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L'Homme, cet animal raté (extrait 2)

le 28 mai

DOSSIER :
Pierre Jouventin et l’effondrement (2)

Extraits du livre "L’Homme cet animal raté" de Pierre Jouventin, en complément à la revue Passerelle Eco n°66 sur le thème "Effondrement écologique et social ; et Transition intérieure".

L’Homme, cet animal raté (extrait 2)

1. L’homme est-il supérieur à l’animal ? [1]

2. D’où venons-nous ?

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

On confond aujourd’hui la science de l’écologie avec son application politique à l’homme, l’écologisme. Or le mot ‘écologie’ a été créé en 1866. Un siècle avant que son application à la politique n’apparaisse, l’écologie scientifique existait. La réflexion sociale sur notre place dans le monde s’est construite sur cette base solide en appliquant les lois de la nature à l’homme. Il avait été mis, au début, hors-sujet de cette science alors qu’il est le centre des bouleversements actuels de la planète. En effet, notre espèce ne répond pas aux mêmes lois que les autres : sa démographie ne semble pas limitée par les ressources naturelles puisqu’elle en trouve depuis des milliers d’années de nouvelles. L’objet d’étude de cette écologie scientifique concerne les relations entre les êtres vivants et leur milieu de vie, qu’il soit physique ou biotique (autres individus et autres espèces). Chaque espèce remplit, en effet, une fonction dans la nature et elle occupe une niche écologique. Si chaque espèce possédait sa carte d’identité, elle comporterait son nom et son prénom, c’est ce que les biologistes nomment la ‘nomenclature binominale’. Pour éviter les confusions entre de nombreux noms locaux en langues variées, tout être vivant possède en science un seul nom en latin mais double : le genre avec une majuscule puis l’espèce, comme par exemple pour nous Homo sapiens. Comme la nôtre sur bristol, cette carte de visite imaginaire d’une espèce indiquerait donc, au-dessous des noms et prénoms, c’est-à-dire le genre et l’espèce, l’adresse ou lieu de vie, mais aussi la profession, c’est-à-dire en biologie sa niche écologique, autrement dit sa fonction dans la nature !

Pour se distinguer des autres espèces qui exploitent la nature au même endroit, chaque animal doit trouver sa place dans la nature. Il doit manger autre chose que ses concurrents ou se procurer sa pitance différemment. Par exemple, si le monde aérien est occupé de jour par les nombreuses espèces d’oiseaux insectivores parfaitement adaptés à ce mode de vie, les chauves-souris ont dû se nourrir la nuit. Leur sonar les rend, à leur tour, imbattables pour attraper les insectes dans le noir en captant les échos de cris dans l’ultrason. Pour prendre une comparaison triviale, un commerçant, qui s’installe dans un quartier où existent les mêmes boutiques que lui, ne peut survivre sans se trouver une spécialité qui le démarque de la concurrence. S’il vend des boutons, il faut qu’il se mette dans un lieu où n’existent pas d’autres marchands de boutons. S’il n’est pas plus performant que ses compétiteurs, il lui faut pour durer vendre des fermeture-éclair ! Ainsi, chaque animal doit trouver sa place, sa niche écologique dans l’écosystème, pour survivre et durer.

Pour connaître la profession d’un animal, autrement dit sa place dans la nature, il suffit de l’observer en train de vivre dans son milieu et l’on obtient ‘le mode d’emploi’. Comme je l’expliquais ailleurs en détails [2], on comprend vite en voyant un chat chasser une souris pourquoi il possède des griffes rétractables pour saisir, des pupilles fendues qui réfléchissent la lumière pour voir dans la pénombre, des dents pointues pour attraper et découper, des oreilles mobiles pour repérer la proie, une détente prodigieuse pour bondir, une colonne vertébrale souple et une queue en guise de balancier qui expliquent les rétablissements en plein bond si impressionnants. Le diagnostic sur sa profession est en conséquence aisé : c’est ou plutôt c’était un chasseur à l’affût, surtout de rongeurs, et qui opérait principalement de nuit.

