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Mémoire de Master d’Ethnologie

le 8 décembre 2008

Mouvances alternatives : utopies

Mon Initiation aux Eco-Alternatives

Extrait du mémoire "Mon Initiation aux Eco Alternatives"

L’utopie prend forme dans l’imaginaire d’une altérité radicale et par la mise en pratique collective (ou communautaire) de principes opposés à l’ordre institutionnel. Si par définition elle est un non-lieu [1], qui ne prend pas place dans le système existant, l’utopie inspire pourtant des concrétisations.

Petite histoire de l’utopie

De l’île d’Utopie de More, au phalanstère de Fourier, en passant par des oeuvres plus contemporaines comme les "TAZ" d’Hakim Bey ou "Bolo’bolo" du mystérieux P.M., l’imaginaire utopique a souvent trouvé ses sources dans l’esprit des écrivains et auteurs qui inventent des expériences historiques, lieux communs ou mythiques de l’utopie : elle est d’abord l’oeuvre d’initiateurs, de pionniers.

En se penchant sur ces différents modèles, force est de constater que chaque utopie est bien le reflet d’une époque historique à venir, elle « préfigure » la société de demain (A.Micoud, 1976). Aucune n’a de valeur, pour nous, sans sa contextualisation, son inscription dans un temps donné, et dans un espace, quant elle est mise en pratique.

Le concept d’"utopie" émerge pendant la Renaissance, époque de profusion du savoir et d’expérimentations intellectuelles et techniques. Thomas More, humaniste au temps d’Erasme, est comme celui-ci un des précurseurs du communisme. Il émet des critiques profondes sur la monarchie et imagine une organisation communautaire fondée sur l’équité et la liberté. Il prône le renoncement à la propriété privée par la mise en commun des biens, la liberté religieuse ou encore que chaque famille produise ses propres vêtements et sa nourriture. L’utopie naît comme un non-lieu, dans le rêve d’une communauté parfaite.

Deux siècles plus tard, Fourier établit un autre modèle historique de l’utopie : il imagine un lieu où les travailleurs vivent dans une espace organisé collectivement, le phalanstère. Il a l’espoir de mener un projet pilote et prépare minutieusement (mais en théorie) l’expérimentation d’un lieu utopique.

Fourier émet quantité de principes sur les conditions d’expérimentation de son utopie. Car au-delà du travail idéologique d’une recherche d’amélioration des conditions d’existence et de l’harmonie, c’est la portée exemplaire de son oeuvre qui peut nous intéresser. En créant quelques lieux expérimentaux, il pense ainsi que l’utopie mise en pratique se diffusera dans une plus grande ampleur que par la simple émission de l’idée. S’il fonde une Ecole Sociétaire chargée de réaliser ses théories, celle-ci ne connaîtra pas une très grande réussite et c’est bien plus tard que ce qui peut apparaître comme une concrétisation de l’utopie fouriériste naîtra avec Godin de Guise.

Godin invente les poêles de chauffage en fonte et devient un chef d’entreprise chevronné. Il décide alors de réaliser le rêve que lui a inspiré Fourier : construire un palais social pour ses ouvriers, le familistèredans l’optique "d’améliorer les conditions matérielles de vie des ouvriers afin d’élever leurs ambitions morales". Il s’agit plus que d’une simple maison, d’une véritable petite société avec un théâtre, une école, une bibliothèque, lavoir, piscine, etc... Godin offre à ses ouvriers l’accession à un mode de vie bourgeois, et en cela il leur offre un "capital social".

La théorie visionnaire de Godin est bien de reconsidérer le rapport entre famille et travail, ce qui préfigurera le paternalisme de l’ère industrielle. Il anticipe non seulement la problématique de la reproduction sociale mais en donne en plus une réponse, en son temps, en constituant une micro-société égalitaire où les différences sociales de l’entreprise sont redistribuées à partir du modèle familial.

Quelles sont les utopies d’aujourd’hui ?

Les lieux de vie expérimentaux ont en partie rejeté le caractère utopique de leur réalisation. Il existe toutefois plusieurs fortins utopiques en France, se réclamant de cet "idéal de l’utopie", qui sont pour la plupart nées de 1968. On peut citer la Nef des Fous et Longo Maï qui, bien que fonctionnant très différemment, réunissent un ensemble de caractères qui les relie à la conception de "communautés utopiques" : un idéal politique et une organisation du quotidien structuré par cette vision.

Les communautés de l’Arche sont un autre exemple tout à fait atypique de communautés utopiques. Créées dans les années 30, elles développent des activités d’autosubsistance assez nombreuses (autosuffisance en lait, fromage, pain, en partie légumes, etc...) tout en revendiquant une appartenance à la religion catholique et l’héritage de Gandhi. Elles ont été fondées par un "initiateur" charismatique, Lanza del Vasto, adepte de la non-violence et de la simplicité volontaire.

Je ne m’aventurerais pas dans l’examen approfondi de ces tentatives pour ne pas les avoir expérimentées. Il convient cependant de marquer la différence entre éco-lieux et communautés utopiques : c’est que ces dernières se réfèrent à un cadre idéologique de l’utopie, une culture (communautaire) de l’utopie, qui n’existe pas de manière aussi marquée dans les éco-lieux plus récents.

Olivier, habitant de Carapa, souligne une nette distinction entre la dynamique des éco-villages de laquelle il se réclame, et celle des communauté de l’Arche ou des coopératives de Longo Maï, qui constituent des réseaux alternatifs différents. L’époque actuelle est sans doute plus favorable aux expérimentations pragmatiques qu’à la revendication d’un modèle structurel.

C’est ce mouvement que nous retrouverons par la suite avec l’avènement de la notion d’autogestion au sein des mouvement communautaires, qui vient en quelque sorte se substituer à - ou faire renaître sous une autre forme - les expériences utopiques, basées elle aussi sur une recherche, quoique plus encadrée, de l’autonomie [2].

Pour illustrer la continuité de l’utopie, on peut reprendre une vision de Mannheim (1929) de la construction historique : "Que, des conditions déjà données, de nouvelles pensées prennent nais­sance, et que les pensées donnent naissance à de nouvelles conditions, voilà l’œuvre des hommes." L’utopie est produit de son temps, et précurseur d’un temps à venir.

Notes

[1utopie : du grec u et topos = sans lieu

[2autonomie : du grec auto et nomos = s’autonommer, se trouver un nom, tel qu’écovillage, écohameau


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Je nourrissais une aspiration à la vie sauvage et à des pratiques proches de la nature, sans savoir que des concrétisations existaient. Je faisais alors des études de sociologie, sans savoir si j’allais continuer. Suite à un séjour à Carapa, j’ai rencontré un ethnologue qui m’a donné l’idée de lier mes 2 passions et de faire une étude sur les écovillages et les éco-alternatives ! C’est ce que j’ai fait...

Après de nombreuses découvertes, voici le fruit de ces années de recherches.

Mon mémoire s’intitule "Une initiation à l’éco-alternative : expérimentations et constructions de réseaux, des éco-lieux de France au WWOOF de Nouvelle-Zélande".

Plus sobrement, je pourrai l’appeler : "Mon initiation aux éco-alternatives".

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