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Les Toilettes Sèches de Marie Lacoste

le 26 juin 2014

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Les Toilettes Sèches de Marie Lacoste

Je suis tombée amoureuse des toilettes sèches (mais pas dans leur “ bras ”. je te rassure !) lors d’une conférence par Anne Riviere. C’était au tout début de l’Association Eau Vivante et dont la Présidente était Anne Rivière (Si. si...) Donc quelle année ? 1997 ou même 96.

Fabrication des toilettes sèches

Rentrée à la maison, avec mon compagnon, qui travaille le bois à temps perdu, nous ayons scié un tonneau de 60 cm diamètre et que j’ai enduit d’huile de lin puis de vernis à l’extérieur. Après le dessus, avec du contre-plaqué marine de 2 cm d’épaisseur que nous avons découpé en épousant la forme du tonneau, tout en laissant un rebord de 7 cm de large sur le devant.

Pour le trou, appelé je crois “ lunette ” et à l’aide d’une scie sauteuse, nous avons découpé un cercle de 29 cm diamètre à 7 cm du bord extérieur sur le devant de notre future toilette sèche. Bon mais O.K. mais comment mettre et enlever le seau de l’intérieur du tonneau ? Car pas question de faire directement dans le tonneau. Rien de plus simple, deux charnières un coup de scie à 20 cm du bord extérieur sur l’arrière du tonneau. Cela fait un abattant à soulever pour mettre ou enlever le seau. Génial ! Reste le couvercle pour boucher le tout ou le trou, l’abattant du toilette. Alors quand je vous dis que j’en suis tombée amoureuse... avec deux autres charnières, nous l’avons fait en forme de ... cœur.

Le seau et les premiers essais

Avec impatience j’ai attendu le mercredi, jour du marché où je pensais bien trouver le seau idéal pour mon toilette : très large et d’une bonne hauteur pour mon tonneau. Effectivement il y en avait un à ma convenance de ......litres. Impeccable !

Arrivée à la maison, mon mélange feuilles mortes et copeaux étant prêt, le seau en place, il ne me manquait plus qu’à attendre l’envie. Tellement impatiente, elle n’a pas tardée à se faire sentir. Et j’ai pu essayer. Terrible. J’étais très enthousiaste.

Comment les toilettes sèches ont convaincu le enfants

Rester à convaincre le reste de la famille, dont les enfants (12, 8 et 6 ans). Ceci a été facilité par le fait que nous avions des toilettes peu accessibles : sous l’escalier (1m30 de hauteur : attention à la tête !), où il fallait se déshabiller avant et rentrer à reculons (attention au poteau !), puis tirer la porte à soi... qui avec la meilleure volonté restée entrebaillée de 10 bons cms. Je ne vous raconte pas le sport pour s’essuyer !

Donc là c’était le luxe, on pouvait rester debout et avec une porte qui ferme (pas à clé, mais c’était superflu). Bon point pour l’acceptation de ce nouveau système.

Après on faisait dans un seau avec des copeaux, moins évident, ça ne fait plus “floc” (comme avant ou comme chez les copains) mais “ploc” (comme chez... personne) et ça c’est plus dur.

Mais c’était ça ou bien sous l’escalier, alors bon gré mal gré, la toilette sèche a été acceptée par les enfants.

Pourquoi les toilettes sèches ?

Evidemment la première chose à prendre en considération, c’est l’économie d’eau car comme nous l’a fait savoir Anne Rivière lors de sa conférence “ 37% de l’eau utilisée dans les foyers part dans la chasse d’eau ”.

La plus grosse crainte : les odeurs. Évidemment comme dans toute toilette, le “parfum” est là à votre sortie, chasse tirée ou copeaux déposés. Mais cette odeur ne persiste pas comme si on avait tiré la chasse.

Le deuxième souci : comment vider le seau ? Nous avons installé 3 palettes en U pour pouvoir vider, stocker et laisser en compostage toutes nos déjections, ainsi qu’un tas de paille à disposition pour pouvoir recouvrir comme pour le compost de cuisine.

