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Questions sur le semis sous couvert

le 17 février 2015

DOSSIER :
Lydia et Claude Bourguignon, agronomes, la vie du sol et l’agriculture (16)

Questions sur le semis sous couvert

Le culture par semis sous couvert est plus technique que le labour, et les spécificités de l’écosystème doivent être bien connues pour être maitrisées.

La paille est broyée là ?

Non, surtout pas broyée ! Nature. Vous la laissez comme ça.

Pour en revenir au seigle ou blé, j’aime pas trop le maïs, puisqu’au moment du semis du maïs la plante est quand même à très forte hauteur... Elle est détruite de quelle manière ?

On utilise ce qu’on appelle le « rouleau faca », c’est-à-dire qu’à l’avant du tracteur on a un rouleau qui a des barres, qui casse la paille tous les 10 cm, la paille est barrée, et comme vous le faites au moment de l’épiaison sur le seigle ou le blé, quand vous venez pour semer votre maïs, la plante crève. Mais il faut absolument que vous ayez les bonnes distances sur votre rouleau faca, ça vous étale votre seigle sur le sol. Le meilleur précédent pour le maïs c’est l’avoine, l’avoine d’hiver c’est ce qu’il y a de mieux. Et vous l’écrasez sur le sol, donc le sol est complètement couvert de la paille de blé qui était au sol quand vous avez semé l’avoine d’hiver, et vous allez écraser votre avoine avec le rouleau faca devant vous, et derrière vous semez.

Ça coupe le stade végétatif de l’avoine ?

Complètement. Elle crève. Et ça vous fait un espèce de matelas. Alors c’est vrai qu’il y a des éleveurs qui eux préfèrent la faucher et la donner aux bêtes, mais là c’est toujours un peu dangereux, c’est le printemps, faut faire attention aux conditions humides, mais c’est vrai que si les conditions le permettent, que le sol est porteur, ça vaut le coup de le faucher puis de le donner aux animaux.

Et par rapport aux problèmes de limaces et de rongeurs parce que la paille est en surface...

Alors les invasions de limaces sont liées à la disparition de leurs prédateurs qui sont les carabes. Vous êtes dans la même situation qu’étaient les vignerons avec les araignées rouges dans les années 70 : ils balançaient des insecticides à haute dose, ils avaient tué les typhlodromes qui sont les parasites des araignées rouges, une fois qu’on a compris le phénomène on a arrêté de tuer les typhlodromes, maintenant plus aucun vigneron ne traite contre les araignées rouges.

Alors il faut que vous remettiez les carabes, le problème c’est qu’ils dorment dans les haies, y passent l’hiver dans les haies, or vous avez arraché les haies... Donc là il y a tout un problème de remettre les prédateurs, et surtout de faire très attention à ce que vous mettez dans le sol, surtout si vous mettez des anti-taupins ou des choses comme ça, là vous massacrez massivement vos carabes. Et là vous aurez des problèmes de limaces.

Mais les études qui ont été faites dans différentes chambres d’agriculture en France montrent qu’il y a autant de problème de limaces en TCS, en semis direct, alors c’est vrai que le labour a l’avantage de les mettre bien au fond. Mais vous ne réglez pas le problème des limaces, les limaces, si vous en avez, ça se traite au mois de juin, dans les blés, il faut aller la nuit dans les blés avec une lampe de poche quand elles montent le long de vos tiges de blé, parce que c’est cette génération-là qui va pondre et qui va détruire vos semis d’automne. Donc si vous avez de la limace au mois de juin, faut traiter. En plus si vous traitez au mois de juin, le gros avantage c’est que pendant que vous faites ça, vous mettez un épandeur d’anti-limace à l’avant de votre tracteur ou à l’arrière, le gros avantage c’est que tous les vers de terres sont rentrés parce que la céréale a séché le sol, donc vous n’allez pas tuer vos vers de terre, et vous allez pouvoir vous débarrasser de vos limaces. Sinon vous allez en avoir des milliers... Mais bon y’a pas mal de gens qui commencent à maitriser ce problème-là, il vaut mieux que vous alliez voir des gens qui font du semis direct depuis déjà un moment en France, qui vous expliqueront comment ils ont fait pour lutter contre. Mais c’est vrai que les premiers temps, il ne faut pas laisser les limaces vous envahir. C’est vrai que ce sont des bêtes très embêtantes.

Mais c’est un phénomène de déprédation, les limaces sont une vraie plaie, on le sait maintenant, des études ont montré que c’était parce qu’elles n’ont plus de prédateurs, elles n’ont plus de carabes. Des régions comme la Beauce, où il y avait il n’y a pas encore si longtemps que ça, y’a 40 ans, il y avait encore une quinzaine d’espèces de carabes, il n’y a plus rien... Donc les limaces elles sont ravies, hein, un carabe lui il vous mange une bande de limaces au 4h, c’est une bête qui limite bien les populations de limaces.