En outre, l’animal doit mettre en place au cours de l’évolution des adaptations anatomiques, physiologiques, éthologiques qui le rendent sans rival dans sa spécialité. La mante religieuse qui déploie ses bras ou le caméléon qui projette sa langue gluante ont chacun trouvé une solution originale pour saisir l’insecte au dépourvu. Le crocodile, l’hippopotame, le castor et le ragondin sont des animaux éloignés les uns des autres puisqu’il s’agit d’un reptile et de mammifères appartenant à des familles différentes. Pourtant, s’ils n’ont pas le même mode de vie ni la même nourriture, ils se comportent de la même manière curieuse dans leur élément commun : leurs yeux, leurs ouïes et leurs narines affleurent à peine à la surface. Ce n’est donc pas par apparentement qu’ils se ressemblent, mais en vivant dans l’eau en permanence qu’ils ont trouvé la même solution au même problème : percevoir le mieux possible le monde environnant à partir de l’eau sans qu’on les voie. De même, les manchots (que j’ai étudiés sur le terrain pendant près de dix ans en Antarctique) ressemblent étrangement, non aux autres oiseaux dont ils font pourtant partie, mais aux poissons et aux dauphins dont ils sont si éloignés. Les premiers respirent par des sacs aériens, les seconds par des branchies et les derniers par des poumons, mais tous sont étroitement adaptés non plus à l’immobilité dans l’élément aquatique mais à la mobilité. Leur corps a pris, au cours des millénaires d’évolution c’est-à-dire de mutation et de sélection des individus les plus performants, la forme d’une torpille afin de rencontrer le moins de résistance dans l’eau pour nager vite et sans effort. C’est ce qu’on appelle en biologie une ‘convergence écologique’ entre des animaux éloignés qui se sont adaptés aux mêmes conditions contraignantes de vie.

Quelle est notre niche écologique ?

S’il est facile en l’observant dans la nature de connaître la niche écologique d’un animal, sa profession, c’est autrement plus difficile pour nous aujourd’hui dans le monde moderne. Quelle était donc notre place dans la nature ? A quoi étions-nous adaptés au départ et pendant la quasi-totalité de l’existence de notre espèce ? Ayant ‘perdu le mode d’emploi’, il est très difficile de connaître la fonction dans la nature d’un animal domestique comme le chien et encore plus celle de l’homme moderne. Il est autrement plus facile de comprendre le pourquoi des comportements des poules Bankiva en Inde en les voyant fourrager dans les fourrés qu’en observant leurs descendantes domestiques picorant dans leur mangeoire sur le béton. Pourquoi la poule chante-t-elle après avoir pondu ? Vous pourrez chercher longtemps en observant vos poules parce que vous ne connaissez pas le contexte, ni même le milieu auquel cette espèce est adaptée et qui n’est évidemment pas le poulailler industriel bien qu’elle ait conservé ses instincts. Dans la jungle où elle vit et où l’on ne voit pas à cinq mètres, elle s’isole pour cacher son nid, puis crie pour que le coq lui réponde et qu’elle retrouve le groupe… Mais s’il existe encore des témoins sauvages de la plupart des animaux domestiques pour nous faire découvrir leur rôle dans la nature, il est à peu près impossible de comprendre à quoi notre espèce était adaptée quand on la rencontre dans un supermarché... Pour l’homme, c’est plus compliqué encore de s’y retrouver que pour un animal sauvage et même qu’un animal domestique. D’ailleurs, nous n’avons pas été domestiqué mais, d’après Konrad Lorenz et d’autres, nous nous sommes autodomestiqué !

Depuis le néolithique, l’homme ne nomadise plus en chassant et en cueillant, cherchant sa nourriture qui se renouvelle au fil des saisons. Il vit au chaud dans des maisons et travaille dur pour manger, assurant ainsi sa subsistance et celle de ses enfants par l’agriculture, l’élevage, l’artisanat puis l’industrie. Si la contrainte pour gagner son pain quotidien est plus lourde que dans le monde des chasseurs-cueilleurs de l’avis des ethnologues, les conditions de vie sont moins aléatoires et, s’il ne vit pas en captivité comme un animal domestique nourri par l’homme, il en a lui aussi les avantages de confort et de sécurité. Ces espèces animales en zoo (ou humaine en immeuble) ne sont plus soumises aux contraintes de l’environnement physique (froid, nourriture) et biotique (autres espèces). Les compétiteurs sont plus rares et les grands carnivores, qui guettaient une faiblesse pendant la préhistoire, ont été éliminés ou neutralisés. Les minuscules microbes, qui se comptent par milliards sur notre peau et dans nos intestins, peuvent encore évidemment devenir agressifs quand le terrain s’affaiblit, mais quand l’hygiène est bonne, quand les conditions extérieures sont douces et les défenses immunitaires fortes, ils sont inactifs.

