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Mémoire de Master d’Ethnologie

le 30 juin 2010

Autonomie et diffusion

Séjour de deux semaines à Carapa (2010)

Quand je demande à Olivier quels sont ses actes politiques, il me répond simplement : "Tout ce que je fais est politique". Il a parfois participé à des manifestations contre les OGM ou le nucléaire. Aujourd’hui toutefois, il n’est pas dans une phase de contestation ou de revendication militante, mais dans la construction d’alternatives. Comme il le dit avec fierté :

"Le meilleur moyen d’être antinucléaire est de ne pas utiliser le nucléaire au quotidien, et donc ne pas être relié à EDF..."

Réseaux

Les habitants de Carapa développent au quotidien leur autonomie par rapport à la société de consommation. Ils participent à la décroissance en consommant moins, localement et autrement, et en produisant eux-même. Olivier se revendique lui-même comme décroissant. Il entretient d’ailleurs des rapports avec différents réseaux alternatifs.

Le siège du RFEV (Réseau Français des Ecovillages) se trouvait à Carapa, ce qui lui a permis d’entretenir des rapports réguliers avec d’autres écolieux. Le réseau s’est éparpillé au fur et à mesure et c’est essentiellement par la revue Passerelle Eco que Carapa participe désormais au milieu alternatif. Olivier connaît bien Jean-Luc de Passerelle Eco et ce dernier, sachant que je me rendais à Carapa, m’a donné à mon départ une caisse de journaux de Passerelle Eco et de Décroissance à son attention pour qu’il les vende ensuite dans les foires et salons biologiques.

Les foires sont aussi l’occasion pour Olivier de diffuser des informations sur Carapa. Si les clients sont souvent des citadins bourgeois ou des simples touristes peu réceptifs, il y rencontre de nombreux producteurs et exposants vivant et produisant de manière alternative ou traditionnelle. Il lui arrive aussi d’intervenir dans des conférences sur les salons les plus importants. Il prépare d’ailleurs une conférence sur la permaculture pour le salon Primevère, le plus important salon d’écologie alternative à Lyon.

Médiatisation

L’adresse du lieu ainsi que le numéro de téléphone sont inscrits sur de nombreux sites Internet et guides écologiques. Outre Passerelle Eco qui suit régulièrement les évolutions de Carapa, plusieurs revues se sont intéressées à Carapa : "La Maison Ecologique", "Bio-Contact", "L’Ecologiste", ou encore "Terre Sauvage". Cette dernière fut la seule mauvaise expérience avec les médias. L’article rédigé par la journaliste devait s’appeler "Carapa, un cercle de vie", mais pour les rédacteurs en chef, "ça allait trop loin", des individus qui vivaient d’une telle manière ne pouvaient être que des marginaux repliés sur eux-même. Le titre fur donc changé par la rédaction en "Carapa, un cercle très restreint", malgré le combat de la journaliste qui, elle, s’était rendue sur place.

Si Olivier a accepté de témoigner pour des journaux écologistes, il a refusé les quelques émissions de télévision qui voulaient étudier un phénomène de foire : "Vis ma vie", "les conneries à Delarue", etc... Il n’est pas sans dire qu’au-delà du regard stigmatisant des médias populaires, les habitants de Carapa ont souffert au quotidien de cette marginalisation institutionnelle au sein des milieux scolaires, familiaux ou professionnels.

En voulant vivre différemment, on s’expose au regard des autres. La solution qu’adoptent beaucoup d’écolieux est de soi-même s’exposer, d’aller vers les autres pour expliquer leur différence. La portée pédagogique de Carapa est fondamentale. Nous avons vu précédemment que si les activités "professionnelles" des habitants se déroulaient en partie sur le site, elles étaient toutes intimement liées à un rapport avec l’extérieur.

Pédagogie de l’autonomie

Les expérimentations de Carapa sont destinées à être partagées, elles n’ont pas qu’une valeur en soi. Le but de ses habitants n’est pas l’autarcie mais l’autonomie, ce qui implique un certain retrait par rapport à la société moderne, mais surtout une ouverture, une curiosité vers ce qui est différent, original, ce qui présente des formes d’alternatives.

Ceci implique des stratégies d’ouverture d’une richesse à laquelle peu de gens peuvent prétendre. Qui inviterait quelqu’un qu’il ne connaît pas à habiter chez lui pendant plusieurs semaines ? Carapa a beau être un lieu collectif, il n’en est pas moins un endroit où résident plusieurs personnes, qui se tiennent donc disponibles tout au long de l’année pour recevoir des visiteurs.

La pédagogie de l’autonomie que propose Carapa a une portée politique, expérimenter et diffuser des pratiques saines et écologiques ; elle répond dans le même temps à un exigence fondamentale pour la construction d’une vie alternative épanouie. L’organisation du quotidien alternatif nécessite l’intervention permanente d’acteurs venant de l’extérieur. Stages et chantiers répondent souvent à des besoins précis.

Olivier a organisé un chantier pour construire une douche, ainsi que des stages sur la permaculture, mais les marchés et les foires lui prennent désormais toute son énergie. Fabienne, elle, est en pleine construction de sa maison, qu’elle espère habiter à partir de l’été 2005. Pour cela, elle a besoin de "main d’oeuvre" et de personnes possédant certains savoirs-faire pratiques. Elle a donc publié une annonce dans Passerelle Eco pour poser les murs en paille et faire la vannerie de son toit.

Carapa a aussi organisé pendant l’été 2004 une semaine "portes ouvertes", où une cinquantaine de personnes sont venues. Sylvaine, la fille d’Olivier, me raconte un souvenir très intense qu’elle garde d’une de ces journées : Fabienne jouait du koto, un instrument à corde japonais, les visiteurs étaient allongés en étoiles, près d’une cascade, et les enfants, dont Sylvaine, s’appliquaient à leur faire des massages aux huiles parfumées.

Si pendant l’hiver, les visites se font rares et les activités plus difficiles, la vie de Carapa s’épanouit avec l’arrivée de l’été ; c’est le temps des récoltes et des repas fraîchement cueillis, des baignades dans les bassins et des plongeons dans les cascades, des siestes dans les hamacs, et des nuits à chanter à la belle étoile.


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Ecolieux, Ecovillages et Alternatives écologiques
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Je nourrissais une aspiration à la vie sauvage et à des pratiques proches de la nature, sans savoir que des concrétisations existaient. Je faisais alors des études de sociologie, sans savoir si j’allais continuer. Suite à un séjour à Carapa, j’ai rencontré un ethnologue qui m’a donné l’idée de lier mes 2 passions et de faire une étude sur les écovillages et les éco-alternatives ! C’est ce que j’ai fait...

Après de nombreuses découvertes, voici le fruit de ces années de recherches.

Mon mémoire s’intitule "Une initiation à l’éco-alternative : expérimentations et constructions de réseaux, des éco-lieux de France au WWOOF de Nouvelle-Zélande".

Plus sobrement, je pourrai l’appeler : "Mon initiation aux éco-alternatives".

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