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kilowatt heure et facture électricité
Le coût de l'énergie éolienne : comparaison du prix du kilowatt-heure-éolien et des autres énergies dont le nucléaire, les coûts cachés, les coûts sociaux, et le vrai prix ou juste prix

le 2 décembre 2003

Le coût de l’énergie éolienne

Evaluation du vrai coût de production et comparaison avec les autres énergies

NDLR : cet article compile les résutlats de 2 études, l’une a été menée au Québec, l’autre qui compare le cout de l’éolien à celui du nucléaire, en Belgique...

La problématique générale

Le kWh éolien, produit dans de bonnes conditions, peut aujourd’hui se vendre autour de 0.05-0.07$US. Toutefois un débat important existe à savoir si les producteurs d’énergie éolienne devraient accepter de vendre à ce prix. Dans les conditions actuelles la vente à ce prix équivaut selon certains à laisser tomber la marge de manoeuvre qui permet de continuer les investissements en R&D nécessaires pour continuer de faire avancer la technologie. Selon le Windpower monthly, les fabricants se seraient d’ailleurs déjà trop éloignés de la communauté scientifique, manquant ainsi d’intégrer à leurs produits les derniers développements scientifiques [1].

Pour éviter ce scénario, le prix de vente raisonnable kWh éolien devrait donc actuellement se maintenir plutôt autour de 0.08-0.10 $US du kWh [2] . Mais comment alors compétitionner avec des énergies conventionnelles dont les prix sont maintenus artificiellement bas. Ceci nous amène de plein pied dans le débat de l’inclusion ou non du coût des externalités dans le prix de vente de l’énergie. Cette question est d’ailleurs probablement l’un des enjeux majeurs de cette consultation publique.

L’enjeu de ce débat est le suivant : il est de plus en plus admis que le prix chargé aux consommateurs pour les énergies fossiles, de même que pour l’hydro-électricité est loin de représenter le coût réel de ces énergies encouru par la population.

D’importantes études américaines et allemandes ont été faites, comparant l’ensemble des coûts à la société reliés aux énergies conventionnelles (fossiles et nucléaire) d’un côté et aux énergies alternatives (solaire et éolien) de l’autre. En plus du coût de production officiellement reconnu, on a tenu compte du coût environnemental (coût des dommages à l’environnement et coût des contrôles pour respecter les normes), des impacts sur la santé humaine, d’un coût d’amortissement des ressources non-renouvelables, des effets macro-économiques et enfin des subventions aux différentes industries

On arrive à la conclusion que « quand tous les coûts sont considérés, les énergies alternatives ont un coût relatif (p/r aux énergies conventionnelles) considérablement plus bas que ne l’indique les prix du marché » [3]. En général, les études situent le coût de ces "externalités" entre 0.01$US (estimation conservatrice pour l’hydro-électricité) et 0.05$US (pour les centrales thermiques au charbon) pour les coûts actuellement quantifiables. Ceci ne tient pas compte, par contre, des coûts liés aux impacts environnementaux que nous ne savons pas encore quantifier ou dont nous n’avons encore même pas idée.

Une étude de la Bonneville Power Administration, un distributeur d’électricité aux États Unis, évalue les coûts sociaux de l’hydro-électricité à 0,08¢/kWh. Ceux de l’éolien sont évalués par Ottinger (source 2.20) à 0,01¢/kWh ce qui est fait, tous coûts combinés, une source très compétitive par rapport aux autres formes de génération d’électricité.

Le mémoire de l’Association canadienne de l’énergie éolienne [4] souligne que la pluie étant moins prévisible que le vent, sur une base annuelle, Hydro-Québec peut avoir à utiliser d’autres sources d’énergie pour économiser l’eau, dont la centrale thermique de Tracy. « En tenant compte des coûts sociaux, l’éolien peut fournir cette énergie à un coût moins élevé pour la société !! ».

En dépi de la controverse suscitée par cette installation, le barrage de Robertson est réputé produire de l’électricité qui coûtera 17¢/kWh. Une étude commandée par Hydro-Québec à SNC-Shawinigan démontrait que un parc d’éolienne couplées à des génératrices diesel aurait coûté 9,7¢/kWh et que, si le parc fonctionnait à pleine capacité sans les diesels, l’énergie aurait coûté 4,47 ¢/kWh. Les coûts de production actuels de Hydro-Québec seraient de 6,44¢/kWh et Hydro-Québec, dans son rapport Analyse de rentabilité - Programme d’installation directe (Synthèse, 19 juillet 1993), prévoit que ses coûts de production moyens seront de 8¢/kWh en l’an 2000, sans tenir compte des coûts sociaux.

