Contact
Passerelle Eco, l'écologie pratique et les alternatives écovillageoises
Pratiques et Contacts pour Vivre Ensemble sur une Même Planète
Pratiques écologiques au quotidien Pratiques Agenda des évènements de l'écologie et des alternatives Agenda Réseau des écovillages et des alternatives écologiques Reseau Eco la revue trimestrielle Passerelle Eco Revue quelquesunes des thématiques abordées dans la revue Thématiques


Reliez vous à l'écologie pratique et au réseau éco :
abonnement à la revue d'écologie de permaculture et d'écologie pratiqueAbonnez-vous à la revue.
Passez une annonce pour un projet écologique dans la revueAnnoncez votre projet.
Accueil du site > Thématiques > Agricultiver

Maintien de l’agriculture paysanne

Réseau : le concept d’AMAP est âprement discuté

Diktat des consommateurs ou solidarité avec la paysannerie ?

dimanche 5 avril 2009, par Denise Vuillon

Le fonctionnement des AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) ne s’élabore pas sans débats et conflits...

Voici, extrait d’une plus longue discussion, la réaction de Daniel Vuillon, à l’origine du concept d’AMAP.


 Dérive consummériste

... Je constate que notre concept s’est transformé à une vitesse vertigineuse en un système de "paniers" intéressants pour le consommateur, depuis que les Amap de Marseille se créent sans l’expertise de la ferme que nous faisions avec Daniel et d’autres "producteurs/acteurs, avant qu’Alliance Provence nous foute dehors de cet outil que nous avons créé.

Je vous rassure, nous assurons toujours cette mission et nous sommes même plusieurs à le faire en France.

 Pour un véritable partenariat producteur / consommateur

L’objectif de notre démarche est de poser les bases indispensables à la mise en place du PARTENARIAT producteur/consommateurs.

Partenariat ? Quel partenariat ?

Réponse : Si vous êtes en contrat avec votre agriculteur, vous êtes en partenariat.

Rappel de Passerelle Eco : : Dans une AMAP, le contrat qui lie le consommateur avec le paysan est l’engagement du consommateur à acheter un panier chaque semaine, et qui se concrétise par l’achat à l’avance de ce panier, ce qui permet au paysan de faire en sécurité les investissements nécessaires.

Mais, vos sujets de réflexions sont à mille lieux de représenter ce partenariat AMAP dans sa définition sociale et économique depuis sa mise en place en 2001. Je m’explique : quand vous évoquez la Charte, le C.A. le bio et, que vous préparez des Statuts que vous allez valider en A.G. .... où est votre producteur associé ? à quoi sert votre association si elle n’intègre pas votre associé ?

J’espère que vous ne formaliserez pas demain si vous avez des tensions au sein de votre association... Je vous conseille même [plutôt] d’essayer de fonctionner sans association, de redonner à votre projet les valeurs et le sens de votre engagement personnel dans ce système d’économie solidaire.

Il est important de rappeler que le premier "A" du mot "association" dans A.M.A.P., c’est la définition du mot association, du dictionnaire de la langue française et non, seulement, le décret de la loi 1901 qui aboutit souvent au paradoxe d’exclure le paysan de l’association, puisqu’il n’est pas au Conseil d’Administration. Ce qui est une aberration.

L’association juridique, a fait dériver beaucoup d’AMAP et le système en général dérivera très vite en association de consommateurs.

A ce moment là, je ne donne pas cher de la pérennité du système* et du Maintien de l’Agriculture à travers notre concept d’économie solidaire.

 Rémunération de l’agriculteur

Quand le producteur n’est pas impliqué dans la prise de décision ou, sur le fonctionnement de l’Amap et, souvent, hélas, même pas sur le calcul du prix du panier, alors là nous sommes loin d’une éconmie solidaire.

Hier nous avons eu la réunion des producteurs en Amap, je vous mets à la suite, les impressions d’un des participants.

Vous lirez que François parle d’émotion, c’était effectivement assez émouvant et insoutenable d’entendre un producteur de Marseille se plaindre de son prix de panier : ses consommateurs avaient décidé que son revenu mensuel serait de 500 €. Sachant que le seuil de pauvreté se situe en dessous de 800€ on peut dire que ce producteur n’est pas soutenu par ses consommateurs pour maintenir son activité où est l’AMAP ?.

Une autre AMAP de Marseille a refusé d’augmenter le prix du panier d’un jeune agriculteur installé en AMAP, sous prétexte que le panier d’été avait été insuffisant. Ce jeune, très professionnel, avait fait un prix arbitraire la première saison et, attendait de faire son bilan pour pouvoir démontrer qu’il n’avait pas pu tirer un salaire de sa saison AMAP. Résultat : des mauvaises relations : le jeune a arrêté l’AMAP.