Voilà, mon seau une fois plein de tous nos trésors familiaux, prêts à être transformés utilement, je l’ai vidé, et munie d’une fourche je l’ai recouvert généreusement de paille pour éviter toute odeur, ainsi que les assauts des intempéries. Munie d’une balayette de toilette, avec de l’eau de pluie que je récupère, j’ai rincé mon seau que j’ai pu remettre en service aussitôt. Génial. En 10 mn, l’affaire est réglée, opération bien plus agréable que d’avoir à plonger la tête dans la cuvette des WC pour la nettoyer !

Mais pourquoi composter nos déjections ?

“ Le recyclage optimum de nos déchets solides et liquides, correctement gérés représentent un atout, voir même une ressource, pour sortir de la crise fort préoccupante des sols dénaturés qui menace notre économie agricole ” nous explique Anne.

“ La nature, dans sa simplicité, a enseigné aux hommes que le déchet organique est toujours la nourriture, la ressource d’un autre. Sur ce principe de chaîne alimentaire repose le fondement même de la vie. Permettre à cette loi de s’exprimer conduit à l’abondance. L’enfreindre conduit aux nuisances que nous connaissons, car inconsidérément gérés, nos déchets nous reviennent comme un boomerang en détériorant notre santé et notre qualité de vie.

Examinons comment la nature valorise ses déchets en conditions naturelles.

Au sein d’une forêt, par exemple, les feuilles tombent en automne, sont décomposées par les bactéries et micro-organismes du sol et donnent un humus stable qui nourrit les arbres ; c’est ainsi que fonctionne un tas de compost. La décomposition de la matière organique solide se fait grâce à l’action des bactéries aérobies. Il est nécessaire de brasser de temps en temps le tas de compost pour l’oxygéner.

Définition d’une toilette sèche.

Une toilette sèche se différencie d’une toilette à chasse d’eau par le fait qu’elle n’utilise pas d’eau. A la place, on recouvre les déjections d’une litière sèche généralement carbonée. Tout ce qui est disponible localement convient : sciure de bois, copeaux, paille ou foin séché et broyé, chanvre en paillettes, balle d’avoine... Certaines personnes utilisent aussi de la terre végétale.

Le marché grandit pour les toilettes sèches, surtout dans les pays nordiques et anglo-saxons en raison de la pression environnementale et des économies d’eau substantielles engendrées. Il y a donc une multitude de marques, surtout étrangères, qui sont prêtes à envahir le marché français dès que nous aurons dépassé nos tabous et révisé nos notions très discutables de confort dans ce domaine. La plupart de ces toilettes sèches restent des modèles relativement coûteux et consommateurs d’énergie mais certaines ont le grand avantage de pouvoir être utilisée en ville.

Notre raison d’utiliser des toilettes sèches réside dans le fait qu’aujourd’hui, l’écobilan de la chasse d’eau est largement négatif et celui de la toilette sèche très positif. Nos déjections sont toujours constituées d’azote, de phosphore et de carbone. Ces éléments ont des cycles terrestres et doivent être rendus à la terre pour l’enrichir. C’est donc un non-sens écologique sans précédent que de mêler des déjections humaines ou animale à l’eau. Cette mauvaise gestion de la matière organique est la source de bien des dégradations de nos écosystèmes aquatiques et de nos eaux souterraines, et un manque à gagner désastreux pour nos sols maintenant en voie de désertification. La toilette sèche a entièrement sa place dans le concept global de développement durable.

Pour que l’utilisation d’une toilette sèche soit accessible à tous. Eau Vivante a décidé, dès 1997, de promouvoir le principe de la toilette à litière biomaîtrisée mise au point par Jozsef Orszagh, une toilette que chacun peut se fabriquer à peu de frais. Cette toilette est plus facile à utiliser à la campagne bien que certains amis, tout comme Jozsef, l’utilise en ville et font un compost dans leur petit jardin (3 à 4 m² suffisent...).

Nos toilettes sèches.

Le principe est très simple : il suffit d’encadrer confortablement un seau et de se procurer de la matière sèche fine qui sera utilisée comme litière après chaque usage. On met aussi le papier hygiénique dans la toilette, c’est du carbone. Vous pouvez avoir de la sciure de bois gratuite auprès des scieries qui ne savent qu’en faire. Une seule chose a se rappeler est ne pas utiliser de bois traité ou exotique afin de ne pas récupérer un compost toxique ou compostant difficilement pour la terre.

