Passerelle eco
Passerelle eco

Pratiques et Contacts pour Vivre Ensemble sur une Même Planète

La revue Passerelle Eco : sommaire des numéros, compléments d'info, bulletin d'abonnement à imprimer ...

Actualité du réseau éco

Réseaux

Quelques écolieux

Des reportages et les annonces du réseau éco et de la dynamique écovillage en France : écolieux de vie, projets d'écovillages, écofermes pédagogiques, personnes ressources ou en recherche, entreprises, centres de formations, etc... Plusieurs rubriques sont consacrées aux écovillages en germe ou en devenir, car ces initiatives font converger l'ensemble des aspects de l'écologie pratique : l'actualité, leurs activités, rencontres, chantiers ou échanges proposés.
Dossiers thématiques : depuis les statuts de la loi de 1901, l'alimentation, la construction saine, l'habitat léger, le carburant tournesol ...
Annonces, photos, comptes rendu des rassemblements, rendez-vous, festivals, colloques, manifestations...
- des fiches pratiques et des recettes - le site Nima'Sadi de partage et d'expérimentation sur autoproduction - les activités associatives de Passerelle Eco.
Vous êtes ici > Accueil > Thématiques > Monnaie locales et lien social
Monnaie Distributive

le 11 février 2003

Monnaie Distributive

Un gros travail de confrontation des expériences et de réflexion est mené par l’atelier Monnaies Sociales. Depuis quelques temps, des personnes de différents pays et organismes, ainsi que des habitants de Lebensgarden (écovillage allemand) ou Findhorn (écosse) coopérent à l’émergence d’une monnaie sociale internationale. Dans le texte qui suit, Roger Winterhalter présente le distributisme.

Monnaie Distributive

Qu’est-ce que c’est ?

Voilà ce que nous apprend Jacques DUBOIN :
<< C’est une monnaie qui n’est pas une monnaie-promesse, gagée sur rien de concret et dont la valeur est elle-même objet de spéculation. (Comment ferait-on pour mesurer des longueurs si la valeur du mètre était fluctuante ?)

Elle doit être gagée désormais sur la réalité, c’est-à-dire sur la production disponible.

Il s’agit donc d’une monnaie de consommation, non circulante, servant à payer les achats de biens et de services, et qui disparaît lors de l’achat.

Son émission doit donc suivre la production, ce qui signifie que le montant total de la quantité de monnaie émise pour une période donnée doit être calculée de façon à distribuer au total le pouvoir d’achat correspondant à la production disponible >>.

Il convient de retenir :
- qu’elle est distributive, ne donne pas lieu à versement d’intérêts, n’a pas à être remboursée
- que le montant total de la quantité de monnaie émise doit correspondre à la production ou aux services disponibles.

La condition idéale pour mettre en place cette monnaie distributive suppose un changement global de la société, mais en attendant, il s’agit non pas d’essayer de mieux gérer l’exclusion et la précarité, mais de tenter des expérimentations laissant préfigurer la solution idéale globale.

Cela est-il possible ?

Oui.

Imaginons un groupe de personnes qui émettent leur monnaie (une monnaie parallèle comme l’est celle des SEL) qui serait une monnaie de consommation, c’est à dire qu’ils se répartiraient entre eux afin de consommer eux-mêmes d’abord, leurs propres productions.

Ne peut-on envisager qu’ils mettent en commun des productions, des services dont ils auraient eux-mêmes besoin ? Pourquoi ne seraient-ils pas les premiers à les acheter ? Pourquoi devraient-ils passer par la monnaie officielle pour se partager entre eux ce qu’ils feront ensemble ? Il est évident qu’ils ne peuvent pas être autonomes, ils ne produiront, par exemple, jamais l’énergie qu’ils consommeront. Et pour acheter à l’extérieur (l’énergie, les services publics, etc.) ils seront amenés à vendre à l’extérieur, par exemple, des spectacles ou des objets en bois. Mais cela ne les empêche pas d’avoir entre eux une économie solidaire, c’est-à-dire distributive. Même si la vente à l’extérieur de leurs produits pourrait leur apporter un profit qu’ils mettraient dans le pot commun pour payer les dépenses communes faites à l’extérieur. C’est alors que leur comportement économique serait vraiment solidaire. Voilà ce que nous dit Marie-Louise DUBOIN.

