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Accueil du site > Pratiques > PhytoEpuration et gestion écologique des eaux usées

Lettre de Eau Vivante de Janvier 06

Phytoépuration : gestion écologique des eaux usées et contrôles administratifs

Mesure de la qualité de l’eau rejetée à l’issue des bassins plantés

samedi 11 février 2006, par Association Eau Vivante

L’adoption des bassins plantés au lieu de la filière réglementaire d’assainissement (fosse toutes eaux + épandage...) implique une obligation de résultats, c’est à dire qu’il faut faire la preuve que l’installation ne pollue pas. En d’autres termes, l’eau rejetée dans l’environnement doit satisfaire aux critères réglementaires.

C’est pour cette raison que les dérogations accordées par l’Administration dans le cadre d’un permis de construire sont généralement assorties de l’exigence d’analyses.

Ce texte est issu de la Lettre de Eau Vivante de Janvier 2006 qui étant un peu vieille maintenant a été retirée du téléchargement.



Même en l’absence d’une telle obligation initiale, le contrôle de l’efficacité du traitement des eaux usées est une nécessité :
- il s’inscrit dans la démarche responsable de respect de l’environnement qui nous conduit à adopter les bassins plantés ;
- toutes les habitations, anciennes ou récentes, font maintenant l’objet de contrôles administratifs par un SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif) dans toutes les communes ;

Les analyses doivent être effectuées au moins une fois par an. Dans le cas d’une nouvelle installation, ne faites pas la première analyse avant six mois à un an car il faut attendre la colonisation de la pouzzolane par les racines et les bactéries épuratrices.

 1) Le prélèvement

L’analyse doit porter sur l’eau prélevée dans le regard intérieur de sortie du dernier bassin planté (regard de collecte). Ne puisez pas dans la mare terminale !

En effet, les végétaux (y compris les algues microscopiques) et les animaux (invertébrés, poissons, batraciens, oiseaux...) troublent l’eau et produisent de la matière organique (débris, cadavres, déjections) consommatrice d’oxygène. C’est normal dans ce milieu mais l’analyse ne fait pas la distinction avec la pollution que le système d’assainissement est censé éliminer d’une eau usée ; de ce fait, les résultats pourraient dépasser les limites réglementaires.

 2) Les paramètres analytiques

Les critères réglementaires sont fixés par :
- l’arrêté du 6 mai 1996 relatif au contrôle de l’assainissement non collectif ;
- la recommandation pour les systèmes individuels, d’après l’annexe II de la circulaire du 17 février 1997 relative aux systèmes d’assainissement de moins de 2 000 équivalents-habitants (EH).

Le rejet est conforme si :
- les matières en suspension (MES) ne dépassent pas 30 milligrammes par litre ;
- la demande biologique en oxygène sur 5 jours (DBO5) ne dépasse pas 40 milligrammes d’oxygène par litre ;
- la demande chimique en oxygène (DCO) ne dépasse pas 120 milligrammes d’oxygène par litre.

Si on se préoccupe de l’impact du rejet sur l’environnement, on peut compléter par les analyses suivantes :
- pH ;
- conductivité électrique ;
- turbidité ;
- azote ammoniacal (NH4) ;
- nitrates (N03) ;
- nitrites (N02) ;
- azote Kjeldahl (NK) ;
- phosphore total (P) ;
- phosphates (PO4).

Malheureusement, pour ces paramètres, il n’existe pas de critères réglementaires ou de recommandations qui aideraient à l’interprétation des résultats et, de plus, c’est une analyse coûteuse.

L’analyse bactériologique (dénombrements des Escherichia coli et des entérocoques) n’est pas justifiée dans la mesure où la phytoépuration ne porte que sur des eaux grises faiblement contaminées par des matières fécales. Elle n’aurait d’intérêt que pour en faire la preuve ou si l’eau était rejetée à proximité d’une zone de baignade.

 3) Le laboratoire

Pour être crédibles, les analyses doivent être effectuées par un laboratoire agréé pour les analyses d’eaux. Le plus souvent, il s’agit du laboratoire départemental d’analyses (d’hygiène, vétérinaire...) mais dans certains départements ce peut être une autre structure.

Le prélèvement peut être effectué par un agent du laboratoire mais on peut le faire soi-même sans inconvénient, sauf en cas de litige pour éviter toute contestation.

Même si vous faites le prélèvement vous-mêmes, appelez le laboratoire qui vous renseignera sur le flacon à utiliser, la façon de prélever, la température de conservation et le délai maximal de transport. Au moment de la remise de l’eau au laboratoire, préciser :

- le type d’eau : « effluent » ;
- le point de prélèvement : « sortie dernier bassin ».

Le prix des analyses présente de grandes variations d’un laboratoire à l’autre. A titre tout à fait indicatif, les trois paramètres réglementaires (MES, DBO5, DCO) coûtent autour de 60 € si on effectue soi-même le prélèvement. Pour les analyses complémentaires, on doit compter au moins 90 €, 140 € avec la bactériologie...

 4) Les résultats

Si l’autorisation d’installer une phytoépuration est assortie d’une exigence d’analyses, n’oubliez pas d’envoyer la copie de vos résultats à l’autorité compétente (DDASS, services techniques de la mairie, SPANC...).

Dans tous les cas, pensez à envoyer une copie à Eau Vivante !

Ces résultats nous permettent de vérifier l’efficacité du système d’assainissement autonome mis au point par Anne Rivière. Réunis dans un tableau (en respectant l’anonymat), ils sont mis à la disposition des nouveaux adeptes de la phytoépuration pour les aider dans leurs démarches auprès de l’Administration. Ainsi, l’expérience des anciens profite à tous.

Patrick BERTRAND

A LIRE AUSSI :
Dans la Revue Passerelle Eco

Les revues Passerelle Eco ont abordé le thème de la phytoépurations, sous des angles théoriques pour commencer, puis de manière pratiques pour aider à leur mise en place de bonne manière, et enfin par des exemples concrets de réalisation.

La revue Passerelle Eco n°16 a publié les bases théorique pour une bonne gestion écologique des eaux usées :
- Contextes et principes de la phytoépuration
- Eléments de dimensionnement.
- Nécessité des toilettes sèches
La revue Passerelle Eco n°26 présente en détail 2 installations économiques réalisées par des autoconstructeurs, avec shémas et indications pratiques pour récupérer les matériaux.
- La phyto de Louis
- La phyto de la ferme du Collet
La revue Passerelle Eco n°18 présente les aspects les plus techniques de l’installation, de la création et mise en place des différents composants, de l’anatomie des bassins, ainsi que quelques associations ressources. Vous pouvez commander un lot de 5 anciens n° au prix de 20€ à l’ordre de :
Passerelle Eco,
Corcelle
71190 La Chapelle sous Uchon

Dans Passerelle Eco n°28 nous présentons simplement la manière, pendant l’hiver, de protéger du gel les bassins pour éviter leur explosion ... et pour protéger leurs habitants les poissons ! La revue Passerelle Eco n°30 présente les plantes les plus adaptées au coeur d’une phytoépuration et leur plantation : Rôle indirect des plantes, choix des espèces et conseils de plantation.
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