D’ailleurs, lorsque les conditions de vie sont bien assurées, nous vivons plus longtemps et avons plus d’enfants : la survie et la natalité sont donc améliorées chez les animaux domestiques comme chez les hommes qui se sont autodomestiqués. Preuve en est que l’existence des animaux en zoo ou dans notre maison, de même que celle des humains actuels, dure généralement deux fois plus que celle de ceux vivant dans la nature : la longévité d’un loup en liberté est de 10 ans et en captivité de 20 ans… Les hommes préhistoriques, de l’antiquité ou du Moyen-Age vivaient en moyenne 40 ans alors que nous atteignons couramment 80 ans ! Paradoxalement, et de même que les animaux captifs ou domestiques, la durée de vie s’allonge donc. En échange, la sélection naturelle ne joue plus beaucoup et les tares sont fréquentes : chez nous comme chez les animaux domestiques, la condition physique est moins bonne que dans la nature. Il est bien connu que notre nourriture est trop abondante et trop riche par rapport à celle de nos ancêtres qui courraient après les animaux, risquaient quotidiennement leur vie et mourraient quand ils n’étaient plus assez robustes pour courser les proies ou résister au froid et aux maladies. Bref, nous avons beaucoup de cholestérol et de rhumatismes, mais nous vivons le double de nos ancêtres qui, comme les animaux sauvages, décédaient en pleine santé dès que leur forme physique n’était plus aussi parfaite…

A quoi sert l’éthologie pour comprendre l’homme ?

J’ai résumé l’histoire de l’éthologie dans le précédent chapitre mais je voudrais rapidement revenir sur son utilité pour la compréhension de l’espèce humaine. Ce n’est pas évident, parce que cette science du comportement s’adresse surtout aux animaux et moins aux humains. On peut aussi retourner l’argument en estimant qu’étudier l’homme avec le regard de l’éthologiste, c’est renverser la perspective classique qui voit l’animal à partir de l’homme et renouveler ainsi la vision de notre espèce par une approche naturaliste et darwinienne, complémentaire de l’anthropologie biologique et de la paléoanthroplogie.

Etudier une espèce, quelle qu’elle soit, c’est l’observer en détail dans son milieu naturel. Au fil des générations, la sélection naturelle a, en effet, modelé tout être vivant pour qu’il soit parfaitement adapté à son environnement. Seuls ceux qui sont parvenus à survivre et à se reproduire ont transmis leur hérédité, comme nous l’a révélé Darwin. Pour comprendre intimement le comportement et l’écologie des oiseaux et mammifères que j’ai suivis dans leur quotidien, je devais par exemple connaître leurs capacités de perception et de communication, leurs pulsions et leurs besoins biologiques. Contrairement à ce que le néophyte croit, les animaux ne sont pas des êtres interchangeables et mus par leurs seuls instincts. J’ai suivi par exemple pendant plus de trente ans une cinquantaine de couples de mouettes pillardes antarctiques ou labbes. En fonction des nids de manchots ou de pétrels qui se trouvaient sur leur territoire, leurs techniques de chasse étaient complétement différentes. Certains individus avaient trouvé des astuces pour mieux dénicher leurs proies. Certains couples travaillaient en équipe, l’un dérangeant le couveur et l’autre en profitant pour lui voler son œuf ou son poussin. Quand un couple disparaissait, les successeurs se trouvaient enclavés par les voisins qui leur faisait respecter les limites de l’ancien territoire : alors que les anciens propriétaires n’étaient plus là, leur héritage était transmis de génération à génération et la carte des territoires bougeait peu au fin des années comme s’il s’agissait d’un legs passé devant notaire.