Il en est de même pour d’autres régions qui créent des AMAP en imposant un prix maximum de 15 ou 18 € aussi arbitrairement.

 Créer une AMAP sur de bonnes bases pour réussir durablement

Ces échecs sont difficile a supporter quand on s’investit comme on s’investit, pour créer des AMAP, pour que les consommateurs mangent bien mais surtout pour que le métier continue ; Ce n’est pas avec des agriculteurs pauvres qu’on motivera d’autres jeunes à s’installer.

Le bilan d’échec de certaines nouvelles AMAP m’incite à vous mettre en garde sur la méthode de création d’AMAP.

Ne sous-estimez pas l’importance du travail d’essaimage, que, seuls des producteurs expérimentés et acteurs de l’essaimage sont à même de faire avec des amapiens experts aussi en pratique d’AMAP et en essaimage.

Sachez que les AMAP nées de cette méthode sont toujours en activité et que leur bon fonctionnement est du à la qualité de la relation entre le producteur et ses consommateurs mais aussi à l’implication du producteur dans ce fonctionnement. Ne pas oublier : c’est un couple de producteurs qui a essaimé à partir de leur 1ère expérience. C’est l’accompagnement de tant de producteurs qui a pérennisé le concept.

C’est la méthode de CREAMAP France pour continuer en équité producteurs/consommateurs.

Désolée d’être obligée de faire ces rappels, mais c’est en réaction à vos préoccupations, pour remettre en valeur LE PARTENARIAT AMAP, pour redonner des bases solides et constructives et essayer de sauver cette Agriculture.

Daniel Denise Vuillon
Partager cette page :
Répondre à cet article
2 messages
  • appel aux consommateurs (et nous en sommes tous) appel a tous les paysans producteurs

    contrairement à l’article ci-dessus, je considere le système Amap comme interressant aussi bien pr le consommateur que pour le paysan producteur, je parle de TOUS les paysans et pas seulement des maraichers car trés peu d’entre nous sont végétaliens.le probléme c’est que certains producteurs maraichers ont dérivés sentant l’intéret financier peut etre mème pourquoi pas la poule aux oeufs d’or !!! un d’entre eux (ils sont une trés faible majorité, heureusement) m’a mème expliqué qu’il était normal que les amapiens paient les dettes des producteurs et que ma foi, s’ils n’en avaient pas les moyens et bien c’était pas grave, comme pour le prix du panier s’il est trop élevé pour certains, aucune importance non plus, qu’ils partent !! ils y en a a la pelle des amapiens, les listes d’attente débordent !!! et un autre de rajouter : seuls les gens qui ont les moyens de payer le prix du panier exigé par le maraicher peuvent prétendre devenir amapien !!!! ET CEUX QUI ONT DES REVENUS MODESTES ? c’est ça la solidarité ? je trouve celà désolant. Prétendre que les amapiens fonctionnent comme des consommateurs est déconcertant. Je suis productrice et je travaille dans cinq amaps ,je vous rappelle le role de l’amapien car il semble que vous l’ayez oublié : il soutient le producteur en s’abonnant toute une saison aux paniers du maraicher.il accepte les aléas des intempéries et des mauvaises récoltes (panier moins garni , légumes piqués, ect...) il donne un coup de main bénévole au producteur selon ses disponibilités (ramassage des légumes, plantations, ect...) il paie à l’avance par chéque toute la saison, ce qui donne au producteur la possibilité de disposer d’une trésorerie et de prévoir sa production en fonction de la demande sans souci de perte quelconque puisque quoiqu’il arrive bonne ou mauvaise celle ci est payée d’avance !! il participe toujours bénévolement, au bon fonctionnement de l’amap( pointage des paniers, distribution de légumes, quelques uns sont mème référant d’autres producteurs, d’autres enfin adhèrent au conseil d’administration et laissent au bon fonctionnement de l’amap beaucoup d’heures de leur temps tjs bénévolement bien sur et avec leur vie privée et leur travail en prime !!! et beaucoup d’entre eux en plus soutiennent de la méme façon les autres producteurs (fromagers, volaillers, producteurs de fruits, apiculteurs, aviculteurs ect...)et la cerise sur le gateau, c’est qu’au cours des assemblés des amaps, ils décident parfois d’aider financiérement un producteur en difficulté en organisant une collecte générale !!!! et bien, en tant que producteur, non maraichere, (ça je pense que vous l’avez compris) je pense que nous devons nous, producteurs paysans, nous féliciter de cet intéret, de la démarche et de l’investissement de ces personnes et par ce fait, jouer le jeu nous aussi, en respectant nous aussi la charte des amaps à savoir : la transparence dans notre travail, la qualités de nos produits dans le respect de l’environnement, la pédagogie auprés de tous ceux qui veulent apprendre, comprendre comment nous fonctionnons et n’en déplaisent à certains, la transparence également dans nos bilans d’exploitation(ce qui est un plus pour les producteurs en difficulté et qui peuvent de ce fait argumenter à juste titre l’augmentation des paniers en totale communication )ceux qui ne se prètent pas cet échange ne peuvent prétendre etre producteur en amap, au méme titre qu’un amapien ne peut le prétendre non plus s’il n’y a pas l’investissement cité ci-dessus. Il faut qu’il y ait un échange et un partenariat basés sur la confiance et la transparence , et si chacun joue le jeu , si tout est étudié pour que chacun y trouve l’un une meilleure qualité de vie dans ses rapport avec les autres, dans une alimentation saine et équilibrée ,des paniers de producteurs à des prix raisonnables aussi bien pour l’amapien mais aussi pour le producteur (facile à réaliser puisqu’il n’existe plus aucun intermédiaire )l’autre n’essayant pas d’en tirer le maximum de profit vu le succés des amaps, mais chacun vraiment solidaire de l’autre, alors peut etre, irons nous vers une vraie qualité de vie ...et certainement la vraie solidarité trouvera sa place dans les amaps et cette vraie solidarité que je connais moi dans celle que je livre sur marseille notamment et que j’affectionne particulièrement....non un producteur ne doit pas s’associer à une amap ni maraicher ni autre justement pour éviter les débordements et les excés ...et ce qui est étonnant c’est que c’est justement ceux qui considèrent les amapiens comme des vaches à lait qui ont proposés celà !!!! ESSAYEZ DE RESTER HUMBLES ET SOLIDAIRES DES UNS ET DES AUTRES . PLUS VOUS ESSAIEREZ DE TIRER UN PROFIT MAXIMUM DU SUCCES DES AMAPS PLUS VOUS INCITEREZ CEUX QUI FONT CETTE DEMARCHE DE SOUTIEN AUX PRODUCTEURS A FAIRE MACHINE ARRIERE ET ILS PERDRONT CONFIANCE EN CE SYSTEME D AMAP QUI PEUT TANT APPORTER SI LA CHARTE EST RESPECTEE.et pour finir j’adresse un appel a tous les producteurs (maraichers, fromagers, éleveurs, volaillers, ect....)militez pour que les amaps perdurent, donnez le meilleur de vs méme, elles sont une chance de survie pour nous tous que la grande distribution veut faire disparaitre . en étant solidaires avec elles, vous contriburez à la survie et au développement de nos campagnes et bien au-delà de celà vous sauvegarderez pour nos enfants et les générations futures une autre alimentation gage fondamental d’une bonne santé : un droit mais aussi un devoir pour tous.

