·ne·s. Ce n’est pas aux derniers qui s’installent de se retrouver dans l’impossibilité d’irriguer, d’autant plus que cela peut entraîner des refus de Dotation Jeune Agriculteur (DJA). L’eau faisant partie du patrimoine commun, cela devrait générer automatiquement un droit à l’eau. Mais en pratique la répartition ne s’organise pas. Les méga-bassines provoquent un partage inéquitable de la ressource en eau, dans un contexte où la ressource se raréfie.

Les méga-bassines provoquent des accaparements fonciers et une spéculation sur les terres

En plus de l’emprise foncière des méga-bassines, le développement de ces ouvrages entraîne une spéculation sur le prix des terres rendant de plus en plus difficile l’accès au foncier. Cette situation est problématique et d’autant plus regrettable qu’elle est créée par les subventions publiques qui financent ces ouvrages.

Les méga-bassines entraînent une perte de la qualité de l’eau et des milieux naturels

En plus de l’eutrophisation, les méga-bassines entretiennent un modèle qui recherche une augmentation permanente des rendements. Ces méga-bassines servent à l’agriculture industrielle (monoculture de céréales, élevage hors-sol) et poussent encore à une consommation accrue d’engrais et de pesticides.

C’est donc une eau chargée en substances chimiques qui réintègre le milieu. Par ailleurs, l’eau qui est pompée l’hiver est une eau qui ne viendra pas réalimenter les zones humides. Or ces zones se reconstituent l’hiver pour répondre aux besoins du milieu naturel. Sans recharge hivernale suffisante des zones humides et des sols, les fonctionnements écosystémiques de régulation sont impactés.

C’est donc toute la biodiversité qui est mise en danger par ces méga-bassines.

Quelques chiffres sur les mégabassines

La surface agricole irriguée représentait environ 6% de la surface agricole utile (SAU) en France en 2010. Les principales cultures irriguées sont le maïs (41% des surfaces irriguées) et les céréales (17% des surfaces irriguées). (source : eaufrance.fr)

 Dans la Vienne, dans le bassin versant du Clain, un projet prévoit la construction de 41 méga-bassines pour stocker 11,1 millions de m3 pour un coût total de 72 millions d’euros, pour 191 agriculteur·rice·s.

 En moyenne la surface d’une méga-bassine est de 8 ha. Les plus grandes peuvent aller jusqu’à 18 ha.

 Les territoires principalement concernés par les projets de méga-bassines sont la Nouvelle Aquitaine et les Pays de la Loire. Les régions Centre et Bretagne commencent à y être confrontées.

 Le projet de méga-bassines sur le bassin versant Sèvre Niortaise et Mignon cumule 70 % de financements publics pour un montant total de 52 millions d’euros d’investissements, soit 45 millions d’euros d’argent public. On retrouve la même proportion d’argent public pour le projet dans le bassin du Clain.

 Pour le projet Sèvre Niortaise et Mignon, ce sont 6 % des agriculteur·rice·s du territoire qui seraient raccordés.

 Dans le cadre du projet de méga-bassines sur le bassin versant Sèvre Niortaise - Mignon, environ 200 hectares seraient plastifiés.

 Dans le département de la Vienne, on retrouve les taux de nitrates les plus élevés dans les zones d’irrigation agricole du département.

Marketing : comment les "Projets de Territoires pour la Gestion de l’Eau" sont détournés comme alibi des méga-bassines

Un PTGE est « une démarche reposant sur une approche globale et co-construite de la ressource en eau sur un périmètre cohérent d’un point de vue hydrologique ou hydrogéologique. Il aboutit à un engagement de l’ensemble des usagers d’un territoire (eau potable, agriculture, industries, navigation, énergie, pêches, usages récréatifs, etc...) permettant d’atteindre, dans la durée, un équilibre entre besoins et ressources disponibles en respectant la bonne fonctionnalité des écosystèmes aquatiques, en anticipant le changement climatique et en s’y adaptant. [...] Le PTGE doit intégrer l’enjeu de préservation de la qualité des eaux (réductions des pollutions diffuses et ponctuelles). » (Extrait de l’instruction du 7 mai 2019 relative aux PTGE).

Un PTGE a donc vocation à permettre la « co-construction » avec le maximum d’acteurs d’un territoire pour la gestion de l’eau. Contrairement à ce que cherchent à obtenir les promoteurs des méga-bassines, un PTGE ne se met pas en place pour valider un projet de méga-bassine ! Un PTGE doit interroger l’ensemble des possibilités sur un territoire pour optimiser, répartir et préserver la ressource en eau. Les méga-bassines et les ouvrages de stockage en général peuvent être des outils parmi d’autres.

La Confédération paysanne des Deux-Sèvres a participé aux réunions pour la mise en place d’un protocole d’accord mais a refusé, à la fin, de le signer. En plus de toutes les critiques émises sur les méga-bassines, la Confédération paysanne 79 reproche au protocole de ne pas conditionner le raccordement aux méga-bassines à des changements de pratiques très concrets, comme une réelle baisse de l’utilisation des pesticides ou un plafonnement des volumes par UTH (unité de travail humain) pour un réel partage de l’eau.

D’après une documentation de la Confédération Paysanne

Voir aussi
 Mégabassines : les paysan·nes en première ligne des ravages de l’agro-industrie
 Eau et paysans : pour une autre irrigation

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