Revue trimestrielle, éditeur associatif, réseau d'éco-acteurs
pour l'Écovillage Global et la Permaculture
Passerelle Éco

Pratiques et Contacts pour Vivre Ensemble sur une Même Planète

La revue Passerelle Eco : sommaire des numéros, compléments d'info, bulletin d'abonnement à imprimer ...
Des reportages et les annonces du réseau éco et de la dynamique écovillage en France : écolieux de vie, projets d'écovillages, écofermes pédagogiques, personnes ressources ou en recherche, entreprises, centres de formations, etc... Plusieurs rubriques sont consacrées aux écovillages en germe ou en devenir, car ces initiatives font converger l'ensemble des aspects de l'écologie pratique : l'actualité, leurs activités, rencontres, chantiers ou échanges proposés.
Dossiers thématiques : depuis les statuts de la loi de 1901, l'alimentation, la construction saine, l'habitat léger, le carburant tournesol ...
Annonces, photos, comptes rendu des rassemblements, rendez-vous, festivals, colloques, manifestations...
- des fiches pratiques et des recettes - le site Nima'Sadi de partage et d'expérimentation sur autoproduction - les activités associatives de Passerelle Eco.
Vous êtes ici > Accueil > Thématiques > Contr-Information, Ré-information
Des sapins de Noel écologiques ? Dans le Morvan, c'est pas encore ça...

le 17 décembre 2008


Des sapins de Noel écologiques ? Dans le Morvan, c’est pas encore ça...

  Culture des sapins de Noel

Sur les 5,5 millions de sapins commercialisés chaque année en France, 1,2 à 1,3 million sont issus du Morvan.

Sur certaines publicités pour les Sapins de Noël du Morvan, il est indiqué que le producteur a choisi de limiter l’utilisation d’engrais lors de la culture de sapins. Cela signifie, comme pour l’agriculture ’raisonnée’, qu’il n’utilise pas plus de produits chimiques qu’il n’est recommandé par le fabricant de l’engrais... c’est à dire beaucoup trop pour l’environnement !!

JPEG - 24.1 ko

Pourtant, la culture du sapin de Noêl à des conséquences assez néfastes pour l’environnement, par exemple sur les sources. Les sapins sont traités et les eaux de ruissellement entraînent les produits phytosanitaires vers les sources et les ruisseaux. Le sapin de Noêl est donc un problème lorsqu’il est traité, au même titre qu’une plantation de maïs.

Les produits phytosanitaires et les engrais ne sont pas les seuls incriminés : il y a aussi les régulateurs de cvroissance, qui assurent au sapin la forme conique typique attendue et une densité de branchage optimale pour y accrocher guirlandes et boules de Noel.

Et ces produits ont des tendances cancérigènes ! Le Parc du Morvan, pourtant grand promoteur du sapin, nous apprends ainsi que [1]) :

Afin d’obtenir une croissance apicale contrôlée des arbres de Noël, des régulateurs de croissance chimique sont parfois appliqués en plus des engrais et pesticides divers. Il s’agit la plupart du temps de molécules inhibant la synthèse des gibbérellines, ces hormones végétales favorisant l’élongation cellulaire.

Toutefois ces produits ne sont pas sans poser un certain nombre de problèmes : du point de vue toxicologique, le daminozide est suspecté de cancérogenèse.

Enfin sur le plan environnemental, si ces molécules sont relativement peu toxiques pour la faune aquatique, elles sont en revanche souvent très hydrosolubles et ont des coefficients d’adsorption faibles, ce qui augmente le risque de transfert dans les cours d’eau.

JPEG - 19.3 ko

Pas joli joli le sapin de Noël !

  Coupes rases et plantations intensives de douglas

Le sapin de Noël n’est pas le seul en cause dans le bouleversement des paysages du Morvan : le pin ou le sapin sont également utilisés pour les charpentes, pour faire des palettes ou plus souvent, juste pour faire de la pâte à papier.

Le pin douglas est une introduction artificielle et très récente dans le Morvan et il est étonnant que le Parc du Morvan en fasse la promotion au détriment des forêts de feuillus variés. La biodiversité est pourtant incomparablement plus élevée dans une forêt de feuillus que dans une plantation de sapins, ... et la promenade y est bien plus agréable également !

