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le 24 septembre 2014

DOSSIER :
Permaculture et Écovillages - un mémoire (2)

Mémoire de thèse de Stéphane Groleau.

Principes généraux de la permaculture

Deuxième article issu du mémoire "Permaculture et Écovillage" de Stéphane Groleau.

La permaculture est issue d’un contexte écologique et social en crise. Mais quels sont ses principes et ses idées ?

Dans sa réaction contre les conséquences fâcheuses de l’agriculture conventionnelle et productiviste, trois buts principaux sont visés : premièrement, rechercher à stabiliser et prendre soin de la terre ; deuxièmement, répondre aux besoins de la maisonnée et aux besoins locaux ; et ensuite seulement, vendre ou échanger les surplus [1]. La permaculture vise ni plus ni moins que la conception d’un écosystème agricole dans lequel l’humain est une partie du tout, et aucunement le chef suprême. D’ailleurs, il faudrait encourager les jardiniers, car ce sont eux les vrais agriculteurs. Avec une simple petite partie de terre, ils produisent énormément. Mollison encourage les terrains d’une grandeur entre 1000 et 4000m². Ce serait la façon d’être le plus productif. En 1981, les potagers maison fournissaient déjà 18 % de la nourriture des États-Unis, à un prix presque équivalent à celui du total de l’agriculture (Bill Mollison, Introduction to permaculture, p. 7).

Les grands principes de la permaculture sont très simples : pas de labour, pas d’engrais, pas de pesticides, pas de sarclage. Ainsi, « la permaculture renverse tous les dogmes de l’agronomie traditionnelle pour proposer un nouveau mode de production agricole très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant…) et respectueux des être vivants et de leurs relations réciproques [2]. » C’est par de nombreuses observations et expériences que ces principes ont vu le jour. La philosophie derrière est simplement de travailler avec la nature plutôt que contre elle.

On doit sortir de l’idée de combat et réaliser qu’il n’existe pas de mauvaise herbe. Pour la permaculture, tout organisme dans un environnement a une fonction, et c’est d’ailleurs ce que doit viser tout aménagement volontaire. La terre n’est pas non plus un support minéral inerte, elle abrite des centaines de millions de microorganismes qui ne sont pas là sans raison. Ceux-ci peuvent travailler de manière optimale et enrichir la terre s’ils ne sont pas perturbés par des apports extérieurs chimiques ou le bouleversement des labours. Le travail du sol, ce n’est donc pas uniquement mécanique, c’est aussi le travail des racines des plantes, le travail des micro-organismes qui décomposent la matière organique, le travail des vers qui retournent la terre et participent à la structuration en permanence.

Les principes de thermodynamique sont également pris en compte, soit : rien ne se perd, rien ne se crée. Tout système étant traversé de différentes énergies (eau, vent, pluie, soleil…), le but est de réussir à utiliser cette énergie gratuite au maximum et la transformer en ressource utilisable. Bien sûr, lorsqu’on parle d’énergie, on doit considérer toutes ses formes (énergie naturelle, travail humain, intrants). Ainsi, comme l’illustre Bill Mollison, le passage de l’agriculture paysanne à l’agriculture productiviste a peut-être accru la productivité de 15 %, mais on doit y mettre 800 % plus d’énergie (Bill Mollison, Introduction to permaculture p. 9). Il faut sortir de sa petit bulle et ainsi considérer l’énergie impliquée dans l’extraction et le raffinage du pétrole pour les tracteurs, la fabrication des engrais et produits chimiques, le travail de la terre avec la machinerie, etc.

On doit réaliser que tout peut être une ressource, par exemple des mauvaises herbes peuvent informer sur le type de sol ou de plante à semer. De même, il faut faire le moins de changements possibles pour le meilleur bénéfice possible. Il ne faut pas faire d’actes non nécessaires. Ainsi, Mollison préconise de laisser aller les choses, en essayant uniquement de placer les éléments en relations les uns aux autres. Lorsqu’on élabore un aménagement, ce qui importe n’est pas d’avoir la plus grande diversité de plantes, mais c’est le nombre de relations bénéfiques qu’il y a entre elles (Bill Mollison, Introduction to permaculture p. 8). Sur ce, Mollison relate :

J’étais assis un soir, et j’étudiais combien de connexions étaient possibles juste en plaçant deux éléments ensemble : une serre et un poulailler. Je pense que j’en suis arrivé à 129 sortes de relations bénéfiques. Ce dont on parle réellement ici n’est pas l’assemblage complexe de 3 000 espèces sur un même site [3].

L’agriculture permanente est plus qu’un simple système d’approvisionnement alimentaire. Elle influence le milieu de vie, le rapport à la nature et la qualité de l’environnement. Il est intéressant de noter que la permaculture veut être accessible à tous. Avec les principes de base en tête, on peut développer notre connaissance de l’écosystème. Chacun peut devenir expert de son milieu. Il n’y a pas non plus de centralisation des connaissances, chacun peut contribuer et tout est très partagé. Ainsi, outre ses principes généraux, la permaculture cumule une somme colossale de conseils pratiques, d’astuces, d’idées, d’expériences, etc.

Notes

[1Bill Mollison, Permaculture, a practical guide for a sustainable future, p. ix.

[2La permaculture, (AgriPerma, p.1).

[3Ibid., p. 8 (traduction libre)


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