] Le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables - Contr-Information, Ré-information
Passerelle eco

Permaculture et Écovillage Global

La revue Passerelle Eco : sommaire des numéros, compléments d'info, bulletin d'abonnement à imprimer ...

Actualité du réseau éco

Réseaux

Quelques écolieux

Des reportages et les annonces du réseau éco et de la dynamique écovillage en France : écolieux de vie, projets d'écovillages, écofermes pédagogiques, personnes ressources ou en recherche, entreprises, centres de formations, etc... Plusieurs rubriques sont consacrées aux écovillages en germe ou en devenir, car ces initiatives font converger l'ensemble des aspects de l'écologie pratique : l'actualité, leurs activités, rencontres, chantiers ou échanges proposés.
Dossiers thématiques : depuis les statuts de la loi de 1901, l'alimentation, la construction saine, l'habitat léger, le carburant tournesol ...
Annonces, photos, comptes rendu des rassemblements, rendez-vous, festivals, colloques, manifestations...
- des fiches pratiques et des recettes - la partage et l'expérimentation de l'autoproduction - les activités associatives de Passerelle Eco.
Vous êtes ici > Accueil > Thématiques > Contr-Information, Ré-information
Le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables :

le 9 décembre 2011

ARTICLES

Le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables

L’affirmation est martelée au point de passer pour une évidence : le nucléaire coûterait moins cher que les énergies renouvelables. Corollaire : diminuer la part du premier pour développer les secondes, comme le propose par exemple l’accord Europe Ecologie-Les Verts-PS, augmenterait le prix de l’électricité, appauvrirait les ménages et amènerait les usines à délocaliser. Pourtant, cette affirmation est déjà fausse et le sera encore plus à l’avenir.

Assez de mythes : le nucléaire est plus cher que les énergies renouvelables

Si l’électricité est moins chère en France que dans la plupart des autres pays européens, c’est parce que l’Etat a longtemps subventionné le développement du parc nucléaire et que le niveau actuel du tarif réglementé ne permet pas de financer le renouvellement du parc, quels que soient les choix à venir entre nucléaire, centrales thermiques et énergies renouvelables. L’évolution récente des coûts de production électrique est, à ce titre, éclairante.

Dès les années 1980, le programme nucléaire français a vu son coût augmenter, évolution qui ne fait que se prolonger avec le réacteur surpuissant EPR. Cette dérive s’observe en particulier sur les coûts d’investissement, un poste très important. Comme le montre un article publié dans la revue scientifique Energy Policy, le coût d’investissement dans les centrales nucléaires françaises a été multiplié par 3,4 en vingt-cinq ans, même en déduisant la hausse du niveau général des prix. L’EPR ne fait que poursuivre cette trajectoire puisque en supposant - hypothèse optimiste - que la facture finale ne dépasse pas la dernière estimation (6 milliards d’euros), on atteint 3,64 euros le watt - 4,7 fois plus qu’en 1974.

Autre problème, ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales en fin de vie, ceux de la gestion des déchets, du risque d’accident et les divers coûts de fonctionnement. En se développant, la plupart des techniques voient leur coût diminuer par effet d’apprentissage, et c’est le cas pour les énergies renouvelables ; mais, avec le nucléaire, l’inverse se produit : plus on le développe, plus il coûte cher.

Une baisse impressionnante

En comparaison, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le coût d’investissement de l’éolien terrestre était en 2009 de 1,30 euro le watt. Même "normalisé" pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement de l’éolien est environ 15 % inférieur à celui de l’EPR, démantèlement inclus. Et, selon une analyse de Bloomberg, le coût de l’électricité d’origine éolienne, déjà divisé par 4,5 depuis les années 1980, devrait encore diminuer de 12 % dans cinq ans.

Quant à l’énergie solaire tirée des panneaux photovoltaïques, elle a connu une baisse impressionnante : début 2011, un module photovoltaïque coûtait en moyenne 1,20 euro le watt en Europe, contre 4,2 euros le watt dix ans plus tôt. Depuis quelques mois, la moyenne sur le marché allemand est même de 1 euro le watt. Même normalisé pour prendre en compte l’intermittence, le coût d’investissement dans le photovoltaïque ne dépasse plus celui de l’EPR (en incluant le démantèlement) que d’environ 25 %. De plus, les professionnels du secteur anticipent encore une baisse de 35 % à 50 % des coûts d’ici à 2020. Comme l’écrit le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, "si la tendance à la baisse continue (et elle semble s’accélérer) nous ne sommes plus qu’à quelques années du point où la production d’électricité à partir de panneaux solaires deviendra moins coûteuse que celle à partir de charbon". Pour simplifier, les calculs présentés ici laissent de côté les coûts de fonctionnement, mais ces derniers sont du même ordre de grandeur entre éolien et nucléaire, et plus faibles pour le photovoltaïque. De même, si un renforcement du réseau est nécessaire en cas de développement des renouvelables, c’est aussi le cas pour l’EPR (340 millions d’euros pour la ligne Cotentin-Maine nécessitée par l’EPR de Flamanville).