La monoculture du sapin ou du douglas se fait généralement suite à la coupe à blanc de l’ancienne forêt biodiverse de feuillus. Pour empêcher les anciens feuillus de repousser, les souches sont arrachées. C’est une destruction totale du biotope et de l’écosystème.

Enfin, la culture du douglas vise le maximum de profit au plus court terme, un peu comme à la bourse, où on voit ce que ça donne après quelques cycles de profits !

En ce qui concerne la culture intensive, voici les mécanismes qui mènent à la catastrophe :

- Pour un profit plus rapide, les pins sont coupés dés qu’ils sont grands, mais bien avant qu’ils n’aient atteint leur véritable maturité.

Or, pendant leur phase adulte, ils ne croissent plus mais se renforcent simplement : le bois devient de plus en plus solide.

Du fait que les bois sont collectés le plus vite possible, ceux-ci sont très jeunes, ils n’ont pas eu le temps de la maturation qui en renforce la structure. Cela prête peu à conséquence pour faire de la pâte à papier, mais si c’est pour de la charpente, elle sera moins résistante et le bois se conservera mal dans le temps (résistance à l’humidité ou aux vermines)... et les maisons sont moins durables !

- Par ailleurs, c’est pendant leur phase de croissance que les pins puisent le plus de nutriments du sol tandis que c’est pendant leur maturité qu’ils restituent progressivement des éléments à leur environnement.

Or aussitôt les arbres coupés, très jeunes donc après qu’ils aient bien épuisés le sol, et à peine le bois évacué, les forestiers souvent replantent aussitôt sur place une nouvelle génération de pins d’une seule espèces de résineux plantée comme un champ de maîs. Pour cela, ils n’attendent pas ! Ils ne font ni jachère, ni rotation des espèces, dont pourtant n’importe quel jardinier sait qu’elles sont nécessaires pour maintenir la fertilité d’un sol !!

En conséquence, le sol s’épuise. La stérilité menace en 2 ou 3 générations ... :-(

Comme on le voit, tant pour les charpentes que pour le biotope, ce modèle n’est absolument pas durable.

  Alternatives

Il y a des alternatives cependant.

Bois durable

Le changement climatique est dorénavant sur toutes les lèvres. Dans ce cadre, le bois est légitimement perçu comme le matériau d’avenir : renouvelable, il capte le CO2 atmosphérique pour sa croissance, et évite le recours à d’autres matériaux dont la fabrication nécessite beaucoup d’énergie et génère d’importants rejets de gaz carbonique. C’est donc un acte citoyen et responsable ... à condition que le bois soit issu de forêts gérées durablement…

Pour les collectivités, PEFC Belgium a élaboré un ‘Guide des achats publics de bois durable’ [2]. Pour les communes, c’est un premier pas, concret, vers une une démarche de consommation responsable.

Forêts durables et biodiverses

Le Groupement Forestier pour la Sauvegarde des Feuillus du Morvan réalise une gestion écologique de la forêt sur plus d’une centaine d’hectares. Les forêts restent belles, et en plus c’est rentable !

Les objectifs du groupement forestier sont :

- Acheter des parcelles qui se distinguent par une grande diversité arbustive et de milieu, devant être protégées d’une exploitation intensive mais également d’acquérir des parcelles de résineux afin d’y réimplanter des feuillus.

- Démontrer qu’une gestion respectueuse de la forêt est rentable (engagement d’une sylviculture)

- Sauver de la coupe rase des peuplements de feuillus ou mélangés, d’un bon avenir, et qui ont un intérêt patrimonial ou paysager

- Ralentir et pourquoi pas bloquer l’évolution inquiétante de l’enrésinement des forêts du Morvan

- Avoir une position de propriétaire auprès des instances forestières.

Le groupement gère déjà cinq forêts en Morvan pour un total de plus de 100 hectares, mais cela ne concerne encore qu’une très faible partie de la forêt du Morvan, et de nombreux hectares de biodiversité feuillue sont encore menacés.