    Répondre à ce message

  • Réseau : le concept d’AMAP est âprement discutté

    8 avril 2009 10:04, par Sébastien

    J’approuve ce texte. Ma compagne installée en maraîchage bio depuis 1 an distribue sa récolte en Amap. On s’est vu conconfronter par deux fois à des constructions d’Amap ressemblant à de simples assos de consommateurs. Dans le premier cas, une des consommatrices s’étant décrétée chef imposait la création d’une asso loi 1901, refusait les producteurs dans les prises de décision et au moment de l’arrêt de ce pseudo partenariat (avant tout engagement heureusement) elle commençait à vouloir mettre le nez dans le contenu du panier. Dans le deuxième cas, c’est un groupe de gens désireux de d’avoir une Amap depuis plus d’un an mais qui buttait sur l’absence de maraîcher autour de chez eux. Malgré les 30 minutes de trajet, ma compagne les a relancés. Normalement tout va bien sauf, que mûs par je ne sais quoi, ils sont allés chercher un maraîcher qui fait du gros en bio depuis plus de 20 ans, et on fait jouer la "concurrence" entre ma compagne et ce maraîcher. Comme elle s’installe, tout n’est pas parfait, donc, ils ont choisi l’autre maraîcher. Ils ont clairement refusé d’aider une jeune agricultrice qui vient de s’installer. Heureusement que nous avons réussi à avoir une Amap digne de ce nom localement. À sa création, nous n’avons pas hésité à avoir de l’aide extérieur que ce soit pour les consommateurs ou pour les producteurs. Contrairement aux autres groupes de consommateurs, qui ont fait ça tous seuls dans leurs coins.

    Répondre à ce message

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Suivez Passerelle Eco sur twitterSuivez-nous sur twitter
Création : ouhpla.net | SPIP | LixiumHébergement web neutre en CO2 : Lixium |

Visiteurs connectés : 145