Nous vivons un moment historique : celui où les énergies renouvelables deviennent moins coûteuses que l’électricité d’origine nucléaire ou fossile, pour peu qu’elle soit obligée de payer pour ses externalités négatives : émissions de CO2, risques d’accidents, déchets radioactifs… La France se crispera-t-elle sur une technique dépassée, ou se tournera-t-elle vers la seule manière durable de produire de l’énergie : la mobilisation des flux d’énergie renouvelable, et celle, indissociable, des économies d’énergie ?

 Sandrine Mathy, présidente du RAC
 Isabelle Autissier, présidente du WWF France
 Madeleine Charru, présidente du CLER
 Adélaïde Colin, porte-parole de Greenpeace France
 Bruno Genty, président de France Nature Environnement
 Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement
 Sébastien Lapeyre, directeur du CNIID
 Serge Orru, directeur général du WWF France


L’illustration en haut est extraite du livre "Pas de vacances pour l’inspecteur Anon"


13 votes
Répondre à cet article
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, insérez une ligne vide entre eux.

1 message

  • Et quand on ne pourra plus payer ?

    Le 2 janvier 2012, par Virginie

    Depuis 20 ans je me bas contre le nucléaire....

    Maintenant, mon pays (la Suisse) a décidé de sortir du nucléaire.. enfin peut-être, pas trop, pas trop vite et sans réelles solutions de rechanges (en existent-ils ?).

    Mon plus gros soucis aujourd’hui c’est : et lorsqu’on n’aura plus les moyens de les entretenir ces centrales, que va-t-on en faire ? et ces moyens manquants sont à nos portes. Les états sont en crises, les banques aussi, les populations aussi, on prédit des crises de plus en plus importantes et profondes.

    Grâce à Greenpeace (dont je ne suis pas adhérente) j’ai trouvé un "simulateur" de fuite de combustible nucléaire pour les usines françaises... aucun, non aucun territoire français métropolitain n’est à l’abri d’un accident nucléaire. La Suisse non plus d’ailleurs...


Contact                    

www.ecovillageglobal.fr

le site de l'écovillage global des lecteurs et annonceurs de la revue Passerelle Éco

PASSEZ UNE ANNONCE

Amis en Recherche de Maison (Recherche location dans le 13)

Projet : Quatre amis en colocation depuis une dizaine d'années , qui désirent poursuivre cette douce aventure ailleurs. Offre : On paye le loyer bien sûr , on entretient les jardin en permaculture , (...)

Louer à la Campagne dans Partie Grande Maison (Recherche location dans le 69)

Projet : Vous vivez seule dans une maison devenue trop grande. Un complément de revenus ne serait pas de trop et une personne à proximité vous rassurerait ? je me propose de louer une partie de votre (...)

Stage Fabrication d'un Paligloo (Construction dans le 36)

Projet : Lieu à définir, possibilité de le fabriquer chez une personne désireuse de garder la structure réalisée. Demande : 120€ pour adhérents et 130€ pour les non adhérents de (...)

Nous Rejoindre à l'Éco-Hameau de Sainte-Gemme 36 (Elargissement dans le 36)

Projet : Eco-hameau situé dans le Parc Naturel Régional de la Brenne ♦  ambiance conviviale, échanges. 4 parcelles sur 12 sont pourvues. Propose : 8 lots encore dispo ♦  participer à (...)

Location Ferme Auvergne Petite Caravane Transformée en Chalet (Habitat Léger dans le 03)

Projet : Auvergne Allier ferme d agrément pleine campagne, nombreux animaux bien tenus sur 1 hectare, jardin potager, location de juin à octobre petite CARAVANE entièrement bardée de bois façon (...)

Changement de Vie (À l’abordage)

Projet : Rejoindre un écolieu pour vivre une nouvelle expérience dans la joie et la bonne humeur. A 57 ans, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Offre : Participer aux différentes tâches d'un (...)

Recherche d'une Colocation Écologique, à la Campagne (CoLocation dans le 50)

Projet : Je recherche une colocation écologique,dans la campagne profonde,avec des activité en agroécologie,en permaculture,et en agroforesterie,qui aspire à l'autonomie en nourriture,en eau et en (...)

Les Chantier-Formation de l'Été (Agenda des Convergences dans le 41)

Projet : L'Ecolieu la Filerie développe ses jardins d'expérimentation pendant l'été 2021 pour accueillir et continuer de former les citoyens à la Transition écologique et accueillir notre festival (...)

Accueil Résidente Saisonnière ou Permanente (Ecolieux existant dans le 22)

Indigénieux très sociable mais peu social Souhaite  : partager son territoire d'abondance pour développer l'autonomie en valorisant les ressources saisonnières, avec résidente saisonnière ou (...)