Pour participer à l’achat de futures forêts à sauver, vous pouvez acheter des parts de ce Groupement Forestier ... et même éventuellement les offrir comme cadeau de Noël écologique et éthique !

Il y a aussi des alternatives au sapin de Noël.

Par exemple, les enfants de l’école Jules Ferry de Bagnolet ont fabriqué eux-même un sapin 100% recyclé ... à base de déchets brillants de toute sorte !

JPEG - 26.3 ko

Par contre, évitez les sapins artificiels

En ce qui concerne les gaz à effet de serre, le sapin de Noel naturel a moins d’impact sur l’environnement que le sapin artificiel. C’est confirmé par une très sérieuse analyse du cycle de vie [3] que Ellipsos, une firme québécoise d’experts-conseils en développement durable, a réalisé.

Les résultats révèlent que le recours à un arbre naturel, venant de la région (moins de 150 km) et acheté à un magasin génère 3,1 kg de gaz à effet de serre tandis que le recours à un arbre artificiel généralement made in china en émet l’équivalent de 8,1 kg par année. Cela tient compte du fait que la durée de vie moyenne d’un arbre artificiel est de 6 ans. Pour faire aussi bien avec un sapin artificiel, il faudrait conserver son arbre artificiel durant au moins 20 ans ! Le sapin naturel a toutefois légèrement plus d’effets négatifs sur la santé humaine et est nettement plus dommageable pour les écosystèmes où on le cultive.

Attention aux priorités quand même : ce choix ( sapin naturel / sapin artificiel / pas de sapin ) est moins lourd dans ses conséquences que le choix de faire usage du vélo ou de la voiture pour se rendre à son travail : le mode de locomotion retenu a des conséquences bien plus importantes pour l’empreinte écologique.

Crédit photos : l’école Jules Ferry de Bagnolet


53 votes
Partagez cet article sur Facebook Partagez cet article sur Google+
Répondre à cet article

Un message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes entièrement vides pour les séparer.

Qui êtes-vous ? (optionnel : cela vous permettra de recevoir les réponses)

3 messages

  • Des sapins de Noel écologiques ? Dans le Morvan, c’est pas encore ça...

    6 décembre 2013Â 14:55 , par Angélique

    Bonjour,

    j’ai bien aimé votre article et vos photos qui sont si parlantes. Votre article nous met devant la triste réalité de la vie d’un sapin naturel.

    Mon sapin artificiel a déja 10 ans et il me servira encore quelques années.
    6 ans de vie pour un artificiel ? sur certains sites, j’ai même vu 3 ans sauf que l’on oublie que les sapins se multiplient car beaucoup de familles sont éclatées...Un sapin artificiel aura donc une pollution en début de vie et fin de vie.

    Comme le marché du sapin représente 160 millions de chiffre d’affaires , je dirais qu’il doit exister un lobby du sapin naturel.

    Le sapin naturel est d’une beauté incomparable avec l’artificiel. Avec son odeur, ses véritables épines...

    Mais pour moi, il reste un être vivant, qui grandit entre 8-10 voir 13 ans sur certains sites.
    On le sacrifie pour 15 jours/1 mois de plaisir pour l’homme. Juste pour décorer.

    On arrache ce sapin de son milieu et toute la vie qui va avec. N’y a t -il pas des petits animaux / insectes qui ont fait leurs vies dans ces forêts, heu, cultures de sapin ? et gloup’s pour la monoculture.

    On oublie de mentionner dans les chiffres certains faits, par rapport à la pollution générée par le sapin naturel :

    - on coupe à la tronçonneuse (fabriquée à partir de polluants et probablement trucs non recyclablres) 5,5 millions de sapins par année.
    - on les charge dans les remorques (utilisation d’essence)
    - on utilise des filets (quelle matière ?!!)
    - on les amène aux magasins (utilisation d’essence)
    - on les amène chez soi (utilisation d’essence ; multiplié par 5,5millions de personnes)
    - on les amène à la déchetterie (utilisation d’essence xxx personnes)
    - on utilise des broyeuses (fabriquée à partir de polluants et probablement trucs non recyclables)
    https://www.google.fr/search?q=cult...
    c’était la triste de vie d’un sapin naturel.

