Préliminaire : SELs et Jeu sont des systèmes clos
Pour atteindre leurs objectifs de circulation paramonnétaire, les SELs et le JEU créent un espace protégé en échangeant "entre amis seulement".
Ce sont des systèmes fermés pour lesquels il y a un protocole d’admission :
pour participer à un SEL, il faut adhérer à l’association du SEL locale, venir à une réunion, payer une cotisation le plus souvent, où on lui donne une feuille d’échange sur laquelle inscrire les comptes...
C’est une certaine garantie pour la qualité des échanges dans la mesure où ainsi, "on se connaît", car cela introduit une forme de contrôle social autogéré.
Mais c’est aussi un obstacle certain pour le pizaïolo du coin de la rue, que tout le monde connaît mais qui n’a que faire d’adhérer à une nouvelle association.
pour participer au JEU, Jardin d’Echange Universel, il n’y a pas d’adhésion, mais il faut fabriquer soi-même un carnet d’échange, ou l’acheter.
L’utilisateur est aussi invité à acheter un catalogue nationnal d’annonces auprès du fondateur originateur du JEU. C’est un obstacle aussi pour l’élargissement des échanges.
L’initiative d’un système plus ouvert
En 1999, Passerelle Eco naît de la volonté de favoriser l’interinformation entre acteurs de l’écologie concrète et le développement d’échanges économiques sains, solidaires, écologiques. Pour cela, le principe des passeval’heure est exposé dans le 1er numéro de Passerelle Eco, qui publie également les annonces des écoacteurs, à la manière d’un SEL.
Depuis, le concept a progressé et a abouti au Bon d’Echanges Universels.
traçabilité : elle se limite à la création c’est à dire au premier usage du bon d’change.
quantification de l’échange : le caractère pratique et habituel de la quantification est reconnu, afin de faciliter la découverte de ce nouveau moyen d’échange. Avec le Bon d’Echange Universel : la valeur indiquée peut être soit une description uniquement qualitative, soit une quantité en grains, minutes, heures ou autre unité largement admise.
Le Bon d ’Echange Universel
Le Bon d’Echange Universel s’imprime, se recopie, s’écrit sur un papier libre ou joliment décoré. C’est la signature et les coordonnées de l’émetteur, qui permettent de le joindre, qui assurent l’authenticité du bon.
Ces bons sont tous identiques avant d’être utilisés, ce qui facilite la duplication des originaux et l’appropriation par les utilisateurs.
exemple de design (1999)
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Ayant reçu de ( nom prénom, tel, email )
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à la date du : . . . . / . . . . / . . . . . .le bien ou service
suivant : |
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Je (Nom, prenom, Adresse, tel, email ) : |
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offre au porteur de ce bon les biens ou services suivants : |
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pour une durée équivalente de (en chiffres) . . . . . heures
et . . . . . . minutes (idem en lettres :-) : |
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signature |
On peut remarquer qu’un système basé sur un principe assez similaire a été développé en grandeur réelle par le Gesell Research Society Japan : il s’agit du "WAT système" au Japon
On peut remarquer aussi que l’unité de valeur d’un WAT est le cout de la production d’un kWH d’électricité issue de sources renouvelables et produite par une coopérative. Cela vaut environ 6 minutes de travail simple, et environ 75-100 ¥ens.
Usage et caractéristiques
le bon est émis et rempli par le bénéficiaire d’un échange
il est donné à la personne qui a fourni le bien ou service, qui le reçoit donc en échange du bien ou service rendu
la personne qui reçoit ce bon l’utilise ensuite comme bon lui semble : contre un service auprés de l’émetteur ou contre un service auprès de quelqu’un d’autre
en échange de ce bon.
il n’y a pas de comptabilité hors les bons.
l’unité de temps la minute ou l’heure est proposée pour la quantification, mais elle n’est pas obligatoire et le participants peuvent préfèrer spécifier une description précise de l’échange (la "Qualité")
traçabilité : elle est assurée uniquement pour la création du bon. Le bon porte la mention de l’émetteur du billet et de son premier récepteur. Ils ne sont que les 2 premiers maillons d’une chaine plus ou moins longue qui se termine à nouveau à l’émetteur.
un système ouvert
Les Bons d’Echanges Universels génèrent un système économique ouvert dans la mesure où
ils sont facilement reproductibles
pour s’en servir, il suffit d’avoir un bon d’échange à disponition
une personne qui en a un dans la poche peut le proposer à toute autre personne avec laquelle elle a envie d’échanger. Il n’y a pas d’autre formalité pour le nouveau utilisateur, que celle-ci soit préallablement informée ou non.
exemple d’usage
Barnabé B. pratique depuis longtemps les échanges avec les Bons d’Echange Universel. Là, il a des boutures de camélias toutes prêtes dans son jardin
Il croise Pauline P., qui fabrique de délicieuses pizza, et qui aimerait bien une bouture pour son jardin. Pauline n’a jamais échangé avec les bons.
Barnabé offre alors à Pauline la bouture convoitée, sort un bon de sa poche un bon d’Echange Universel et le donne à Paul qui le remplit ainsi :
"Ayant reçu de Pauline P. une bouture de camélia à la date du (il inscrit la date), Je, Pauline P.(elle inscrit son tel et son email et le nom de la ville) offre au porteur de ce bon les biens ou services suivants : 1 délicieuse pizza, quiche ou tourte maison.". Puis après avoir réfléchi et discutté avec Barnabé, elle raye la mention "Pour une durée équivalente de (en chiffres) . . . . . heures et . . . . . . minutes" et inscrit à la place "pour 4 personnes". Puis, elle signe et redonne le bon à Barnabé.
Barnabé est alors créditeur d’une pizza auprès de Pauline. Mais il pourra échanger ce bon avec d’autres personnes qui pourront alors demander pour eux-même la pizza à Pauline.
Barnabé retourne à son jardin, et Pauline part repiquer sa bouture...
Note : L’échange initial peut se faire quelquesoit la personne qui a le bon, et qu’elle soit offreuse ou demandeuse au cours de ce premier échange, puisque le bon initial est vierge au début.
Transformations possibles
on peut, en les concevant d’un format plus large, utiliser ces supports pour diffuser aussi les annonces des participants. On évolue alors vers le porteval’heur
on peut compléter par un catalogue des projets et annonces, local ou nationnal ainsi que le fait la revue Passerelle Eco dans le domaine de l’écologie pratique)
Conclusion
Les Bons d’Echanges Universels ont été proposés en complément au JEU et aux Euros pour accompagner la création du Système d’Echange Réseau Eco d’Entraide et d’Interinformation dans le premier bulletin Passerelle Eco en 1999. Leur développement nécessiterait des efforts que notre structure n’a pas pu consentir, faute de temps ou de moyens. ça serait très intéressant et pourrait apporter une autonomie appréciable en terme de moyens d’échanges écologiques, mais nous avons préféré nous concentrer sur la diffusion de l’inter-information du réseau éco et des annonces des écoacteurs (dans la revue Passerelle Eco).
Leur mise en place réelle peut se faire de manière plus réaliste
à l’échelle locale et avec beaucoup de convivialité à partir d’initiatives individuelles ou de petits groupes (comme les SELs)
au national et de manière plus significative au niveau macro-économique, par le regroupement d’acteurs de l’économie solidaire engagés dans les alternatives.
au niveau national par l’usage d’internet et de "bons d’échanges en ligne" comme le Geek Credit of Japan