Nous avons construit plusieurs modèles de toilettes sèches, en général rondes ou ovales, et organisé des stages où l’on peut se construire sa propre toilette. L’avantage de ces toilettes, c’est qu’elles se placent n’importe où dans la maison, même près du lit d’une personne âgée et souffrante... et ça ne sent pas... mais il faut le voir, l’essayer au moins, pour le croire. Pour les grandes manifestations, nous avons fabriqué des dessus de toilette à encastrer sur de grandes poubelles noires, le tout sous une jolie tente à ossature de bambou. A la suite de notre initiative, une centaine de famille au moins ont décidé de ne plus utiliser que des toilettes sèches, pour avoir la disponibilité d’un bon compost et par conscience écologique d’abord, puis par plaisir d’un autre confort au quotidien. C’est un réel confort, discret la nuit (et même le jour)... “ ça ne fait pas de bruit sur la sciure ” dont on a du mal à se passer après !...

Le seau peut être vidé sur le carré de compost, avec les épluchures de légumes et les déchets du jardin. Une fois plein (6 mois pour une famille de 5 personnes), le tas est sorti à la fourche, ce qui l’oxygène, et disposé en andin en y mélangeant en alternance des couches d’orties et de consoudes fraîches et aussi un peu de fumier de ruminant pour l’activer. Chaque couche est arrosée et l’andin est recouvert d’une couche de paille de 20 cm d’épaisseur.

Le tas va mûrir encore un an avant d’être utilisé.

Un compost bien fait, à base de fumier humain, ne présente aucun risque pour être utilisé dans le jardin potager. Toutefois, on peut réserver son utilisation pour fertiliser les arbres et les massifs de fleurs si on le sent mieux ainsi.

C’est un enjeu crucial pour le devenir de l’humanité que de continuer à promouvoir l’usage de la toilette sèche en France et dans les pays en voie de développement où des épidémies dévastatrices n’ont pas d’autre origine que les eaux souillée par les déjections humaines.

Vous voilà convaincu d’utiliser, ou du moins d’essayer, les toilettes sèches... Carline peut vous y aider, ayant fait l’acquisition de deux toilettes sèches, et se propose de les mettre à votre disposition, à votre convenance.

Pour cela venez en parler avec Marie. Si vous désirez plus de renseignement sur ce sujet, vous pouvez également contacter le relais de l’association Eau Vivante le plus près de chez vous.


Cet article de Marie Lacoste, adhérente d’Eau Vivante et de la Carline est paru en novembre 2003 dans le numéro 13 de l’Effet Papillon, la revue de l’association Carline et de la Coopérative Bio Comminges.

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Les revues Passerelle Eco ont abordé le thème de la phytoépurations, sous des angles théoriques pour commencer, puis de manière pratiques pour aider à leur mise en place de bonne manière, et enfin par des exemples concrets de réalisation.

La revue Passerelle Eco n°16 a publié les bases théorique pour une bonne gestion écologique des eaux usées :
 Contextes et principes de la phytoépuration
 Eléments de dimensionnement.
 Nécessité des toilettes sèches
La revue Passerelle Eco n°26 présente en détail 2 installations économiques réalisées par des autoconstructeurs, avec shémas et indications pratiques pour récupérer les matériaux.
 La phyto de Louis
 La phyto de la ferme du Collet
La revue Passerelle Eco n°18 présente les aspects les plus techniques de l’installation, de la création et mise en place des différents composants, de l’anatomie des bassins, ainsi que quelques associations ressources. Vous pouvez commander un lot de 5 anciens n° au prix de 20€ à l’ordre de :


Passerelle Eco,
Corcelle
71190 La Chapelle sous Uchon



ou 20€ par carte bancaire (Indiquez votre choix d’anciens numéros "lot phyto" dans la zone de saisie pendant le paiement.)

Dans Passerelle Eco n°28 nous présentons simplement la manière, pendant l’hiver, de protéger du gel les bassins pour éviter leur explosion ... et pour protéger leurs habitants les poissons ! La revue Passerelle Eco n°30 présente les plantes les plus adaptées au coeur d’une phytoépuration et leur plantation : Rôle indirect des plantes, choix des espèces et conseils de plantation.

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