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le 17 novembre 2022

Agricultiver

Eau et paysans : pour une autre irrigation

Alors que les projets de méga-bassines se multiplient ainsi que leur contestation, la Confédération Paysanne se mobilise pour expliquer ce que c’est qu’une méga-bassine... et ce que ça n’est pas et faire des propositions.

Ici, on voit comment une ferme paysanne peut faire un usage raisonné de l’eau de pluie, de retenues d’eau de taille raisonnable et de l’irrigation, puis on présente les propositions de la Confédération Paysanne pour une irrigation durable et saine pour les humains et pour les écosystèmes.

Pour une autre irrigation

L’irrigation est un besoin essentiel en agriculture. Elle vient pallier un déficit hydrique. Mais cet usage doit s’inscrire dans un ensemble de pratiques qui visent d’abord à réduire la dépendance de l’agriculture à l’irrigation et à économiser la ressource. L’irrigation s’intègre dans une réflexion systémique sur les moyens et pratiques de production : variétés cultivées, conditions climatiques, intrants, infrastructures paysagères, etc.

Dans un territoire, la gestion de l’eau est fonction de deux facteurs incontournables : accueillir dans des sols vivants et retenir dans des bassins versants aménagés. La disponibilité en eau douce pour les usages naturels et anthropiques dépend donc de la couverture permanente des sols et du paysage. Une bonne couverture des sols, aménagés pour freiner les flux et l’érosion, permet d’allonger la période de séjour de l’eau dans la phase terrestre de son cycle.

Ainsi, pour faire face à la raréfaction de la ressource en eau et répondre aux besoins de l’agriculture, il faut d’abord chercher à retenir l’eau dans les sols. Cela passe par moins de bétonnage, par la préservation des zones humides et par le soutien à des pratiques agricoles qui restaurent les sols. L’amélioration du stockage de l’eau dans les sols permettra de faire revenir une eau disponible pour les plantes en période de sécheresse.

Pour compléter cette ressource en eau que les plantes prélèvent directement dans le milieu naturel, il peut être mis en place des petits ouvrages de stockage ou des systèmes d’irrigation déconnectés du réseau hydrographique. Cela perturbe moins le cycle naturel de l’eau que des méga-bassines qui pompent dans des réservoirs naturels.

Sur le terrain : quelques paysans... sans méga-bassines

Dans toutes les régions, des solutions de petite taille, locales et respectueuses, existent. Dans certains territoires on trouve des systèmes de petites retenues collinaires. Dans d’autres, c’est l’irrigation gravitaire traditionnelle qui domine.

 Amandine est maraîchère en Deux-Sèvres avec trois autres associés (dont deux avec elle sur l’atelier de maraîchage). Elle cultive 1 ha de maraîchage, dont 2000 m2 sous serre. L’irrigation est présente toute l’année avec une consommation d’environ 2000 m3

L’eau pour l’irrigation est issue d’une petite bassine plastifiée de 600 m3 alimentée exclusivement par de l’eau de pluie. L’eau de pluie qui coule sur la serre est réorientée vers le bassin. L’irrigation est ensuite réalisée par un système de pompage solaire et de goutte-à-goutte pour économiser l’eau. Le volume de la bassine étant inférieur à 1000 m3, il n’y a pas de redevance auprès de l’Agence de l’eau. Au total, le coût d’installation a été le suivant : 10 000 euros pour la bassine, 5 000 euros pour le système de pompage solaire, 6 à 7000 euros pour l’installation des canalisations et du goutte-à-goutte. Le reste de la ferme est composé de 30 ha de céréales et prairies non irriguées.

 Pierre-Yves est arboriculteur en Ardèche. Installé seul, il produit une grande diversité de ruits sur 6 ha : cerises, pêches, abricots, prunes, raisin de table, petits fruits et châtaignes. Il irrigue les framboisiers et les pêchers tardifs pour un total de 0,5 ha.

L’eau d’irrigation est prélevée dans un forage collectif qui est géré par une ASA (association syndicale autorisée). Pierre-Yves estime le coût de l’irrigation entre 500 et 600 euros pour une consommation de 500 à 600 m3 d’eau par an. Enfin, Pierre-Yves précise qu’il cultive des terres qui résistent plutôt bien à la sécheresse, qu’elles sont enherbées et qu’elles reçoivent chaque année du compost.

 Yann est paysan en Vendée. Avec son associée, il élève 90 vaches allaitantes charolaises et cultive 100 ha : méteil grain, blés (semences paysannes), prairies temporaires, maïs fourrage (semences paysannes). L’irrigation sert à la production de 10 ha de maïs ensilage et de luzerne pour les animaux.

L’eau pour l’irrigation est prélevée dans un étang dont ils ne sont pas propriétaires. Ils ont le droit à un prélèvement maximum de 20 000 m3 d’eau par an (atteint une fois en 10 ans). En moyenne, la consommation d’eau s’élève à 15 000 m3 par an. Les cultures sont systématiquement arrosées la nuit pour économiser l’eau. Le coût par an de l’irrigation est le suivant :

  • 500 à 600 euros de redevance pour l’Agence de l’eau,
  • 600 euros pour la location de l’étang,
  • entre 600 et 1000 euros d’électricité et d’amortissement des installations (canalisations, etc).

Les revendications de la Confédération Paysanne

Nous affirmons la nécessité de reconnaître le « droit de l’eau » comme préalable au droit d’accès à l’eau pour l’irrigation. Le respect du cycle de l’eau et sa préservation doivent être garantis sinon sa disponibilité est de fait remise en cause.

 Les financements publics doivent en premier lieu inciter les paysan·ne·s à s’engager dans des systèmes qui limitent leurs impacts sur la ressource en eau, en quantité et en qualité. L’encouragement de systèmes agricoles toujours plus gourmands en eau est dangereux pour la pérennité de l’activité agricole qui doit préserver son outil de travail.

 La gestion de l’eau doit être transparente et démocratique. Là où la ressource est rare, un plafond de prélèvement doit être mis en place pour l’irrigation prenant en compte le nombre de personnes travaillant dans la ferme. L’accès à l’eau en agriculture doit soutenir prioritairement les productions locales pour l’alimentation humaine, l’élevage paysan et des productions agricoles à forte valeur ajoutée et intensives en emplois.

D’après une documentation de la Confédération Paysanne

Voir aussi
 "Les méga-bassines, une fausse solution face au changement climatique"
 "Mégabassines : les paysan·nes en première ligne des ravages de l’agro-industrie"


1 vote

1 message

  • Eau et paysans : pour une autre irrigation

    Le 12 janvier, par FRANCOISE

    Les glaciers fondent ça semble évident d’utiliser des mares ou des lacs pour récupérer l’eau douce avant qu’elle aille dans la mer ; ce qui n’empêche pas bien sûr d’économiser l’eau et d’utiliser des techniques agricoles de couverture du sol, arrosage minimal, cultures moins gourmandes en eau, bien sûr ; mais récupérer l’eau de pluie et la stocker ça semble évident (d’ailleurs c’est pas nouveau) ; pourquoi ne pas en parler et organiser ce stockage, lacs collinaires, au lieu de ne parler que des mega-bassines ? bonne année

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