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Permaculture : un témoignage de mise en pratique
La ferme du collet : expérience permaculturelle : Le terme permaculture correspond souvent à un concept très large, vague et imprécis. Il nous parait intéressant d'exprimer à quoi cela correspond pour nous quand on l'emploie, à travers l'expérience que nous en faisons. Nous avons d'abord fait connaissance avec la permaculture avec Emilia Hazelip et la méthode d'agriculture synergétique, puis les livres de Mollison et Fukuoka et ensuite par des rencontres avec des lieux et autres expériences faisant référence à la permaculture. A la ferme du collet, où le projet peut être résumé à : un lieu de recherche et expérimentation en écologie appliquée, nous faisons aussi référence à cette notion de plusieurs manières.

le 8 février 2007

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La ferme du collet : expérience permaculturelle

Le terme permaculture correspond souvent à un concept très large, vague et imprécis. Il nous parait intéressant d’exprimer à quoi cela correspond pour nous quand on l’emploie, à travers l’expérience que nous en faisons.

Nous avons d’abord fait connaissance avec la permaculture avec Emilia Hazelip et la méthode d’agriculture synergétique, puis les livres de Mollison et Fukuoka et ensuite par des rencontres avec des lieux et autres expériences faisant référence à la permaculture.

A la ferme du collet, où le projet peut être résumé à : un lieu de recherche et expérimentation en écologie appliquée, nous faisons aussi référence à cette notion de plusieurs manières.

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La Permaculture

C’est d’une part un mot clé qui rappelle un état d’esprit, d’autre part il nous permet de résumer une liste de techniques précises notamment agricoles ( non labour, buttes, mulchage, cultures associées, zonage, plurifonctionnalités, minimiser les intrants..).On se sert de ce terme aussi comme référence à une source d’inspiration à travers les écrits connus dans ce domaine, celle-ci participe aux principes fondateurs de notre projet collectif ; enfin et surtout en référence à une culture sociale que l’on réinvente et se ré approprie dans un sens plus large.

Mais innover, réinventer, et faire des expériences techniques et culturelles conduit parfois à des erreurs de choix ou des malfaçons, ainsi qu’à des changements de cap liés à l’adaptabilité laquelle est ici un moyen mais aussi une fin. Cela peut laisser une impression de chaos ou de manque de planification au visiteur critique.

Un état d’esprit :

Les choix sont faits en ayant toujours conscience de l’impact sur l’environnement, à plusieurs niveaux : immédiat comme le cadre de vie visuel, le voisinage, la biorégion et bien sûr la planète.

Les processus vivants, biologiques sont favorisés par rapport aux processus techniques, technologiques, puis ce sont les basses technicitées qui sont privilégiées mais toujours dans le sens de l’autonomisation.

Exemples :
la clôture végétale par rapport à une clôture métallique ou même en bois, les animaux auto nourris plutôt que nourris, le thermosiphon plutôt que la pompe, un ombrage de plantes vivantes et tant qu’à faire nourrissantes, les activités de production d’autosuffisance en vendant les surplus plutôt que la spécialisation.

La récupération, le recyclage, la réutilisation sont toujours des solutions favorisées.

Les expériences traditionnelles peuvent être de grand secours quand on se retrouve désarmés ou incapables de faire un choix ; par principe de précaution car elles ont souvent fait preuve de pérennité.

Les choix ayant plusieurs rôles couvrent plusieurs besoins et s’expliquent par plusieurs raisons( on dit trois habituellement dans les documents sur la permaculture).

Source d’inspiration :

C’est en priorité dans les expériences connues ou les documents sur la permaculture que nous recherchons des informations ou techniques lorsque la connaissance nous manque pour un nouveau projet.

La création d’une culture holiste

Mais c’est aussi, pour nous, la cocréation de nouvelles bases culturelles d’ une société de la permanence (ou plutôt de la durabilité écologique), d’une manière intentionnelle, où tous les domaines de la vie sont liés et interdépendants, sans compartimenter, c’est à dire une vision holistique de la vie.

En ce sens il s’agit d’une planification écologique de sa vie en tant qu’ individu, de la communauté à laquelle on appartient, du terroir qu’on habite physiquement, de l’environnement socio-économique où l’on se situe. Le tout explique les parties comme dans les processus vivants.

Les choix dans divers domaines sont intégrés, symbiotiques pour certains, ont un sens entre eux et s’expliquent par une cohérence écologique.

Quelque soit le domaine d’application que l’on observe, les choix qui en découlent en aval ou ceux en amont peuvent être vus aussi bien comme une cause que comme une conséquence.

Comme un puzzle ou chaque pièce a sa place mais où ce sont aussi les autres pièces (ou le reliquat de place) qui déterminent la forme de la pièce.

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Par exemple : l’alimentation
Des choix alimentaires différents peuvent expliquer les choix de mode de vie, comme le besoin de produire soi-même sa nourriture pour être sûr de la qualité, dans un environnement isolé exempt de pollution.

L’autosuffisance alimentaire peut d’ailleurs aussi s’expliquer par nécessité économique.

Mais le mode de vie plus isolé avec peu de technologie, peu d’énergie explique, elle aussi, l’orientation vers un régime alimentaire particulier qui devientalors une nécessité.