Quand on a passé des centaines ou milliers d’heures à observer les animaux aux jumelles, à les piéger pour les baguer ou leur faire une prise de sang, à les enregistrer et analyser leurs cris, on parvient peu à peu à entrer dans leur tête et à prévoir leurs réactions. J’ai ainsi suivi de près sur le terrain une vingtaine d’animaux très différents, comme plusieurs espèces d’albatros et de manchots, de phoques et de singes, etc… Comme un ethnologue qui doit, pour comprendre les mœurs d’une peuplade, se détacher des valeurs de sa culture, l’écoéthologue explore un nouveau monde qui le remet en question. Il lui fait prendre de la distance avec ses propres coutumes, qui lui paraissaient fondées et naturelles, mais qui peuvent se révéler des conventions et des préjugés. Etudier un animal domestique est donc curieusement plus difficile qu’un animal sauvage, sans doute plus difficile à approcher mais plus facile à comprendre par son contexte. Etudier l’homme est encore plus difficile qu’un animal domestique car d’une part la comparaison avec ‘l’homme sauvage’ est compliquée à trouver et, d’autre part, il est plus facile d’étudier un objet extérieur que soi-même, pour lequel on a beaucoup trop d’indulgence…

L’imaginaire prend une telle importance chez notre espèce que les faits paraissent secondaires face aux nombreuses interprétations. En outre, nous avons l’impression que notre mode de vie actuel a toujours existé alors que c’est bien évidemment le contraire : l’espèce humaine a bien plus évolué en peu de temps que n’importe quelle autre espèce dans ses mœurs. A l’échelle de la durée de notre espèce (200.000 ans), les derniers milliers d’années sont infimes et, à l’échelle de de la durée de vie de la famille humaine (2,5 millions d’années), c’est encore plus flagrant. Nous serions très dépaysés si nous étions projeté dans le monde passé des chasseurs-cueilleurs bien que certains d’entre eux soient encore vivants, et encore plus si nous retrouvions dans le monde des néandertaliens ou des australopithèques... Pourtant, comme pour la poule, et même si nos comportements innés sont moins nombreux, nos pulsions biologiques sont les mêmes aujourd’hui que pendant toute la préhistoire. Les adaptations n’ont pas eu lieu ces derniers millénaires mais il y a 6-7 millions d’années, lorsque nous avons colonisé les savanes, quittant nos forêts pour façonner notre niche écologique originale de primate chasseur en bande de gros gibier.

Comment admettre seulement que nous ayons des instinct comme n’importe quel animal alors que nous avons reçu un enseignement nous faisant croire que nous sommes les seuls animaux dépourvus d’inné et totalement libres, d’où le piège idéologique qui nous empêche d’y voir clair et de prendre garde à notre fonds ancestral qui nous guide dans nos actes pour obtenir de l’avancement, un partenaire sexuel, des biens de prestige, etc…

Pour celui qui a une telle pratique de l’éthologie qu’il ne peut voir ses semblables et lui-même autrement que comme des animaux à dominance culturelle mais possédant des pulsions innées, le spectacle du monde est surprenant et ridicule. En particulier le monde politique qui jongle avec les idées généreuses alors qu’il a les mêmes besoins personnels que n’importe quel primate, c’est-à-dire surtout le pouvoir et le sexe. Il n’en parle jamais mais c’est évident par ses actes, le plus bel exemple récent étant celui de Dominique Strauss-Kahn qui était sur le point de devenir Président de la République… Pratiquer assidument l’éthologie est donc un bon moyen de se méfier des idéologies pour préférer les faits, de juger ses semblables, non par ce qu’ils disent ou écrivent, mais par ce qu’ils font et qui prête moins à confusion.

