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Lettre de L’Éducation Authentique
Empathie et éducation... et plus : Le CRÉA ne prône pas une éducation alternative ou différente (laquelle n'est jamais qu'une « amélioration » du même schéma « éducation », avec un éducateur et un éduqué). Il la préfère toutefois, sans aucune hésitation, à l'éducation conventionnelle et dominante.

le 30 novembre 2010

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Empathie et éducation... et plus

Le CRÉA ne prône pas une éducation alternative ou différente (laquelle n’est jamais qu’une « amélioration » du même schéma « éducation », avec un éducateur et un éduqué). Il la préfère toutefois, sans aucune hésitation, à l’éducation conventionnelle et dominante.

La raison d’être de cet article est d’inviter seulement à "considérer" quelques idées partagées dans une Lettre du "CRÉA".

REFLETS

L’empathie, c’est naturel...

Si le bâillement, le rire, la peur… sont « contagieux », si une catastrophe peut susciter, à des milliers de kilomètres, des élans de générosité, si je pleure ou si je ris devant un écran… c’est que j’ai la capacité de ressentir ce qu’un autre ressent. Une mère, généralement, donne spontanément à son petit les soins appropriés – qui, sans ces soins, ne survivrait pas. La découverte des neurones-miroirs vient corroborer ces observations. L’empathie est cette faculté naturelle à pouvoir saisir ce que l’autre ressent – joie, tristesse, colère, jalousie… – sans nécessairement l’éprouver moi-même (ce qui est alors de la sympathie) ou sans la « fuir » (ce qui est de l’ordre de l’antipathie). En d’autres termes, je ne peux pas ne pas connaître ce que l’autre ressent et je ne peux pas ne pas « vouloir » l’aider – c’est-à-dire m’aider à être moi-même en l’aidant. L’empathie est donc naturelle, innée.

La culture va se charger de la contrôler – notamment par l’éducation-formation – : l’autre est vu comme un concurrent, voire un adversaire, sinon un ennemi… à dépasser, à vaincre ou à abattre, symboliquement, moralement ou réellement. « La vision d’une nature humaine "impitoyable et sauvage" impose à la société des frontières différentes de celles d’une théorie qui fait de la coopération et de la solidarité des composantes de notre origine ». La faculté d’empathie, bien réelle, n’entraîne pas nécessairement la bonté, pas plus que le mariage d’amour n’empêche les conflits. La politique, la culture – dont l’éducation-formation –, la religion… sont là pour veiller au contrôle social – c’est-à-dire au contrôle d’une majorité dominée par une minorité dominante. Et le paradoxe veut que ce contrôle-domination se fasse au nom d’un « mieux vivre ensemble » : l’égalité, la fraternité, la solidarité, la morale, l’éthique… et tous ces jolis mots qui courent dans les idéologies – fussent-elles alters. Le processus (éducatif) est « rodé » : ce qui est naturel est nié pour être recouvert d’un voile de faux bons sentiments, de fausse bonne conscience.

L’empathie n’est donc pas une (nouvelle) injonction morale ou autre. Elle m’est naturelle. Je n’ai surtout pas à l’apprendre – et encore moins d’un quelconque « enseignant ou "gourou" ». J’ai à voir comment, sous couvert de « faire mon bien », j’ai été dépossédé de la maîtrise de mes facultés naturelles, intrinsèques. Alors, je regarde, je regarde, je regarde… Et je ne devrais pas, un jour, ne pas voir… par moi-même. Et alors « supporter » ce que je vois – dans les deux sens du terme : accepter et soutenir. Puis de l’oublier pour le laisser être.

Jean-Pierre Lepri

ÉCHOS

La méthode naturelle...

Nous gardons tout au long de notre vie la saveur des mets que nous avons goûtés dans notre enfance, parce qu’ils sont toujours liés aux détails subtils et indélébiles du comportement familial et social. Et nous n’oublierons jamais cette langue maternelle que nous avons apprise exclusivement par la méthode naturelle, même si elle ne comporte aucune règle dont nous ayons eu la révélation.