    Certains d’entre eux seront sauvés, car achetés avec des racines et peut être replantés si on a pris soin d’eux (sapin à la lumière, pas à côté de la chaleur car il s’épanouit naturellement dans le froid, un peu d’eau, une bonne terre).

    Et l’on recommence tout cela dans un an (sacrifice/pollution). Vraiment pas terrible pour la planète...

  • Film : LE MORVAN PARLE DE SA FORET

    2 juin 2013Â 01:09 , par JLuc (Passerelle Eco)

    Le Mardi 18 juin 2013 à 20h30

    LE MORVAN PARLE DE SA FORET

    Un documentaire de Jean-Michel Dury et Philippe Hoeltzel
    Durée : 1h10

    Débats en présence du co-réalisateur Philippe Hoeltzel et de
    différents acteurs de la filière bois.
    Tarif unique : 1 ¤

    Au cours du dernier millénaire, l’histoire de la forêt du Morvan s’est
    jouée en 4 actes : le flottage du bois (16° - 19° siècles), l’essor de
    l’agriculture (19° - 20° siècles), la plantation de résineux (dès
    1960), l’exploitation industrielle (2010 - 2050). Aujourd’hui, moins
    de 200 ans après l’industrie du flottage du bois pour chauffer Paris,
    une nouvelle industrialisation est en train d’apparaitre. Elle est
    basée sur l’exploitation et la transformation des forêts de résineux,
    issues des boisements d’anciennes terres agricoles. Les enjeux sont
    conséquents pour l’économie et les entreprises locales, mais aussi
    pour la vie quotidienne des habitants et usagers.

    Merci de faire circuler l’information autour de vous et dans vos réseaux.
    A bientôt dans votre salle obscure.
    Votre équipe du cinéma l’Etoile Saulieu
    — 
    Etoile Cinéma Saulieu
    20 rue de la Halle au Blé
    21210 Saulieu
    Tél : 03 80 64 32 12
    [web]etoilesaulieu.free.fr
    etoilesaulieu@gmail.com

  • Mise à jour de l’article

    18 décembre 2008Â 12:07 , par JLuc (Passerelle Eco)

    Complément apportés à l’article :
    - il ne faut pas confondre la culture de sapins de Noël, comparable à la culture de maïs en champs, et les coupes rases de forêts de feuillus diversifiés réalisées avant une monoculture de douglas
    - comparés aux sapins de Noël en plastique, les sapins de Noël naturels polluent plus l’environnement mais dégagent moins de gaz à effet de serre
    - mention du label PEFC, certification de gestion forestière.


Lixium: Hébergement web neutre en CO2 | SPIP 2.1

PASSEZ UNE ANNONCE !

Dernière annonces:

  • zinguerie sur bâtisse médiévale / éco-restaurationProjet : Bonjour à tous , Nous c'est Noa et Pierro, nous sommes en train de remettre en état une bâtisse médiévale juste à la tête de la cathédrale de Limoges en Haute Vienne ( dept 87). Depuis (...)
  • à la recherche de copains et copines en PérigordProjet : Nous venons d'arriver dans le périgord vert à Sorges. Mon petit garçon a 2 ans et demi et il n'est pas scolarisé. J'aimerai organiser des moments pour qu'il puisse jouer avec d'autres (...)
  • cherche terre pour osiéricultureProjet : cherche terre pour faire pousser de l'osier, ainsi qu'un jardin permacole, et pour y vivre en yourte dans la joie et la bonne humeur.
    Offre : Achat du terrain ou location ou prêt contre (...)
  • Echo Hameau de la ServantieProjet : L'Echo-Hameau de la Servantie se développe sur 10 ha de terrain comprenant des parcelles constructibles, des parcelles collectives (maison commune, atelier, rucher), des bois, un jardin (...)
  • cherchons maracher(ère)à 600m, ferme biologique de 13 ha
    Cherche : pour 2015 un-e jeune, ou couple, maraîcher-e pour reprendre la production de légumes sur 80 ares, inscrite dans un ensemble agricole céréales, (...)
twitter

SUR LE WEB