Or l’histoire de notre espèce constitue le puzzle le plus difficile à reconstituer et l’avoir pratiqué pour une vingtaine d’espèces n’est pas de reste, tant la tâche est truffée de pièges. L’interprétation des faits, qui deviennent heureusement de plus en plus nombreux sur l’histoire de l’homme et les mœurs des animaux du fait de l’avancement des sciences, est souvent biaisée et mensongère. Ces exégèses ne sont jamais neutres, les chercheurs en sciences humaines, qui y sont les plus exposés par la difficulté à prouver ce qu’on avance, en sont conscients. Pourtant et cela ne facilite pas l’analyse, tout au contraire, les falsifications sont souvent involontaires et présentées en toute bonne foi. Le débat est tellement miné que personne ne peut s’estimer objectif et que, comme pour un psychanalyste, il est indispensable d’avoir subi une analyse préalable pour essayer de ne pas être trop subjectif sans même s’en rendre compte.

Quelle a été l’évolution d’Homo sapiens ?

Au départ, notre espèce était un animal aussi dépendant de son milieu que les autres. Cela ne nous surprend pas pour nos ancêtres éloignés et simiesques tels les australopithèques ou même les hommes primitifs comme Homo erectus. Cela l’est moins pour nous, Homo sapiens. Pourtant, pendant la quasi-totalité de notre existence sur Terre, notre espèce a été étroitement adaptée à son mode de vie de chasseur-cueilleur. D’après les paléoanthropologues et les préhistoriens, pendant 190.000 ans sur 200.000, les hommes ont chassé et les femmes ont cueilli des baies, des fruits et des racines. Contrairement à ce que racontent certains, nous ne sommes pas des végétariens, même si nous sommes suffisamment adaptables pour nous passer de viande, même si son abus est nocif et même si l’avenir nous obligera peut-être un jour pour éviter la famine à devenir végétarien, le bétail exigeant beaucoup plus d’eau et de terrain que les céréales… Nous ne sommes pas non plus des frugivores comme la plupart de nos plus proches parents, les singes, mais des omnivores. L’espèce, qui possède le régime alimentaire le plus proche du nôtre, est le sanglier ou son descendant domestique, le porc !

Pourquoi marchons-nous sur deux jambes et pas quatre comme beaucoup de mammifères ? Parce que nous faisons partie de la famille des primates, qui sont avant tout des grimpeurs et qui montent aux arbres pour cueillir des fruits. D’où nos mains préhensiles et notre vision des couleurs pour repérer les plus mûrs, alors qu’un chien ou un chat distingue mal les teintes et voit dans une sorte de crépuscule. Par contre, ces carnivores repèrent les proies grâce à des cellules visuelles spécialisées dans le mouvement et surtout grâce à leur odorat développé, qui leur sert aussi à communiquer en laissant des marques olfactives.

Nous possédons indéniablement des caractères simiesques : il suffit de comparer un chimpanzé et un homme pour en être convaincu. Deux pieds, deux mains, un gros cerveau, presque la même démarche, presque le même regard. Les yeux ne sont pas placés sur le côté de la tête comme la plupart des prédateurs ou des proies qui ont besoin de voir autour d’eux, mais devant, sur le même plan, pour superposer les images. Nous possédons, ici encore, la preuve de notre héritage de primate qui nous permet d’obtenir une vision en relief et d’apprécier les distances, ce qui était vital à la lointaine époque où nos ancêtres singes devaient sauter d’une branche à l’autre sans se briser les os !

Sommes-nous des chasseurs coopératifs de gros gibier ?