Cette expérimentation devra faire ressortir :
- l’aspect distributif
- la mise en commun
- le principe de l’abondance et non de la rareté
- la solidarité, le partage et le lien social qui en découle
- en d’autres termes une expérience qui ose préfigurer une autre société.

Mais pour être encore plus précis, entrons dans le vif du sujet. Tout en précisant que tout peut être discuté, il faudrait à mon sens d’abord définir les besoins par ordre de priorité. A mon avis, les priorités pourraient être graduées de la manière suivante :

1. les besoins élémentaires, c’est à dire : la nourriture de base 2. les besoins d’hygiène 3. le toit, c’est à dire le logement 4. les habits 5. les loisirs enfin.

Dans un cours d’économie politique quelqu’un m’a dit un jour que les besoins se définissent de la manière suivante : SOUPE, SAVON, SALUT (les 3 S).

En fait, chacune et chacun apportera sa part, quelque chose, si ce n’est pas un produit, un objet, ce sera peut-être un service, c’est à dire sa disponibilité. Les produits, les objets, les services pourraient être évalués soit proportionnellement à la hiérarchie des besoins, soit à la valeur capitalistique de l’actualité. Personnellement, je propose qu’on ne perde pas trop de temps en d’inutiles discussions et que l’on prenne en compte la valeur actuelle en la nuançant en fonction des besoins, car en fait l’égalité va dépendre du mode de répartition.

Mais revenons à notre expérimentation. Les uns apporteront ou feront du pain, d’autres de la viande, des légumes, des confitures, d’autres encore des habits usagés ou neufs, d’autres mettront dans le pot commun une chambre, un logement, d’autres proposeront des services (garde d’enfants, cours, écrivain public, etc.) En fonction de ces apports, il s’agira de distribuer de manière équitable sur la base d’un contrat civique, en ayant à l’esprit qu’il faudra apprendre à donner le plus à celles et ceux qui ont le moins. Rien ne devrait nous empêcher de distribuer une monnaie, appelons-la UV, qui par exemple correspondrait d’une part à un revenu social de base identique pour tout le monde et un revenu complémentaire en fonction soit de l’apport, soit des besoins de chacune et de chacun.

Personnellement, j’opterai pour les besoins mais je sais que ce sera difficile de l’imposer au départ. Alors, allons-y en douceur, en ayant en tête que pour la plupart il s’agit du superflu que nous mettons en commun.

Une conclusion provisoire : la possibilité existe, il suffit de l’expérimenter. Plus on sera nombreux, plus on sera motivés, plus ça marchera.

Roger Winterhalter 12 juin 2002


1 vote
Répondre à cet article

Un message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes entièrement vides pour les séparer.

Qui êtes-vous ? (optionnel : cela vous permettra de recevoir les réponses)

4 messages

  • Monnaie Distributive

    Le 22 avril 2009, par X

    Un groupe dédié à l’économie distributive est né sur facebook :
    http://www.facebook.com/profile.php...

  • > Monnaie Distributive

    Le 12 décembre 2005, par lundineige@cara

    ni a t’il pas un coté,
    ceux qui se détacheront d’un systéme pourrons et
    les autres devront ?
    un coté seul ce qui se font la petite aventure gouterons
    et les autres attendrons ?
    abstrait ?

  • > Monnaie Distributive

    Le 13 novembre 2005, par jean GRENIER, autodidacte pour l’étentiel. je suis rentré à l’école primaire à (...)

    Il n’est pas nécessaire de poser autant de questions.

    Aujourd’hui nous pouvons savoir facilement et approximativement la valeur de la masse des produits (matières et services) disponibles. Il suffit de diviser cette valeur par le nombre de consommateur et distribuer à chacun des bons d’achats (non monétisé).

    les échanges de matière premières pourrait se faire avec une autre monnaie spéciale à cet effet. ce serait les matières qui seraient estimées selons des critères attribués à chaque produit selon leur utilité, leur coût social (rareté, polution, utilité, etc.

    Ce commité serait désigné par et parmi la population sans candidature.

    Tous les citoyens percevraient sans conditions un dividende de la production globale sans contrainte de participer à la production.

