Passerelle eco
Actu : Passerelle Éco 84, la revue de l’été, est parue !

Derniers articles

Nos Livres et revues

La revue Passerelle Eco : sommaire des numéros, compléments d'info, bulletin d'abonnement à imprimer ...

Derniers articles

Réseau éco

20 ans d'écolieux

Des reportages et les annonces du réseau éco et de la dynamique écovillage en France : écolieux de vie, projets d'écovillages, écofermes pédagogiques, personnes ressources ou en recherche, entreprises, centres de formations, etc... Plusieurs rubriques sont consacrées aux écovillages en germe ou en devenir, car ces initiatives font converger l'ensemble des aspects de l'écologie pratique : l'actualité, leurs activités, rencontres, chantiers ou échanges proposés.

Derniers articles

Thématiques

Dossiers thématiques : depuis les statuts de la loi de 1901, l'alimentation, la construction saine, l'habitat léger, le carburant tournesol ...

Derniers rendez-vous

Annonces, photos, comptes rendu des rassemblements, rendez-vous, festivals, colloques, manifestations...
Vous êtes ici > Accueil > Thématiques > Déchets
AREVA et la gestion nucléaire

le 3 juin 2010

Des déchets nucléaires sous le stade de foot

Nucléaire et limites

En Bourgogne, 235.000 tonnes de déchets radioactifs sont entassées en pleine ville, à côté du stade de Gueugnon. Une présence qui embarrasse Areva, mis en cause.

Geugnon, un stade, une ancienne usine de retraitement ...

Elles reposent sous terre, bien cachées à l’abri des regards. Pas de traces, pas d’odeur ; ni vu ni connu. Officiellement, il n’y a rien à craindre ni à voir à Gueugnon, juste ses forges bâties sous Louis XIV et son club de football. A cinq minutes du centre-ville, au moins 235.000 tonnes de déchets radioactifs peuplent pourtant le sous-sol de la cité bourguignonne, juste à côté du stade Jean-Laville (14.000 places pour une population de 8.000 personnes).

Le Football-Club de Gueugnon connut longtemps son heure de gloire, trente-sept saisons en 2e division, une en 1ère (1995-1996), plus une victoire en finale de la Coupe de la Ligue en 2000. Le voici qui stagne aujourd’hui en 3e division et traîne comme un boulet l’affaire du parking sud, sous lequel sont cachées un dixième des 235.000 tonnes.

De 1955 à 1980, la ville héberge une usine de traitement de minerais et de pré-concentrés d’uranium appartenant à la Cogema (aujourd’hui Areva). Quand l’usine ferme, les déchets sont jetés dans des gravières et vaguement recouverts… Les anciens se souviennent de têtes de mort affichées aux abords et des consignes données aux enfants de ne pas y aller. De maigres fils de fer qui n’empêchent personne de passer sont installés, les têtes de mort disparaissent avec le temps. Les habitants viennent flâner sur les rives toutes proches de l’Arroux, un affluent de la Loire. Des pêcheurs y taquinent le goujon, la municipalité trace un parcours santé autour de la zone de stockage…

Elus et habitants finissent par oublier la présence des déchets au grand soulagement d’Areva. Jusqu’à l’apparition d’une association locale, Vigilance pour l’Environnement de Gueugnon (VPEG). Avec l’aide de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), seul laboratoire français indépendant, VPEG convie début 2009 une équipe de France 3 qui enquête sur les sites de stockage français (51 millions de tonnes de résidus d’extraction de l’uranium entreposées dans 21 sites, selon la Criirad).

Comme par enchantement, une clôture métallique verte de 2 m de haut sort alors de terre et vient enfin encadrer la zone de stockage. Mais juste à côté, tout près du stade, un expert de la Criirad mesure la radioactivité et s’écrie : "Y en a partout ! C’est l’horreur !" Au bord de la rivière tant appréciée des pêcheurs, le flux de rayonnement atteint 16.000 coups par seconde, soit 100 fois plus que la norme. Jusque-là, pendant trente ans, les expertises commandées par Areva n’avaient jamais rien relevé…

"Nettoyer en totalité aurait bloqué la zone pendant un, peut-être deux ans"

L’une des zones les plus dangereuses se situe au niveau du parking sud du stade. A l’été 2009, Areva entreprend sa rénovation. "Ils ont proposé deux solutions, explique Bernadette Lesme, présidente de VPEG. Nettoyage total des déchets avec transfert vers le centre de stockage d’à côté ou nettoyage partiel." Areva s’engage à prendre en charge le coût des travaux, 700.000 euros pour la première solution, moitié moins pour la seconde. "Aussi incroyable que cela paraisse, quand Areva a logiquement exprimé sa préférence pour la moins coûteuse, le maire a dit OK", s’étrangle Roland Desbordes, le directeur de la Criirad.