La contribution des petits systèmes

Il nous semble que c’est une évidence que nous en sommes rendus au point qu’il faut prévoir des modalités permettant aux consommateurs de pouvoir investir dans des solutions d’énergie complémentaires ou d’appoint et d’en récupérer le bénéfice en vendant leur surplus sur le réseau principal. Tous y trouveront leur compte et c’est la meilleure façon d’assurer le développement de l’industrie éolienne.

La leçon qui fait consensus suite à la « crise du verglas » de cette année est qu’il faut diversifier ses sources d’approvisionnement. Par ailleurs, Hydro-Québec peut trouver son intérêt à « racheter » de l’électricité - ou à économiser sur ses propres sources de production - pour ses fins de développement. Le vrai coût de production et de livraison de l’électricité chez un client varie en fonction d’un ensemble de facteurs et les études à ce niveau sont malheureusement peu développées.

Offrir le choix aux consommateurs

Aux États-Unis, une nouvelle réglementation va obliger les compagnies distributrices de déclarer la proportion qu’occupe chaque source d’énergie dans l’électricité livrée chez le consommateur. Ceux-ci pourront choisur leur distributeur en fonction de leur préférences et de leurs convictions.

Plus encore, on travaille à faire accepter que chaque distributeur soit tenu d’acheter un quota minimum d’électricité produite par des énergies renouvelables. Nous devons aapter cette nnle tendance dans le contexte Québécois pour permettre au consommateur de choisir ses sources d’énergie.

Le développement de ces choix aura un impact considérable sur le prix que le consommateur consentira à payer et sur la capacité des producteurs d’offrir un prix concurrentiel.

La contribution économique de l’éolien

Le Mémoire de l’Association canadienne de l’énergie éolienne [5], fait ressortir que si le potentiel éolien des régions côtières du Québec actuellement estimé, était exploité, cela créerait les retombées économiques suivantes :

 activité manufacturière : 9 milliards de dollars
 activités de construction : 4,8 milliards de dollars
 activités d’entretien  : 2 400 emplois permanents, surtout régionaux

Les activités de fabrication et de construction créeraient environ 175 000 emplois.

L’ACÉÉ évalue les emplois directs créés à 16,8 personnes-années par million de dollars d’investissement pour 1992.

Il existe actuellement très peu d’expertise dans le domaine éolien au Québec : pour nous, chez Sambrabec, nous devons former nous-mêmes tout notre personnel aux réalités de l’énergie éolienne. Cette expertise et le savoir-faire valent son pesant d’or sur les marchés internationaux et notre implantation au Brésil nous l’a amplement démontré. Le développement des marchés internationaux dans l’éolien est tel aujourd’hui que nous allons voir passer le train si nous ne nous dotons pas rapide-ment d’une bonne expertise. Il serait absurde de ne pas la développer étant donné le potentiel éolien important que nous possédons et l’intérêt économique que nous y trouverons. Ces deux facteurs doivent nous servir de levier au développement d’une compétence reconnue dans la monde, reconnaissance que nous avons déjà acquise dans le domaine hydraulique. Il n’y a qu’à penser aux grandes firmes d’ingénierie qui ont été « mises au monde » par Hydro-Québec et qui aujourd’hui rayonnent partout dans le monde.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que l’avenir de l’industrie ne semble pas résider nécessairement dans des machines toujours plus grosses. A court et à moyen terme, l’optimisation de l’industrie devrait plutôt se faire dans l’exploitation maximum du marché des machines moyennes de 100-500 kW (*1.16). Non seulement il y a là des gains importants à faire en terme d’optimisation de la technologie et de l’efficacité de ces machines mais, en plus, la flexibilité et la modularité qu’offre cette grosseur de machine semble bien répondre aux besoins de grands segments du marché, notamment pour les pays du Sud et les installations en zones isolées. De plus, selon le Windpower monthly, le marché des petites machines (moins de 100 kW) recèle d’opportunités qui sont actuellement négligées (*1.16). Les gains réalisés dans la technologie éolienne depuis 1980 ont presque exclusivement été réalisés dans le créneau des éoliennes destinées au branchement aux réseaux. C’est pourquoi l’entreprise Sambrabec inc. est aussi très bien positionnée avec sa gamme de basse puissance Catavent.