Autre exemple qui est lié : la vie professionnelle

Le choix de sortir d’un système de vie professionnalisé, compartimenté, ne permettant pas d’avoir de temps pour soi ou pour d’autres activités, induisant des cercles vicieux de servitudes et d’hétéronomie peut expliquer nos modes de vie. Mais dans un second temps une fois l’alternative mise en place le retour à une professionnalisation devient impossible comme dans le cas de l’alimentation, car le peu de moyens énergétiques, technologiques, une certaine marginalisation culturelle, empêchent un mode vie professionnalisé.

Aussi : l’éducation des enfants

L’éducation des enfants dans leur milieu, c’est à dire proches ou intégrés au lieu d’activité des parents où d’autres adultes sont présents, et non pas compartimentés dans un monde scolaire, classés par âge où des notions scolaires sont parachutées et arrivent comme un cheveu dans la soupe ; est aussi bien un choix pour les raisons citées qu’une nécessité due à leur alimentation (« particulière » parmi des alimentés « artificiellement ») ainsi qu’à notre souhait d’éviter les longs trajets de montagne prenant du temps et de l’énergie (physique et pétrolière).

Permaculture humaine et sociale

Cette culture appliquée à une communauté d’êtres humains nécessite aussi d’arrêter de déléguer les affaires publiques en prenant en charge et en assumant la responsabilité d’espaces communaux recréés par le projet collectif.

Ainsi se ré approprier la corresponsabilité d’affaires communales c’est rendre locales des affaires publiques qui ont été soit déléguées à un pouvoir d’état centralisé, géographiquement éloigné de la zone concernée soit volé par des autorités. C’est assumer son rôle politique localement dans sa société humaine.

Choisir de se regrouper en communautés humaines intentionnelles avec une culture préexistante ou à construire, homogène, avec des protocoles de fonctionnement collectifs et des règles d’usages prévues ; c’est planifier la ré appropriation de la sphère politique ; outre un accès au foncier plus facile du fait d’un budget global plus important, ce qui rabaisse notablement le prix à l’hectare pour chacun.

La ferme du collet est structurée juridiquement en SCI qui est propriétaire des terres et du bâti. Les habitants, ainsi associés juridiquement, sont tous corresponsables du foncier avec des pouvoirs de décision égaux et des investissements financiers égaux. Les décisions à l’unanimité obligent chacun à tenir compte de son voisin et personne ne peut se voir imposé quoi que ce soit. Un nouvel arrivant, c est à dire un nouveau voisin pour certains ne peut être que coopté par les habitants.

Les chemins, micro-sphère publique, entre deux maisons sont forcément gérés par la SCI donc par tous, on ne peut se décharger de ses responsabilités de gestion habituellement délégués aux Directions de l équipement par exemple. On réduit ainsi l’intervention d’institutions supposées démocratiques mais en réalité souvent étrangères et peu transparentes. Aussi, personne n’est propriétaire directement de la terre ce qui limite le jeu de la spéculation foncière, désastre pour la pérennité de nos sociétés et pour la nature.

Cet aspect illustre jusque dans quels domaines socio-économiques peut se construire une permaculture selon nous et à quel point sont imbriqués les domaines de réflexions pour organiser un mode de vie qui nécessite une planification globale.

Du côté des toilettes sèches

Enfin, les toilettes sèches n’ont rien d’extraordinaire en apparence pour les anciens qui ont toujours connu la cabane au fond du jardin. La différence majeure est dans l’intentionnalité, dans le fait que c’est un choix conscient et non hérité, outre quelques progrès techniques.

Dans la cabane au fond du jardin, le compostage parfois ne se faisait pas correctement par manque d’apport de carbone et n’avait pas forcément comme but de récupérer du compost, mais plutôt d’éloigner les déchets de la maison (même si la « force des choses » fait qu’on finit par devoir vider le toilette quand il est plein par exemple en étalant sur la terre cette matière transformée en terreau, le cycle étant alors réalisé mais par défaut).

De plus, ce qui peut sembler comme des détails : l’accès facile au compartiment des matières et, éventuellement, le double compartiment pour laisser composter in situ et manipuler uniquement du compost fini pendant que l’autre se remplit, sont autant de preuves de l’existence d’une planification intentionnelle dans un but précis, dans le cas des toilettes sèches il s’agit du cycle des nutriments , faisant partie mais aussi nécessaire à un tout.

Avant l’installation des réseaux d’eau potable et l’utilisation des toilettes à chasse, la cabane était utilisée souvent par défaut et pas spécialement pour ne pas gâcher de l’eau propre.

L’apport essentiel de la permaculture

Cela montre que des procédés peuvent sembler similaires en apparence : qu’« on réinvente le fil à couper le beurre » et on peut se demander qu’apporte la permaculture ?

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Emilia Hazelip à la ferme du Collet

L’innovation majeure selon nous réside dans l’intentionnalité mentale.

Cela ne veut pas dire que cette intentionnalité soit plus evoluée que la spontanéité d’autrefois, elle est semble-t-il simplement nécessaire pour effectuer un renversement des tendances culturelles en ces temps de société postmoderne, pour revenir à l’homéostasie présente dans les cultures vernaculaires et modes de vie précivilisationnels.

par Bertrand Ollivier et Katia Huot
Photos par Jean Luc Girard - Passerelle Eco


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