C’est qu’il faut faire vite. En septembre, la ville accueille le match France- Ukraine Espoirs. Et comme le reconnaît Areva, jointe par le JDD, "nettoyer en totalité aurait bloqué la zone pendant un, peut-être deux ans". Dominique Lotte, le maire (PS) se défend : "La commission locale d’information et de surveillance avait validé la proposition du nettoyage partiel et je me voyais mal demander à Areva de tout enlever. Pour en faire quoi ? Pour les refiler à qui ?" En juillet dernier, Areva entreprend donc les travaux. Une entreprise de sous-traitance creuse la roche radioactive. Présent ces jours-ci sur le chantier, un ouvrier laisse éclater sa colère : "L’année dernière, on était dans le trou à creuser ! Deux heures après la fin de ma journée de travail, à 80 km delà, mes vêtements étaient toujours radioactifs. Le mal est fait depuis cinquante ans ! Toute cette merde qui est là…" Areva se défend en affirmant qu’aucun niveau élevé de radioactivité n’a été observé sur les ouvriers.

72.000 ans pour que la radioactivité des déchets diminue de moitié

Ce qui n’est pas le cas du parking. En septembre 2009, des tests montrent que sous l’effet du nouveau goudron répandu sur le parking, la radioactivité a été multipliée par deux ! "Le numéro 1 mondial du nucléaire qui nous dit en juin avoir trouvé la réponse pour éviter les fuites radioactives et deux mois plus tard se montre incapable de mesurer les effets du goudron sur les déchets…" raille Christine Bernard, chef de file de l’UMP locale.

Areva sort alors de son chapeau une autre solution miracle, une membrane que des ouvriers sont en train de poser, ces jours-ci, sur les 2.500 m² du parking. Promis juré, enfouie sous 20 cm de gravats, celle-ci étouffera totalement les émanations du radon 222, dont les propriétés cancérigènes ont été reconnues par l’Organisation mondiale de la santé. Le maire de Gueugnon y croit : "On essaie de solutionner le problème à moyen terme. Sachant que si les tests ne sont pas satisfaisants une fois les travaux terminés, il n’y aura pas de parking."

A entendre Areva, l’élu qui, comme l’écrit Le Journal de Saône-et-Loire, a en tête "derrière le souci sanitaire de veiller à l’image de la ville", peut enfin dormir tranquille. Il n’y aurait plus aucun souci avec le nucléaire à Gueugnon : le centre de stockage est propre, délimité et interdit au public ; le parking sera bientôt flambant neuf ; les eaux de l’Arroux et les poissons qui la peuplent sont blancs comme neige, tests scientifiques à la clé. Ces mêmes tests qui n’avaient rien relevé en trente ans…

Cet optimisme fait hurler les militants de Vigilance pour l’Environnement : "On ne lâchera rien, prévient Bernadette Lesme. Ils ont tenté de nous enfumer plusieurs fois, mais on est toujours là." Le directeur de la Criirad estime qu’il faudrait attendre 72.000 ans pour que la radioactivité des déchets diminue de moitié. "Pour l’instant, on manque de recul pour connaître les effets sur la santé publique, mais à long terme les déchets vont évidemment poser problème. La membrane va forcément se dégrader, céder au niveau des soudures, souffrir des intempéries." VPEG et la Criirad ont entamé une action en référé et un recours en annulation devant le tribunal administratif de Dijon. Avec l’espoir de voir le parking interdit d’accès à la population, à défaut d’être jamais vidé de ses déchets radioactifs.

Alexandre Dµ yck, envoyé spécial à Gueugnon (Saône-et-Loire) pour le Journal du Dimanche.


1 vote
Contact --- Mentions légales

ecovillageglobal.fr

le site de l'écovillage global des lecteurs et annonceurs de la revue Passerelle Éco

PASSEZ UNE ANNONCE

Vends Maison Éco-Rénovée de 55 m² , avec Atelier et Jardin (Écolieux existants dans le 44)

Offre : Nous vendons une longère du 17ème siècle entièrement éco-rénovée en 2019, au sein d'un petit hameau en pleine campagne, à 6 min d'un village avec commerces. Au rdc un pièce de vie avec cuisine (...)

Recherche d'un Covoiturage pour me Rendre aux RNP 2024 (EcoNomades dans le 50)

Projet : Je recherche une personne possédant véhicule motorisé se rendant à la Rencontre Nationale de la permaculture qui se tiendra du 22 au 25 août à Varennes sur Loire dans le Maine et Loire (...)

2 Chambres se Libèrent dans une Coloc sur le Plateau de Millevaches (Offres de CoHabitation dans le 19)

Offre : Pour des personnes faciles à vivre, ayant déjà vécu en collectif, 2 chambres se libèrent dans une très grande maison située à Peyrelevade (19290) dans le bourg. Il y a 4 chambres en tout. Chaque (...)

M'Installer et m'Associer en Ariège (Graines d’Avenir dans le 15)

Projet : M’installer près de Tarascon sur Ariège Rencontrer des personnes qui partagent mes idées libertaires. M’accueillir en partageant les frais... une maison à louer en attendant. Ou autre.. (...)

Installation en Ariege avec une ou qq Personnes (Contacts dans le 15)

Projet : F. 67 A. renc. H ou F. libertaire ; ouvert aux autres et à la différence, confiant en l’humain. Je souhaite m’installer dans le 09 ou 11 ou 64. Je propose dans un 1er temps un éch. tél. puis (...)