Les notions que nous avons apprises pour les examens ou pour satisfaire les exigences disciplinaires de l’école s’en vont comme elles sont venues, heureusement pourrions-nous dire souvent !

La famille ne risque point de se mettre en colère parce que l’enfant articule imparfaitement. L’enfant lui-même corrige hardiment, peu à peu, mais on ne sait encore par quel mystérieux travail, les formes imparfaites. Quel bonheur le jour où Bébé a su exprimer une pensée ! Il s’affirmait… Il était parti à la conquête du monde ! Nous suivons tout simplement l’exemple des mamans.

Si des professeurs devaient apprendre à parler à des enfants, ils le feraient selon les principes qu’ils supposent logiques, en partant de sons simples et du b a ba traditionnel, par un escalier méthodique inéluctable. Or, dans la pratique, nous constatons, par la méthode naturelle, que les enfants progressent selon des principes différents à base de vie, et qu’ils ne craignent pas de s’attaquer aux vocables les plus difficiles s’ils s’intègrent dans la construction active de leur comportement affectif. Ils ne partent pas nécessairement de l’élément simple, mais abordent au contraire d’emblée le complexe vivant du mot et de la phrase.

L’erreur de la pédagogie traditionnelle c’est de penser que l’enfant ne saura parler que lorsqu’il aura maîtrisé la technique du langage. Or, dans la pratique, le jeune enfant se fait comprendre bien avant d’être en possession de cette technique : il ne connaît que quatre ou cinq syllabes, qu’il module, il est vrai, à l’extrême, ou trois mots polyvalents, mais ils lui suffisent pour établir des contacts subtils avec une ingéniosité et une sûreté qui sont pour les parents une heureuse et réconfortante surprise. Par la méthode naturelle l’enfant lit et écrit de même, bien avant d’être en possession des mécanismes de base, parce qu’il accède à la lecture par d’autres voies complexes qui sont celles de la sensation, de l’intuition et de l’affectivité dans le milieu social.

Célestin Freinet.

OUTRE

« Notre plus grande liberté dans la vie est le choix de notre interprétation de la réalité. À chaque instant nous avons le choix entre le "oui" et le "non", entre une attitude de responsable ou de victime, entre la gratitude et la complainte, l’optimisme et le pessimisme. Toutes ces attitudes expriment un choix que nous pouvons faire librement ».

Ma déclaration de responsabilité face à la vie...

J’accepte complètement et sans aucune arrière pensée que tout ce qui s’est jamais produit dans ma vie, et ce qui arrive en ce moment dans mon existence, et tout ce qui peut se produire dans l’avenir, me fournit des occasions précieuses pour apprendre et grandir.

Personne d’autre n’est à blâmer pour la négativité ou la douleur dont ma nature émotionnelle fait l’expérience, je ne chercherai aucune exception à cette croyance, même quand la cause apparente de mon problème est totalement indépendante de moi.

Je chercherai à toujours assumer entièrement ma responsabilité, tout en refusant la culpabilité. Plutôt que de chercher des excuses pour ce qui marche mal, je m’efforcerai de comprendre ce qui se passe, puis je chercherai des moyens pour corriger la situation.

J’assume la responsabilité entière de mes choix.

J’affirme que nulle personne ou situation ne peut me faire sentir inférieur-e, rejeté-e, inadéquat-e sans mon consentement et j’ai le libre choix de donner ou de refuser ce consentement.

Je refuse la croyance au hasard, qui est un des principaux mécanismes de déresponsabilisation dans notre culture car je suis conscient que je crée ma propre réalité par ma façon d’accueillir et d’interpréter les événements de la vie.

Je chercherai systématiquement, dans toutes les circonstances de la vie, les moyens et les solutions plutôt que les excuses et les refuges, car je préférerai l’ouverture et le risque plutôt que la passivité et la sécurité.

Je choisis de me respecter totalement, en toutes circonstances, quelles que soient les erreurs que je puisse commettre, et d’accorder ce même respect à toute forme de vie humaine, animale ou végétale que je rencontre.

Je dis OUI à la vie !

Pierre Pradervand

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