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Publié dans Passerelle Eco n°3
De la consommation à l'expérience, et de la pollution à la jouissance :

le février 2000

De la consommation à l’expérience, et de la pollution à la jouissance

L’abondance ? Murielle voulait en savoir plus...

 Le piège de l’abondance, répondit Jacques, est de nous enfermer dans les mirages du matérialisme générateur de frustrations et de gaspillages. La clé pour en sortir réside dans le principe que tout ce que nous désirons matériellement n’est rien d’autre que le symbole d’une expérience que l’on veut vivre.

 Je ne comprends pas bien, admit Murielle.

 Je vais prendre un exemple déclara Jacques. Imaginons que je sois un cadre à la vie stressante ; je vis toujours à 100 à l’heure, passant d’une obligation à une autre. Le seul moment où je m’évade, où je respire enfin et où je me ressource, c’est en vacances au bord de la mer, et quand il m’arrive en week-end d’embarquer sur le voilier de mes amis. En semaine, au volant de ma voiture prisonnier des embouteillages, ou coincé dans le fond de l’ascenseur qui m’emmène vers mon prochain rendez-vous, il m’arrive de penser à la mer.

Et puis naît l’idée : "et si je m’achetais un bateau ? Ne serait-ce pas merveilleux [..] ? Je pourrais, tous les week-ends pourquoi pas, prendre la mer, vivre l’aventure des grands espaces, m’enivrer du vent qui fait claquer les voiles et des vagues qui jouent avec l’étrave !..." Et je me mets à rêver à cela de plus en plus précisément. J’en parle à ma famille et je lui dis tout le plaisir que vont nous procurer ces aventures maritimes, comment cela va contribuer à nous retrouver, comment, grâce à ce ressourcement, je vais devenir plus agréable à vivre.

Ça y est, le voilà amarré au port, et pour la première fois toute la famille embarque. Quelle exaltation ! C’est merveilleux, tout se passe comme prévu. À bord, tout le monde est à la fête : à nous les océans à nous la liberté ! à nous le bonheur !...

Les mois s’écoulent, les échéances de remboursement tombent, puis l’assurance, puis les frais de gardiennage d’hiver, puis le mouillage. Parfois, les enfants et mon épouse demandent à aller ailleurs, mais conscient de la dimension de mon investissement, je veux l’amortir. Alors, chaque fois que le temps le permet, direction le port ! Les vacances ? Fini les congés au bord de la mer où chacun vit comme il l’entend. On part maintenant en croisière ! Vacances cabotage ! Et si l’équipage ose se plaindre, je ne manque pas de lui rappeler combien il est privilégié !

Mais ce n’est pas tout ! Un bateau, c’est aussi beaucoup de corvées de bricolage, de réparation, de rinçages réguliers à l’eau douce [..] ... sans oublier le carénage... le grattage... le ponçage... le vernissage... Au fil du temps, le bateau sort par les yeux de la famille entière. Adieu la fête ! Bonjour les ronchonnements ! Il est devenu source de disputes permanentes. Je ne veux pas l’admettre bien sûr : certes, mon plaisir est maintenant gâché, mais j’attribue cela à la mauvaise volonté familiale. Alors il m’arrive de partir seul ou avec des amis, mais la magie n’y est plus. Les grands espaces ne me ressourcent plus, je ne vois plus que les factures, les corvées et les grimaces du clan. le bateau s’est transformé en stress supplémentaire et je le vends, peut-être même à perte... Bon ! J’ai compris, la solution, c’est la résidence secondaire au bord de la mer.. et me voilà parti prospecter la côte à la recherche de ce qui fera le bonheur de nos week-ends et le hâvre de mon prochain ressourcement...

Florence prit le relais.
 Tu comprends ? Voilà ce qui nous menace tous, à moins d’y prendre garde. Nous ressentons des manques, mais nous ne les identifions pas clairement. Ce qui se manifeste en revanche, ce sont nos désirs, c’est-à-dire les solutions qui s’im-posent comme porteuses du bien-être auquel nous aspirons. Si Jacques s’était demandé dès le départ quelle expérience il voulait réellement vivre, il aurait sans doute répondu : la liberté, la paix, la convivialité... Ce besoin sous-jacent s’est concrétisé dans l’envie d’acquérir un bateau. Or, n’y a-t-il que le voilier qui puisse conduire à ces expériences ?

 Non ! Bien sûr rétorqua Murielle, il est l’un des moyens parmi tant d’autres.

 Exactement, approuva Florence. Mais faute d’avoir identifié ce qu’il voulait au plus profond de lui-même, il ne s’est attaché qu’à la réalisation de son désir. Ne nous laissons-nous pas tous piéger par cela ? Nous voulons une nouvelle voiture, un nouveau poste de télé, une maison comme-ci, et puis changer le papier du salon, agrandir le garage, acquérir le dernier cri d’ordinateur, parce que l’ancien modèle est dépassé... Nous accumulons à ne plus savoir où ranger les choses, mais, une fois passée l’euphorie qui accompagne l’instant où nous satisfaisons notre envie, une frustration sournoise s’installe, car cette chose à elle seule ne saurait combler le vide existentiel que nous portons. Alors la frustration croît, et voilà que germe un nouveau désir dont la satisfaction sera aussi frustrante que les précédentes. C’est aussi vain que les bonbons dont l’enfant se gave faute de ne pas se sentir suffisamment aimé. Dira-t-il qu’il a besoin d’amour ? Non, il quémandera un bonbon !

 C’est pourquoi, dit Catherine, mon travail consiste entre autre, à aider les gens à identifier leurs besoins profonds pour se libérer de l’esclavage de leurs désirs. C’est cela qui permet le passage de la conscience de pénurie à celle de l’abondance.

Ce texte est extrait du livre "Les Aventuriers de l’Abondance", publié aux éditions Yves Michel, avec l’aimable autorisation de Philippe Derudder.


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