Un autre élément qui pourrait contribuer à réduire sensiblement le coût du kWh éolien sera l’amélioration de l’efficacité des machines à transformer l’énergie du vent en énergie électrique. Comme nous le verrons, c’est là un domaine où le Catavent 150K ne manquer pas de se démarquer passablement, en raison de sa conception unique, notamment dans les plages de vents un peu plus faibles.

La portion de coût qui sera probablement la plus difficile à contrôler est celle des "O&M" puisque qu’une part de ces coûts augmentent continuellement, notamment les frais d’administration (assurance, financement, etc.) (*1.16).

Enfin un dernier élément important concerne la gestion des grands parcs d’éoliennes. Celle-ci est aussi devenue une affaire de haute technologie et on y emploi les outils informatiques et de communication les plus sophistiqués. La production des grands parcs de Californie est gérée à partir de véritable centre de contrôle à distance d’où on supervise le rendement de chaque machine ; on stabilise le flux d’énergie dans le réseau ; on contrôle la vitesse et l’orientation des machines en fonction de la pression et la vitesse des vents ; et d’où, enfin, relié aux services météorologiques, on lance au besoin, 2 heures à l’avance, des turbines au gaz d’appoint pour éviter toute variation dans l’approvisionnement du réseau [6].


Eolien contre Nucléaire

Jean Marie Chevalier, pour la privatisation d’EDF, explique qu’en Allemagne, les gens sont effectivement prêts à payer plus cher pour l’électricité verte, mais qu’on ne peut pas être vert et compétitif... et qu’il faudrait relancer la discussion sur l’écotaxe qui pourrait permettre de mutualiser les charges tout en permettant la compétitivité des industries consommatrices.

Pourtant, la comparaison des coûts du kWh électrique entre éolien et nucléaire, faite par Énergie & Sécurité (no11, 2000), est concluante.

Considérant tous les coûts (Investissement, cornbustible, retraitement, exploitation, entretien, évacuation des déchets et démantèlement) le kWh produit par l’éolien offshore coûte 1,77 FB.

Celui produit par un réacteur à eau ordinaire alimenté en MOX revient à 2,22 FB.

Il est vrai que dans le cas de l’éolien, les coûts du combustible, du retraitement et d’évacuation des déchets ne sont pas applicables. Quant à la durée du démantèlement et de libération du site, elle va de quelques jours pour l’éolien à plus de 50 ans pour le nucléaire.

La désinformation entretenue par le lobby nucléaire tend, surtout en France, à minimiser les potentialités de l’éolien. Pourtant, en 1952 déjà, avant même que l’ère de l’énergie commerciale débuta, la Commission Paley, nommée par le Président Truman, avait abouti à la conclusion que les énergies renouvelables étaient, de loin, plus prometteuses que l’énergie nucléaire.

Notes

[1Dossier : Wind power : the first decade. Magazine Wind power monthly, Redding,Ca., USA, January 1995.

[2Article : à cause des changements climatiques : le niveau du St-Laurent pourrait baisser de 40%. Le Devoir, Montréal, Canada, 6 août 1993

[3Dossier : électrification rurale : Magazine Liaison Énergie Francophone, publication de l’Institut de l’Énergie des Pays Francophone (IEPF, membre de l’ACCT), Québec, Québec, hiv.1992

[4Mémoire : Mémoire présenté à la Commission de l’économie et du travail de l’Assemblée nationale, Consultation générale sur la proposition de Plan de développement 1993-1995 d’Hydro-Québec, Association canadienne de l’énergie éolienne. Québec, février 1993

[5Mémoire : Mémoire présenté à la Commission de l’économie et du travail de l’Assemblée nationale, Consultation générale sur la proposition de Plan de développement 1993-1995 d’Hydro-Québec, Association canadienne de l’énergie éolienne. Québec, février 1993

[6Dossier : le formidable potentiel de l’énergie éolienne (au Québec). Dossier spécial par Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, Montréal, 27-28-29 mai 1992

Sources de la première partie  :
 première partie extraite du Mémoire présenté par Sambrabec Inc pour la régie de l’énergie du Québec, en réponse à une demande d’avis sur le développement de l’énergie éolienne au Québec

Consulter également : Etude en anglais sur les Coûts Externes : sociaux et environnementaux, dûs au transport de l’énergie (Research results on socio-environmental damages due to electricity and transport)


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