Pourtant, toujours d’après les anthropologues et les préhistoriens, nous sommes un primate unique par ses adaptations à la chasse collective. Cependant, nous n’avons pas compris ce que cela sous-entend tant c’est révolutionnaire et je vais tâcher de le décrire tout au long de ce livre. Les autres espèces de singes sont généralement frugivores et insectivores. Ceux qui vivent comme nos ancêtres, au sol, comme les macaques et les babouins, peuvent attraper et manger de petits vertébrés à l’occasion, mais ce ne sont pas des chasseurs professionnels, comme nous le sommes devenus. Nos ancêtres lointains sont descendus des arbres vers 7-8 millions d’années pour conquérir le monde de la savane africaine. Cela n’a pas dû être facile face aux fauves et sans pouvoir se réfugier dans un arbre. Au début, nous étions des proies pour les grands prédateurs, comme en témoignent les crânes d’australopithèques percés de trous de canines et découverts en Afrique du sud dans des tanières de léopards… Au cours des millions d’années qui ont suivis, ces petits primates aberrants ont pris de l’assurance en devenant plus solidaires entre membres de la bande que leurs ancêtres forestiers et en fabriquant des armes qui blessent à distance. Ils se sont redressés et sont devenus de bien meilleurs marcheurs, se faisant une spécialité de la traque à la course du gibier jusqu’à épuisement, ainsi que la pratiquaient encore les Bushmen ou Shans du Kalahari. D’après les anthropologues, pour dissiper la chaleur d’une course de fond en plein soleil africain, les glandes sudoripares se sont spécialisées dans la sudation et le pelage a presque totalement disparu. La part carnée, qui était apportée par les hommes, est devenue plus abondante au fur et à mesure de ce sucés évolutif. Elle a complété ce que trouvaient plus facilement les femmes et les enfants par la cueillette et la pèche. La part due à la récolte des plantes sauvages était moins riche énergétiquement, mais elle était prédominante en quantité et surtout, elle assurait la subsistance quotidienne quand la chasse n’était pas bonne. Déjà, les femmes préhistoriques faisaient bouillir la marmite au campement pendant que les hommes partaient loin !

Pour se défendre et chasser en milieu ouvert, nos ancêtres ont donc appris à se coordonner et à s’entraider. Les chimpanzés et les babouins chassent parfois des petits mammifères et des oiseaux au nid, mais jamais systématiquement et collectivement de gros animaux. Les hommes primitifs ont aussi appris à obéir à un leader qui dirige la chasse et à se partager les rôles en fonction de leurs compétences. Après s’être contentés dans un premier temps de chasser des petites proies et récupéré des animaux morts, ils sont devenus capables de s’attaquer en groupe à des grands herbivores et à se défendre contre des carnivores aussi redoutables que les lions. Ils ont donc appris à coopérer entre eux quand ils étaient attaqués ou quand ils cernaient des proies de plus en plus grosses. Ils ont développé un langage verbal de plus en plus complexe pour transmettre de plus en plus d’informations et partager au campement leurs expériences, leurs projets, leurs émotions, leurs techniques. Le cerveau, qui était déjà remarquable par sa taille chez les primates, a été fortement sélectionné pour tripler en moins de deux millions d’années.

Par quel miracle, cela a-t-il pu se produire ? Il n’est pas nécessaire de faire appel à une prédestination et à un être surnaturel pour expliquer cet accroissement extraordinaire du cerveau. La sélection naturelle faisait le tri, comme toujours, mais ce fut particulièrement rapide parce que c’était vital. Seuls les clans, qui parvenaient à attraper du gibier par l’astuce et les armes, survivaient et transmettaient leurs capacités à leurs descendants qui héritaient à la fois d’un plus gros cerveau et de techniques de plus en plus sophistiquées. Parallèlement, les cailloux et les bâtons ont été utilisés et de mieux en mieux taillés pour donner des armes redoutables qui permettaient de tuer en bande et à distance de gigantesques animaux. Bref, nous sommes devenus le seul primate qui chasse collectivement le gros gibier et ce fut une grand réussite, du moins dans cette première époque qui dura si longtemps.

Or, ce qui est négligé par la plupart des philosophes, c’est que nous sommes toujours adaptés à cette niche écologique, alors que nous vivons dans un monde complètement différent. Notre civilisation date de 10.000 ans alors que notre espèce date de 200.000 ans, le genre Homo de 2,5 millions d’années et la famille humaine de 7,5 millions d’années… Ce qui nous parait avoir toujours existé est très récent. C’est une sorte d’illusion d’optique qui nous fait croire grand ce qui est proche de nous.

Notes

[1] Un article de Pierre Jouventin, ‘Le propre de l’homme sous le microscope’, paru en 2010 chez Imho-Radicaux libres dans le livre collectif ‘La raison des plus forts’ est à l’origine de ce chapitre.

[2] Trois prédateurs dans un salon -L’histoire naturelle du chat, du chien et de l’homme, livre de Pierre Jouventin paru en 2014 chez Belin.


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