    Bien sûr, je vous entend, nombreux, à dire que les fainéants seront privilégiés. C’est possible mes invraisemblable car chacun réalisera l’activité de son choix.

    Si vous le désirez, vous pourrez me questionner ou taper [DUBOIN].

    Jean GRENIER,Bel her, 47500 FUMEL,
    partage.distribution@libertysurf.fr

  • > Monnaie Distributive

    Le 28 avril 2004, par X

    Jean GRENIER, militant distributiste depuis bientôt 50 ans. La valeur des produits ne peuvent pas se concevoir avec les évaluations du système marchand. Tout serait faux. Par principe, il n’y a pas de rémunération des producteurs d’une part. le prix des produits doit être établi en fonction inverse de son utilité et de son impact sur le capital "nature". Plus il préservera ce capital, plus il sera utile plus il sera bon marché sans, absolument tenir compte de l’activité motrice fut-ce-t-elle humaine.
    En économie distributive nous ne pensons jamais à l’écologie car elle est innée dans nos comportement. Nous en sommes une petite partie constituante (cette phrase devrait être philosophée dans tous les sens. Bonnes réflexions.


Lixium: Hébergement web neutre en CO2 | SPIP 2.1
ecovillage global et permaculture

NOUVEAU SITE

Découvrez ecovillageglobal.fr le site de l'écovillage global des lecteurs et annonceurs de la revue Passerelle Éco

PASSEZ UNE ANNONCE

Ferme Paysanne sur le Plateau Ardéchois, Nous Produisons des . . . (Elargissement dans le 07)

Projet : Ferme paysanne sur le plateau Ardéchois, nous produisons des fromages de brebis, des agneaux, des légumes et des plantes aromatiques pour nous alimenter nous, les alentours et l' auberge/ (...)

Troc Maison Ecohameau contre Appart Paris Qq Jours par Mois (Troc et éco-monnaies dans le 24)

Projet : Bonjour! Je souhaite échanger ma maison dans un écohameau contre un appartement sur Paris entre 5 et 8 jours par mois. Ma maison est toute en paille et bois, fait plus de 100 m2, avec 3 (...)

CCP en Dordogne Avril 2018 avec Karine Mery (Permaculture dans le 24)

Projet : Cours de Conception en Permaculture, du vendredi 13 avril au Dimanche 22 avril 2018 10 jours de Permaculture en Dordogne au Buisson de Cadouin avec Karine Mery, diplômée de l'UPP, Anne (...)

Cherche Terrain (Graines d’Avenir)

Demande : Bonjour. Je cherche un terrain à acheter ou à louer pour y poser un habitat alternatif mobile et autonome à partir de l'été prochain aux alentours soit d Avignon, soit d Aix en provence. (...)

A Louer ou Coloquer Fermette 63 (Ecolieux existants dans le 63)

Offre : A louer ou coloquer partie fermette soit maison 150 m2 tout confort (2 ch, mezza, séjour, cuisine, etc) . Mitoyen maison propriétaire (moi, homme 62 ans, retraité chef d'entreprise (...)

Cherche (un P'Tit Bout de) Terre (Agricultiver dans le 29)

Projet : Installation en culture de PPAM
Demande : Bonjour, Nouvelle arrivante à Douarnenez je cherche à louer/troquer/... Un bout de terrain, sur une culture déjà lancée ou sur un bout de terrain chez (...)

Cherche Maison ou Ferme avec Prairie (Recherche location)

Projet : Bonjour, Je suis une femme de 51 ans artisan maitre-verrier, Meilleur Ouvrier de France (création et restauration de vitraux d'art) et thérapeute aussi en parallèle (avec différents outils : (...)

Recherche Partenaire Associe (Troc et éco-monnaies dans le 77)

Projet : creation d'un atelier eco- participatif en ile de France ou bien departement limitrophe mise a disposition outillagage emplacement atelier de bricolage et mecanique d'entretien (...)

Habitat et Jardin Refuges à Auxiliaires (À l’abordage dans le 88)

Projet : Créer jardin écologique, potager-fruitier avec biotopes à auxiliaires (abeilles, syrphes, carabes, orvet, crapauds, musaraignes, mésanges, chouettes...), mis en refuge LPO ; vivre dans un (...)