Voilà un autre semis, vous voyez, bien réalisé, voilà, l’agriculteur a bien travaillé, il n’a pas projeté de terre, vous voyez, aucune terre n’est revenu en surface, la levée se fait toute seule. Ça c’est vraiment un doigté, c’est-à-dire qu’apprendre à semer sans projeter de la terre, ça c’est technique.

Alors quand on regarde le principe du semoir, c’est tout bête, bon une fois de plus c’est un agriculteur qui a inventé ça. Ce sont deux disques, un qui est plus long que l’autre, qui va donc fendre la terre, l’autre sert d’espace pour faire tomber la graine, et vous avez une roue latérale qui va refermer le sillon. C’est tout simple, donc ça vous permet de semer, par exemple au Brésil on sème dans 4 mètres de végétation, pour vous donner une idée de ce qu’on est capable de faire dans les pays tropicaux, où là le climat est beaucoup plus puissant que chez nous, en 60 jours on fait 4 mètres de végétation. On sème dans 95 tonnes de matière organique à l’hectare. Y’a pas une seule mauvaise herbe au sol, alors que moi j’ai vu des gars labourer au Brésil, y pleuraient. Le type y sème son soja, et puis vous revenez 15 jours après, vous cherchez vainement le soja, vous avez de la mauvaise herbe partout, tout est étouffé.Les types chialaient devant leurs cultures, parce que ce sont des pays où la violence du climat est telle que les mauvaises herbes prennent le pas sur vos cultures.

Là le principe est tout bête : la nature veut faire pousser des plantes ? eh bien on va lui en mettre, mais je vais mettre des plantes que moi je contrôle, des plantes que moi je connais.

J’ai par exemple un excès d’azote, je vais prendre en intercalaire une crucifère qui pousse très vite, qui consomme beaucoup d’azote, par exemple un radis chinois qui consomme énormément d’azote, je vais arrêter de polluer. Si par exemple je suis en Bretagne avec un excès de lisier, j’ai beaucoup trop d’azote dans ma rotation, par ce que j’ai pas assez d’espace, j’ai trop de cochons par rapport à mes hectares, eh bien je vais utiliser une crucifère qui va pomper cet azote.

Si je ne suis pas dans un cas d’excès d’azote, que mon problème c’est plutôt qu’au mois de juillet j’ai pas beaucoup d’eau, que mon climat est plutôt séchant, eh bien je vais mettre une graminée qui pousse sans eau, qui a pas besoin pour pousser, je ne vais surtout pas détruire ma paille et remuer le terrain, par ce que là je dessèche tout, et c’est fini, y’a plus rien qui poussera avant les pluies de septembre. Je vais surtout garder ma fraîcheur que j’ai dans ma paille qui est encore debout, puisque quand vous couchez une paille debout, vous allez maintenir ce qu’on appelle l’arrêt du film capillaire dans un sol, vous allez garder de la fraîcheur, juste ce qu’il faut pour faire démarrer l’intercalaire, qui ensuite vont pousser, là ce sont des plantes qui descendent à la vitesse de 5 cm / jour dans le sol, donc elles sont vite dans la fraîcheur, et elles vont remplacer, elles vont nettoyer. Mais c’est vrai que tout ça demande une adaptation à chaque région, c’est une agriculture si vous voulez qui est beaucoup plus scientifique et beaucoup plus technique que de simplement labourer.

Alors cette technique va très bien même pour la toute petite agriculture. On l’utilise même pour les tout petits agriculteurs des pays pauvres, alors pour les plus pauvres de tous on utilise le « tico-tico », qui est donc un semoir à disque pour semis direct manuel, à main, c’est-à-dire que la personne au lieu d’avoir sa houe pour essayer de travailler son sol, on va lui faire mettre cette culture, qui sera fauchée à la faux, là je parle des gens, par exemple du Vietnam, qui ont 2500 m2 de terre cultivées pour faire vivre la famille, ou l’Afrique où là c’est 1 hectare. On fauche, et on prend cette machine, qui a un réservoir de graines, on en a même des plus sophistiquées avec 2 réservoirs, un pour les graines et l’autre pour l’azote, alors on va mettre 15 unités d’azote / ha, on plante dans la végétation, ils l’ont appelée « tico-tico » puisque lorsque vous mettez la graine, la machine fait ce bruit. Vous avez la machine tirée au cheval qui fait 2 rangées d’un coup, puis vous avez les machines rotatives pour les maraîchers, avec des roues avec des trous de différentes tailles en fonction des graines que vous mettez, là le principe c’est de semer des trèfles Trifolium subterraneum, une légumineuse, on la tond très raz, on prend la roue et on sème directement les radis, les plantes dans la couverture de la légumineuse.


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DOSSIER
Lydia et Claude Bourguignon, agronomes, la vie du sol et l’agriculture

1 message

  • Questions sur le semis sous couvert

    Le 29 novembre, par grenier

    quand est-il au bout de plusieurs années ,si il y a prolifération par exemple de chardons ?existe t-il des programmes "type" pour la culture finale et les intercalaires ?sur 5 années ?sur 10 années ?L’objectif étant de se passer de pesticides(en ce qui me concerne),herbicides ,insecticides et fongicides .


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