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Mémoire de Master d’Ethnologie
Lieux de vie alternatifs (suite 2) :

le 4 septembre 2010

Lieux de vie alternatifs (suite 2)

6 mois de WWOOF en Nouvelle-Zélande

La famille White

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Chris, le père, a vécu dans une communauté pendant plusieurs années à Coromandel. Lorsque je lui explique que j’étudie l’éco-alternative, il me raconte que toutes les décisions étaient prises à l’unanimité et au final, rien n’était réalisé. Les fondateurs sont partis et le fonctionnement est maintenant plus individualiste. Selon sa propre expérience, il affirme que des individus, un couple, une famille peuvent parfois réaliser beaucoup plus de choses qu’une communauté. Chris a ensuite été horticulteur et travaille aujourd’hui pour le parc naturel.

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Avec Trish, sa femme, ils ont acheté le terrain il y a 16 ans. C’était un véritable désert, les arbres ayant été tous arrachés par les précédents propriétaires, le prochain voisin étant à 10km, et la ville la plus proche, Reefton, à 50km. Chris et Trish ont volontairement choisi un lieu très reculé pour pouvoir mener un mode de vie simple, rural, éloigné des tentations matérialistes de la ville. On ne trouve aucun supermarché dans les environs... mais pas non plus d’école, ni même de réseau d’énergie. La famille White a ainsi choisi de construire son quotidien de manière complètement autonome.

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Chris a suivi un stage de construction pour réaliser de ses propres mains sa maison. Il a utilisé très peu de machines, un maximum de matériaux de récupération, et un ami architecte a dessiné avec lui les plans de la maison. Avec Trish sa compagne et Daniel leur premier enfant, ils ont vécu pendant cinq ans dans un housebus (bus aménagé pour y vivre), le temps de construire la maison.

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La famille White me semble vraiment vivre -ce qu’on appellerait en France- "la décroissance" au quotidien, et ils revendiquent d’ailleurs l’héritage idéologique d’intellectuels comme I. Illitch. Ils utilisent l’eau de la rivière, l’énergie solaire couvre la totalité de leurs besoins, hormis pour une très ancienne machine à laver fonctionnant à l’aide d’un générateur. Ils n’ont pas de réfrigérateur, préservant les produits périssables dans un endroit frais, et n’ont pas non plus de four, ce qui ne les empêche pas de cuisiner quantité de gâteaux et même le pain quotidien à la poêle.

Les enfants suivent des cours par correspondance, mais selon leur volonté, ils vont à l’école de Reefton une fois par semaine. Si le fait de ne pas aller à l’école était un moyen pour Chris et Trish d’éviter une forme de pollution idéologique à leurs enfants, ils sont conscients que ce n’est que repousser l’inévitable confrontation aux pièges de la société de consommation, et leur éloignement du système accroît leur fascination pour celui-ci. Chris et Trish me déclarent avoir fait eux-même leur choix de vie et tentent d’apprendre à leurs enfants à faire leurs propres choix

Pour ce qui est du WWOOF, ils adoptent aussi une démarche atypique : il n’y a pas d’horaires ni de nombres d’heures par jour, et se refusent à nous faire effectuer des tâches qui pourraient nous ennuyer. Trish nous explique que pour eux, "le principal est votre compagnie". Le WWOOF est pour eux un moyen de rencontrer des gens du monde entier et de leur partager avec eux leur mode de vie alternatif.

Ils souhaitent que les wwoofers fassent vivre le lieu et construisent une place pour les prochains wwoofers. Ils apprennent aussi beaucoup d’eux : des français, vivant dans des cabanes perchées dans les arbres, leur ont construit avec des matériaux de récupération un système de chauffage solaire de l’eau de vaisselle.

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Nous avons vécu trois semaines dans un "housebus" construit à partir de bombardiers de la seconde guerre mondiale. Nous avons aussi accompli quelques petites tâches : creuser des escaliers dans la terre, aménager des toilettes près d’une caravane, confectionner des pièces de jeu d’échec en fagots de bois, défricher manuellement un chemin pénétrant dans le bush environnant le housebus.

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Je nourrissais une aspiration à la vie sauvage et à des pratiques proches de la nature, sans savoir que des concrétisations existaient. Je faisais alors des études de sociologie, sans savoir si j’allais continuer. Suite à un séjour à Carapa, j’ai rencontré un ethnologue qui m’a donné l’idée de lier mes 2 passions et de faire une étude sur les écovillages et les éco-alternatives ! C’est ce que j’ai fait...

Après de nombreuses découvertes, voici le fruit de ces années de recherches.

Mon mémoire s’intitule "Une initiation à l’éco-alternative : expérimentations et constructions de réseaux, des éco-lieux de France au WWOOF de Nouvelle-Zélande".

Plus sobrement, je pourrai l’appeler : "Mon initiation aux éco-alternatives".

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