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CINEMA : Regard sur "Volem Rien Foutre al Païs"

le 4 octobre 2007

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CINEMA : Regard sur "Volem Rien Foutre al Païs"

Le dernier Pierre Carles

Vivre autrement, comment sortir du marché et de la technologie à outrance, pour quoi faire ?

Ce film fait parler une minorité de personnes qui vivent des alternatives notamment rurales. En terme d’habitat, on reconnaît la simplicité de l’éolienne, des panneaux solaires, des toilettes sèches, cela fait du bien de revoir ce que l’on sait déjà sous un angle filmé. Ces résistants vivent la décroissance sans manque, ni faux besoins et se questionnent et prennent le temps de remettre en cause l’allant de soi : la rentabilité de son temps, de son argent, pourquoi faire si c’est pour ne pas vivre sereinement ?

Sommes nous plus importants que les marchandises ?

Le film est inclassable dans le genre. Il mêle les images extraites de la télévision française, débats politiques avec des images filmées dans le quotidien de personnes qui vivent de façon autonome dans les campagnes. Il cite des combats de résistants de notre monde industriel en Espagne, Belgique, France et Angleterre.

Nous sommes invités au coeur des réunions syndicales du congrès du Medef. Ce film tend à illustrer cette thèse : nous vivons enchaînés dans un système politique et social qui contrôle nos choix de travail, de consommation, bref de vie….

Les premières images du film commencent avec Pompidou et les dernières sont celles d’une interview avec la ministre des armées, tout un symbole sur la politique française entre économie et sécurité. Des discours officiels alternent avec des interviews d’hommes qui ont choisi de vivre avec le RMI ou un demi salaire. Ces personnes disent leur bonheur de vivre simplement dans la nature, à s’occuper de leurs « merdes » au sens propre comme au figuré.

Le capitalisme et le libéralisme, la culture de l’argent ont infiltré les domaines économiques, politiques, syndicalistes. C’est une crise existentielle de certains, sur le sens donné au choix de vie : pourquoi travailler si c’est pour aller dépenser son argent dans des faux besoins ?

Des images d’archives, de publicité et du dernier clip de la campagne présidentielle de Sarkozy montrent avec beaucoup de dérision les croyances et réalités d’aujourd’hui. Un bricoleur de moteurs à eau dit très justement : « historiquement, ça n’a pas toujours été comme ça, donc ça peut disparaître. Le marché capitaliste n’a que 2850 ans. »

Autonomie, libre arbitre, choix de son emploi du temps sont revendiqués par ces guerriers des temps modernes. On aime ce côté rebelle voire anarchique, de leurs actions quotidiennes et concrètes. La crise du logement dans les grandes capitales de ce monde est montrée à Barcelone où des jeunes squattent des appartements libres, personne ne peut dire que c’est mal, c’est un acte à la Don Quichotte.

Dans les années 1970, l’ère des babas cool post 1968 disait adieu aux voitures, aux banques et en 1980, il y a eu le choc pétrolier, du chômage, la parade était clair pour le monde capitaliste, celle de la peur.

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Ce film illustre avec beaucoup d’humour une triste réalité sociale : chômage, sans abris, pollution de la Terre.

Personnellement, j’émettrai une réserve sur la cohérence entre les propos recueillis et les modèles de vie qui sont présentés : comment croire un gars qui fume des cigarettes « malboros », boit de la bière « kronenbourg » et qui dit vivre sainement et mieux à la campagne ?

Si c’est pour vivre avec d’autres dépendances et enfumer l’air, le spectateur que je suis peut se demander pourquoi partir des villes par exemple.

Le site du film vaut la peine d’être visité : www.rienafoutre.org avec une interview d’un des trois réalisateurs.

La question est : comment faire, entrer en résistance aujourd’hui par rapport au travail ? Tuer Georges Baisse, ou se planquer dans les montagnes avec des chèvres ?

Les avantages de la construction en paille et sa simplicité de démontage, pour un prix modique.

L’allusion aux toilettes sèches : regarder sa merde en face et de ne plus en avoir peur, de ne plus la donner aux autres, d’être responsable de tous ces actes et gestes dans la vie.

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Les agressions verbales d’une enquêtrice en entretien avec un gars laisse décourager sur la somme des papiers administratifs pour demander le RMI.

Des images de l’émission TV « 7 sur 7 politique » d’Anne Sinclair, de grèves dans les usines, des phrases chocs : dans les guerres, les ouvriers sont les soldats.... Un ouvrier parle au CRS en disant qu’il n’est qu’un pion dans l’échiquier et qu’il fait son boulot, pour gagner de l’argent, pour manger. Des images chocs, de cochons dans une usine...

Le monde industriel au banc des responsables du chômage.

Qui crée les besoins du consommateur ? De quoi avons-nous besoin pour vivre ? Créer un mouvement citoyen, arrêtez la consommation, peut être passer par la guerre des thèmes mélangés les images du clip de Sarkozy.

Un mouvement "Dinero gratis" en Espagne, l’argent gratuit, laisse songeur et les séquences sont filmées avec beaucoup d’humour. Autre dérision à l’ANPE, quand un des réalisateurs demande aux personnes présentes celles qui ont trouvé un travail grâce à l’ANPE : aucune.

Une séance très authentique également lors d’une réunion en Angleterre où un chômeur explique qu’il ne veut pas travailler : « on ne pactise pas avec l’ennemi ». Cette organisation dinero gratis montre que le vol est un moyen d’autonomie.

Travailler c’est ressentir la mort, phrase clé du film. A bas le travail, prise de logement par la force, des phrases "tu crées ta propre réalité", des citoyens qui sont présentés comme témoins et compatissent vers les jeunes qui prennent des appartements vides.

L’absurdité d’un système, des valeurs de travail qui sont reproduites depuis des générations, ici est brutalement remise en questions.

Ce film reflète le questionnement du choix professionnel, la place du travailleur social, le RMI et le lundi au soleil ? Le RMI est payé par ceux qui travaillent, ne pas travailler veut-il dire que l’on appartient à une marginalité ?

Comment arriver à l’autonomie de ces besoins, bâtir son environnement, pour ne plus aller au supermarché ?

Certaines images risquent de donner raison aux détracteurs des alternatifs. Par exemple celle de cette communauté qui vit dans un habitat troglodyte, où le spectateur risque de mal apprécier le « bordel » et les accumulations de produits de seconde main.

Avec tant d’images si fortes, ce film est riche et ne peut que permettre de se questionner sur ses propres habitudes. Ce pas de côté ouvre un nouvel horizon.

Ce film ne donne pas de solutions miracles au problème du travail, et à celle d’avoir une activité, mais illustre clairement les dépendances liées au capitalisme. Si être salarié c’est être prostitué à vie, soumis, le bricoleur à l’accent du Sud propose activité, autogestion et autonomie.

Enfin est-ce que la technologie et le respect du vivant et de l’espèce humaine peuvent se conjuguer ?

Cette chronique a été rédigée pour Passerelle Eco. Elle n’est pas parue dans la revue, qui a publié un autre article sur le film "Volem Rien Foutre al païs"


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